Quand des communes financent le sport sur ordonnance

Ottignies, depuis début octobre, table sur la prescription médicale de sport pour améliorer la santé de ses malades chroniques. Pour les MG du coin, c’est du clef-en-main : ils prescrivent formellement de l’activité physique à leur patient, qu’ils envoient sur sport-sur-ordonnance.be et le coordinateur de cette initiative communale fait le reste. Essentiellement : motiver et aiguiller les intéressés vers des séances d’exercices adaptés sous la houlette d’un coach qualifié. Le tout avec feedback au MG envoyeur après 3 mois et pour un prix modique – souvent absorbé par les mutualités.

Le dispositif que finance la ville d’Ottignies-LLN évacue ainsi deux écueils bien identifiés de ceux qui veulent (re)mettre les patients en mouvement : le frein pécuniaire, pour ces derniers, de l’affiliation à une salle de fitness, et le manque d’adhésion des médecins de famille. Manque d’adhésion nourri de diverses appréhensions - dont celle de devoir materner chaque patient concerné pour le pousser vers une structure de proximité. Ou la crainte qu’il y devienne vite un abonné anonyme faisant à peu près n’importe quoi seul dans son coin… et qui se décourage.

Avec sport-sur-ordonnance, la commune brabançonne et son centre sportif local intégré proposent aux patients adressés par leur MG des réunions mensuelles de discussion et de soutien avec un coach motivationnel, des tests de condition physique à l’entrée et à la sortie du programme et des séances collectives d’exercices d’endurance, de renforcement, d’assouplissement et d’équilibre, à raison d’1h30 par semaine durant 3 mois, assurées par un moniteur détenteur d’un master en éducation physique et d’un certificat complémentaire en exercise therapy. Le tout contre une participation de 40 €. « Un montant très raisonnable et de plus remboursé quasi totalement par la plupart des mutuelles, via leur intervention dans les frais d’abonnement sportif », précise Benoît Massart, coordinateur du projet.

Sont visés par l’expérience les patients diabétiques, hypertendus, obèses, cancéreux, souffrant d’ostéoporose, d’arthrose, de lombalgies, d’affections cardio-vasculaires, etc. Tout est dans le « etc. ». « En fait, cette liste est indicative », commente Benoît Massart. « On ne voulait pas de critères d’inclusion rigides. C’est au médecin de juger qui, parmi ses patients chroniques, peut tirer bénéfice du cycle. Par contre, pour l’efficacité des séances collectives, il y a des critères d’exclusion. Il ne sera pas possible d’accueillir quelqu’un qui, par exemple, ne marche plus. » La finalité n’est pas non plus de « figer » les gens dans le programme encadré « mais de leur mettre le pied à l’étrier. L’espoir, c’est qu’ils s’inscrivent dans une salle ou un club par la suite. »

Les folders de promotion de l’initiative reproduisent une prescription médicale de sport type, avec une case ‘précautions particulières’. « Ce modèle n’a rien de réglementaire, c’est une illustration. Que le médecin l’emploie, ou une ordonnance, ou du papier libre, là n’est pas la question. Ce qui importe, c’est d’avoir son feu vert à l’inclusion d’un patient. » Remettre une prescription au patient a un petit côté impératif qui donne du poids à l’exhortation à se bouger ? « Exactement. Les recherches sur d’autres expériences de ce type, à l’étranger, montrent que l’adhérence est meilleure quand il y a prescription formelle. »

D’autres initiatives côté wallon 

La commune de Frasnes-lez-Anvaing, dans le Hainaut, a fait œuvre pionnière - et isolée à l’époque - en initiant, en 2013 déjà, son dispositif « Sport santé sur ordonnance » (du MG). L’initiative a vu le jour sous l’impulsion de l’échevin MR Jacques Dupire, médecin de formation

Hasard de calendrier : Chaudfontaine, en province de Liège, a lancé un projet analogue à celui d’Ottignies  également ce 1er octobre. Public ciblé : les personnes souffrant ou ayant souffert d’une atteinte cardio-vasculaire, neurologique, pulmonaire, oncologique ou rachidienne avec suivi en milieu hospitalier (un parcours de revalidation, par exemple). Là aussi, il s’agit de les faire bénéficier d’un encadrement personnalisé par des professionnels de l’activité physique. Et c’est également le médecin traitant qui valide leur participation en rédigeant une ordonnance de sport. La contribution est fixée à 60 € pour 6 mois, renouvelable une fois.

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