Alda Greoli: «La première ligne joue un rôle central»

Postes de garde, contingentement, pénurie, vaccination, e-santé... Au cours de cette législature, les visions de la politique de la santé de Maggie De Block et d’Alda Greoli n’auront pu être réconciliées. Même si la seconde gouverne en Wallonie avec le MR, elle ne cache pas son incompréhension de la politique menée par cette ancienne médecin VLD et de son manque de courage politique.

Postes de gardes: 
il faut une réorganisation
La réformes des postes de garde est au coeur de la vie de la médecine générale. Pour Alda Greoli, les solutions ne peuvent toutefois venir que du Fédéral: «Je suis tout à fait consciente des difficultés du secteur et des enjeux des gardes la nuit et les week-ends. La première ligne joue un rôle central surtout si on veut éviter que tous les patients se retrouvent à l’hôpital. Toutefois, avec la pénurie de médecins notamment, il faut une réorganisation. Je me refuse à intervenir dans ce dossier pour amener à un transfert implicite des compétences». Pour elle, le financement de cette réforme reste bel et bien fédéral: «C’est la responsabilité de la ministre De Block. Il s’agit de l’accès premier aux soins de santé pour les personnes dans les moments les plus fragiles des soins de santé sur l’ensemble du territoire. Elle doit en assumer la bonne couverture. Ce n’est pas le rôle de la Région.»

Hôpitaux: des médecins surpayés
Pour Alda Greoli, Maggie De Block «est responsable de la non gestion de la répartition des honoraires des médecins dans les hôpitaux. Il y a clairement aujourd’hui des fonctions médicales qui sont surpayées par rapport à d’autres et qui plombent les hôpitaux». Pour elle, aujourd’hui, «les honoraires participent à 30% du financement des hôpitaux et certains médecins sont en mesure d’imposer des choix aux hôpitaux de part leur poids dans l’institution». Elle en veut à Maggie De Block de ne pas soutenir tous les médecins: «Pendant ce temps-là, des médecins comme les gériatres, les pédiatres, les fonctions de médecins internes qui ont justement une vue à 360° du patient et des soins, n’ont pas un salaire à la juste mesure de leur travail. Dans ce dossier, De Block ne pense pas à l’objectif commun, surtout que c’est un dossier où, si elle intervenait, elle aurait plus de médecins avec elle que contre elle».

Pénurie: 
144 communes en manque de médecins
«La ministre fédérale de la Santé doit vraiment mieux prendre en compte les besoins de l’ensemble de la population.» Pour Alda Greoli, les chiffres sont incontestables. D’après le dernier cadastre en date, on sait qu’environ une trentaine de généralistes de moins de 30 ans s’installent chaque année en Wallonie et que 144 communes wallonnes sont en pénurie de médecins généralistes, selon les derniers chiffres de l’AViQ: soit une augmentation constante (119 lors du dernier cadastre 2016).

Vaccination:
 mieux former les généralistes
Récemment, au niveau wallon, des moyens ont été dégagés pour la vaccination et les médecins qui s’en occupent: «On remarque que de plus en plus de personnes doutent de son importance. Elle est pourtant indispensable. J’ai dégagé 1 million pour le HPV et 800.000 euros en plus sur 2 ans pour les PSE parce qu’il y a un manque de médecins. On a remarqué que là où il y a des médecins pour bien expliquer l’importance du vaccin aux parents, le taux de vaccination est plus élevé». Elle veut mieux former les généralistes et gynécologues en matière de prévention du HPV/VHB.

e-santé: 
où est l’éthique?
En matière d’e-santé, elle souhaite améliorer le transfert électronique de données, sur base des platesformes existantes (Réseau Santé Wallon, eHealth…). Ce 28 novembre s’est tenu le premier Comité de Gouvernance e-Santé Digital Wallonia. «C’est là l’acte fondateur d’une gouvernance dédiée à l’e-santé telle que souhaitée par le Cabinet.» Par contre, elle s’inquiète au niveau éthique: «Cela m’affole que l’on ne se pose pas les questions éthiques depuis le début du développement de ces technologies d’e-santé. Cette réflexion devrait avoir lieu au niveau européen, voire fédéral. Qui sera responsable en cas de panne d’électricité notamment?» Enfin, la première réunion du Comité consultatif du projet big data «INAH» (Institute of Analytics for Health) aura lieu le 11 décembre prochain.

Le débat se poursuit sur @MediSphereHebdo

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