TP obligatoire: l’ABSyM suggère au gouvernement de profiter du report pour repenser la mesure

L’ABSyM fait savoir qu’elle ne désarme pas dans son opposition de principe au tiers payant social obligatoire. Le report de quelques mois qui devrait intervenir incessamment n’est motivé que par des complications techniques et, aux yeux du syndicat, ne résout pas le problème de fond. L’ABSyM suggère au gouvernement Michel de profiter de cette seconde postposition de la mesure pour revoir sa copie.

 

Medi-Sphere vous avait livré des échos de la dernière séance de la médico-mut, fort attendue des observateurs du dossier «tiers payant», puisque faisant suite à une intrusion dans le saint des saints inamien de quelques généralistes protestataires fin avril. Cette intrusion avait été elle-même précédée par une demande à Maggie De Block, en front commun ABSy/GBO,/SSMG/Fag, de retarder l’entrée en vigueur du TP obligatoire, «un régime d’application forcée face aux BIM, mais interdit avec d’autres patients qui peuvent être en difficulté, et qui va altérer la relation MG/patient» (lire, respectivement, Medi-Shere n°480, 478 et 474).

La dernière médico-mut, le 18 mai, est pavée de résolutions rassurantes, on parle de report, d’assouplissement pratique (*)… Mais l’ABSyM ne baisse pas la garde.  Oui, la médico-mut demandera au cabinet, par la voix de son président Jo De Cock, de repousser de quelques mois l’obligation du tiers payant pour les BIM. «Mais la cause n’en est pas une question de principe mais des raisons techniques. Plusieurs producteurs de softwares ne sont pas prêts et le TP électronique, pour de nombreux médecins, restera impossible au 1er juillet», prennent soin de préciser les Drs Lemye et De Toeuf. «Le principe de l’obligation n’est pas supprimé: comme celui-ci provient de la législation, la CNMM [médio-mut] n’est pas compétente pour le supprimer.» Moralité: l’ABSyM déclare persister dans son opposition à ce principe et se dit prête à entreprendre des actions si cela s’avère nécessaire. «[Nous souhaitons] néanmoins que le gouvernement profite de ce deuxième report pour revoir sa copie.»

 

Inflation des dépenses

Le syndicat invoque le pouvoir supplémentaire que l’obligation de tiers payant va conférer aux mutuelles par rapport aux médecins, et craint que cette montée en puissance ininterrompue des OA rende bientôt impossible toute négociation en médico-mut.

Autre appréhension: que la revalorisation qualitative et financière de la consultation «que nous avons mis des années à obtenir» se détricote sous l’effet d’une «inflation non contrôlable» du nombre des contacts patient, donc des dépenses. L’ABSyM redoute en fait l’avènement d’un système à la capitation «dont on connaît les effets pervers dans les pays comme l’Angleterre ou les Pays-Bas». Les Drs Lemye et De Toeuf ajoutent qu’en Allemagne «qui vit avec le TP sans ticket modérateur en médecine générale (…), les patients consultent plus de cinq fois plus que la moyenne européenne. Comme les honoraires sont dans une enveloppe fermée, le médecin ignore ce qu’il va gagner par acte presté.» Au final, pour l’ABSyM, la qualité des soins que l’on reconnaît à la Belgique risque d’être «remplacée par la quantité».

 

(*) L’ABSyM signale encore un point positif issu de la séance du 18 mai, que nous avions également évoqué dans nos colonnes (Medi-Sphere n°480). Le nouveau projet d’arrêté soumis aux médecins donne satisfaction sur un problème essentiel: l’eID ne devra finalement pas être introduite à chaque consultation tarifiée par voie électronique si le patient dispose d’un DMG. Pour la tarification de celui-ci, une fois l’an, cette obligation de lecture de l’eID subsiste.

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