Stage précoce en MG: de quoi ébranler quelques projets

La fac’ de médecine de l’UNamur a choisi, depuis 2-3 ans, de mettre ses étudiants en contact avec la médecine générale dès leur BAC3, à la faveur d’un stage d’observation. Ils effectuent ce dernier en juin, chez des «tuteurs». Ces trois semaines d’immersion sont-elles probantes? 132 MG accueillants et 244 étudiants ont complété un questionnaire d’évaluation. Verdict? Enthousiasme et satisfaction sont globalement au rendez-vous.

Le stage d’observation clôture le cycle de trois ans à Namur. «C’est en fait le premier contact que les étudiants ont avec la médecine de terrain», commente le Dr Dominique Henrion, MG à Naninne et membre de la commission des stages de l’UNamur. «Cette année, nous avons voulu savoir si ce stage, qui arrive donc précocement dans le cursus, change la vision que les étudiants ont de la profession de MG.»

Un formulaire a donc été soumis aux protagonistes de l’aventure, étudiants et tuteurs. «L’université McGill, au Canada, possède elle aussi un système d’immersion en médecine générale. Nous nous sommes inspirés d’une partie de leur grille d’évaluation.» Les enseignements de l’opération ont été dévoilés hier soir, lors d’une soirée de l’UNamur à laquelle les confrères tuteurs étaient conviés.

La part d’indécis grimpe

Du côté des étudiants, 244 questionnaires ont été récoltés (sur 254 stages). «Le grand constat, c’est que le stage provoque un questionnement des projets», indique le Dr Henrion. Si on demande: voulez-vous faire la médecine générale/la médecine spécialisée (+ je n’ai pas d’idée précise) avant et après cette immersion dans un cabinet MG, on constate une évolution dans les réponses. Le pourcentage d’étudiants qui disent vouloir se diriger vers la MG augmente de quelques pourcents après le stage (de 11,5 à 14,6%). Mais le plus significatif est que la proportion de répondants qui déclaraient vouloir devenir spécialistes reflue de 43,4% à 30%, tandis que la part d’indécis monte (de 45,1% à 55,4%).

«On voit qu’avec le stage d’observation, on ‘casse’ certaines idées préconçues. Je ne dis pas que c’est un bien ou un mal, mais en tout cas, une réflexion est induite.» La majorité des appréciations recueillies sont positives. Les étudiants se déclarent souvent heureux de l’expérience. «On a eu aussi quelques commentaires dans l’autre sens, du style ‘je ne voulais pas faire la médecine générale et je suis à présent conforté dans l’idée que ce n’est pas pour moi’. Au moins ces jeunes qui se destinent à une autre discipline auront-ils, pour leur carrière, la connaissance de ce qu’est le quotidien d’un MG.»

Et que pensent les tuteurs? Il s’agit donc de généralistes dont l’UNamur attend qu’ils aient une pratique agréée et accréditée, et qu’ils soient en mesure de proposer à leurs «protégés» 120 heures de stage. Ils sont ‘dénichés’ par les étudiants, majoritairement autour de Namur mais potentiellement partout au Sud du pays (°). «132 ont pris le temps de répondre, ce qui n’est pas mal du tout vu la longueur de notre questionnaire d’évaluation.» Globalement, eux aussi trouvent que le stage d’observation est concluant. Certains, relate Dominique Henrion, aimeraient que les étudiants soient un peu plus actifs, qu’on puisse déjà leur permettre de mettre la main à la pâte en réalisant de petits actes. «Il est vrai qu’à ce stade du cursus, ils n’ont pas eu beaucoup de TP.» En tout cas, l’UNamur en prend bonne note. Elle va réfléchir, nous dit notre interlocuteur, à ce que les jeunes aient davantage de cours de propédeutique, afin d’être plus préparés à la pratique.

(°) Les lecteurs intéressés par le tutorat peuvent se signaler, en prenant contact à l’UNamur avec Florine Oldenhove [florine.oldenhove@unamur.be].

Un article plus détaillé sur ce sujet paraîtra la semaine prochaine dans Medi-Sphere.

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