De nouvelles recommandations sur le port du masque dans les soins de santé

La conférence interministérielle (CIM) Santé a décidé mercredi de mettre en œuvre un plan comprenant des recommandations sur le port du masque buccal dans les établissements de soins.

Celui-ci ne sera plus obligatoire de manière générale, a-t-on appris à bonne source. Trois niveaux de risque seront définis, ont décidé les ministres de la Santé des différentes entités. Actuellement, le pays serait au niveau intermédiaire 2.

L'obligation du port du masque dans les établissements de soin constituait peu ou prou la dernière règle sanitaire "stricte" encore en vigueur pour lutter contre la propagation du coronavirus (Covid-19). 

Depuis le 4 mai 2020, le port d'un masque buccal était obligatoire dans les hôpitaux, quel que soit le service. Le secteur lui-même demandait un assouplissement de la mesure.

Sur proposition du Risk Management Group (RMG), groupe d'experts au sein du SPF Santé publique, ce plan à trois niveaux a donc été validé. Il avait été testé ces dernières semaines.

Au niveau 1, la situation épidémiologique est maîtrisée. Les masques buccaux ne sont pas recommandés, à l'exception, par exemple, de la prise en charge des patients immunodéprimés. Au niveau 3, il existe par contre une circulation virale élevée avec un risque élevé de surcharge du système de santé. Dans ce cas, le port du masque est fortement recommandé pour tous dans le secteur de la santé et dans l'ensemble des établissements de santé.

Au niveau 2, les recommandations visent une utilisation ciblée des masques pour éviter le transfert de patients ou une pression accrue sur le système de santé. Il concerne également les contacts étroits en soins infirmiers à domicile.

"Après trois ans, je suis heureux que nous puissions supprimer l'obligation générale de porter le masque partout et tout le temps dans le secteur des soins, et la remplacer par un plan axé sur une utilisation ciblée", réagit le ministre fédéral Frank Vandenbroucke (Vooruit). "Évidemment, il ne faut pas oublier que le masque reste particulièrement utile pour empêcher la transmission des virus (pas uniquement le Covid), certainement dans un hôpital, ou lorsque vous allez chez le généraliste, par exemple, et que vous vous trouvez dans la salle d'attente avec d'autres personnes malades." 

"Dans le contexte actuel, le port du masque est fortement recommandé dans toutes les interactions entre patients, ou entre patients et prestataires de soins. Cela peut changer si la circulation des virus circulatoires diminue", ajoute M. Vandenbroucke.

"Les prestataires de soins peuvent désormais évaluer correctement par eux-mêmes quand il est nécessaire de porter un masque", complète la ministre flamande Hilde Crevits (CD&V).

La réaction des médecins

Les nouvelles recommandations émises mercredi concernant le port du masque buccal dans les établissements de soin satisfont globalement le secteur, qui salue une décision cohérente.

"La décision est positive, pour autant que les trois niveaux d'alerte soient connus de la population. C'est en effet un travail conséquent d'informer chaque patient des nouvelles règles en vigueur", a réagi le vice-président de l'Absym Luc Herry. "Nous proposons donc de mentionner le niveau de risque à la météo, comme on le fait d éjà pour les allergènes ou la qualité de l'air."

"C'est cohérent de prendre une décision ouverte et de laisser les médecins décider du port du masque dans leur cabinet, car ils savent qui se trouve dans leur salle d'attente", souligne quant à elle Hanna Ballout, secrétaire générale de la Société scientifique de médecine générale. "Toutefois, cela sera plus difficile de revenir en arrière si la situation l'exigeait."

"Nous sommes aujourd'hui sortis de la période de pandémie et revenus à une situation de maladies saisonnières, dont le Covid fait désormais partie", estime pour sa part Philippe Devos, président du Conseil médical du groupe CHC Liège. "Le masque en toutes circonstances peut créer des difficultés, et la balance risque/bénéfice n'est plus la même qu'il y a trois ans. Cela semble donc sensé."

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