L’impact de Mai 68 en médecine: Michel Roland, un pionnier des maisons médicales

Michel Roland, aujourd’hui président de Médecins du Monde a été le pionnier par excellence des maisons médicales dans la foulée de Mai 68. A l’époque des événements en question il était en 2ème candidature, lorsque la faculté se trouvait encore à la Porte de Hal, donc assez loin de là où se trouvait l’épicentre desdits événements. «Ce qu’il en reste aujourd’hui ce sont à la fois des choses concrètes, des initiatives développées à ce moment dans une optique de société moins compétitive, moins commerciale, moins centrée sur la consommation.»


On a aussi noté des avancées dans une série de domaines liés à la bioéthique, comme l’avortement, la prise en charge des toxicomanes ou le combat pour la dépénalisation de l’euthanasie. On a également tenté de procéder à une révision en profondeur de la pédagogie à l’université, mais cela n’a pas abouti. Et on a assisté au développement de l’antipsychiatrie, avec notamment le concept du «fou dans la cité». Les maisons médicales, elles, proposent à cette époque un autre modèle de la pratique médicale, non hiérarchisé, pluridisciplinaire. Mais on a aussi vu se développer des mouvements parallèles au sein des autres secteurs, comme en psychiatrie. Les premiers plannings familiaux ont vu le jour, ainsi que la prise en charge médicale des toxicomanes.

«Pour moi l’héritage de Mai 1968 dans notre domaine est vraiment important, aussi bien dans l’hôpital que dans le secteur ambulatoire. Force est cependant de constater que tout cela concerne surtout Bruxelles.» La Fédération (francophone) des maisons médicales a vu le jour peu de temps après la fin, et aux yeux de Michel Roland l’échec, de la deuxième grève des médecins en 1980-81. C’est aussi la naissance du très contestataire Germ (Groupe d’étude pour une réforme de la médecine). «Dans ce groupe, c’est surtout Pierre Mercenier qui m’a influencé et joué un rôle majeur pour mon orientation vers la santé publique.» Les médecins des maisons médicales, appuyés par le Germ et l’Institut de médecine tropicale ont introduit un projet de financement alternatif, forfaitaire pour la pratique médicale. Pour Michel Roland, qui a commencé à travailler au forfait en 1987-88, «les deux modèles peuvent et doivent coexister.» Il constate d’ailleurs que les tensions entre les tenants des deux modèles se sont nettement atténuées avec le temps.

  > Voir la vidéo Mai 68 des archives de Sonuma

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