Dix-huit mois de prison requis pour le "docteur ozone"

Le ministère public a requis mardi, devant le tribunal correctionnel de Louvain, 18 mois de prison à l'encontre du "docteur ozone" de Rotselaar, Chris M.. Le prévenu comparaissait pour plusieurs infractions à des articles du décret antidopage. Une vingtaine de sportifs, issus de six disciplines, faisaient partie de ses patients, traités durant quatre ans par l'administration d'ozone.

La défense de Chris M. a laissé tomber sa requête pour que l'audience de ce procès tant attendu se déroule à huis clos. Le médecin âgé de 53 ans était présent mais a laissé la parole à ses deux avocats.

Le ministère public reproche au prévenu trois pratiques de dopage: l'administration d'ozone, des injections de préparation ferreuse, le Revitorgan, et des infusions d'acides aminés, le Vaminolact, ainsi que les encouragements et l'aide apportée par le docteur aux sportifs afin de contrevenir aux réglementations antidopage.

Le procureur a détaillé, lors de l'audience, les contacts de Chris M. avec une vingtaine de sportifs, qui faisaient partie de sa clientèle. "Le 27 mars 2012, il a conseillé à Greg Van Avermaet d'utiliser de la cortisone juste avant le Tour des Flandres du 1er avril. Le cycliste lui a alors demandé des consignes plus précises. Au plus l'administration sera proche de la course, au mieux ce sera, a répondu le médecin."

Selon le parquet, Chris M. a tenté de contourner la loi de manière créative en maniant les quantités de certains produits et les délais dans lesquels ils étaient administrés. Le prévenu aurait notamment utilisé des produits développés pour les bébés prématurés qui avalent difficilement de la nourriture. "Coût: 10 euros par dose. Après remboursement de la mutuelle, seulement 1,8 euros. Nous payons donc pour du dopage."

Pour le ministère public, l'administration d'ozone aux sportifs n'est en effet rien de moins que du dopage. "Une quantité réduite et manipulée de sang était réadministrée (aux sportifs, ndlr) et se trouvait ainsi injectée dans la circulation sanguine", a souligné le procureur. "Chris M. a d'ailleurs exposé ainsi ses patients à plusieurs dangers."

Pour le procureur, les faits sont établis, notamment par le biais d'une perquisition. "Dans le cabinet (du prévenu, ndlr) à Rotselaar, un appareil pour administrer de l'ozone a été découvert et tous les fichiers de son ordinateur ont été examinés. Chris M. ne peut plus se cacher derrière le secret professionnel."

Le procureur a requis une peine de 18 mois d'emprisonnement. Si le tribunal devait accorder un sursis pour une partie de la peine, le ministère public demande que cela soit effectué sous des conditions de probation.

Selon la défense, il n'est absolument pas question de dopage. Chris M. a traité sa clientèle en tant que patients et non comme des sportifs. "L'administration d'ozone n'est pas interdite en soi. Le parquet a depuis des années l'impression que notre client serait un réel docteur dopant. En réalité, c'est un médecin généraliste qui accompagne des sportifs", ont souligné les avocats de la défense. Ces derniers ont par ailleurs pointé les médias du doigt pour leur "surenchère".

Les avocats du prévenu ont demandé son acquittement. S'il était toutefois condamné à une peine, ils demandent alors la suspension du prononcé. Cela signifierait que le juge estime que les faits imputés sont établis mais qu'il suspend le prononcé de la condamnation pendant une période déterminée.

Le jugement est attendu pour le 14 novembre.

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