Ecolo dénonce «de nouvelles économies sur le dos des malades»

Pour les écologistes, la nouvelle réforme proposée par Maggie De Block à l’Inami pour harmoniser et simplifier les indemnités de maladie détricote encore davantage les filets de la sécurité sociale.

La ministre de la Santé publique a présenté le 14 septembre dans la presse générale sa réforme des indemnités de maladie - dont les mesures seront applicables au 1er octobre - comme une "opération de simplification et d'harmonisation, devant le nombre et le caractère très hétéroclite des primes " qui entrent en compte dans leur calcul. La ministre a proposé à l’Inami de modifier la manière de déterminer le salaire de référence pris en compte pour calculer les indemnités de maladie. Concrètement, toutes les primes seront exclues du calcul, ainsi que les heures supplémentaires (sauf celles dont la rémunération représente au moins 10% de la rémunération globale sur la période de référence) et la date de référence.

«Le Gouvernement Michel, sous l'impulsion explicite de la N-VA, poursuit un agenda de démantèlement de la sécurité sociale, préparant ainsi soit sa régionalisation, soit sa privatisation. Chaque mesure qu'il prend pousse de nouvelles personnes vers le risque de pauvreté et rend notre système moins efficace et juste. Alors que des réformes devraient, au contraire, être mises sur la table pour répondre aux nouveaux enjeux sociaux, comme le travail des jeunes, la situation des familles monoparentales ou l'explosion du nombre de burn-out», constate Georges Gilkinet, député fédéral Ecolo. 

Les écologistes estiment que «tout en déclarant refuser de nouvelles économies sur la sécurité sociale, Maggie De Block continue, dans les faits, à disqualifier les travailleurs malades».

«Pour la ministre de la Santé, c'est une obsession. Si on l'écoute, les travailleurs malades sont malades trop longtemps, ils ont des allocations trop élevées et ils abusent du système. Ce n'est évidemment pas le cas. Au lieu de de les presser comme des citrons, elle devrait plutôt interroger les choix d'un gouvernement qui allonge les carrières, quelle que soit la pénibilité du travail, ou qui amplifie les heures supplémentaires obligatoires et la flexibilité des horaires», ajoute Muriel Gerkens, députée fédérale Ecolo et présidente de la Commission Santé de la Chambre.

Diviser et sanctionner

Ecolo ajoute que c’est le même gouvernement qui privilégie le recours à des primes diverses plutôt qu'à des augmentations salariales, alors que ces dernières contribueraient au financement de la sécurité sociale.  «Et ensuite, on déciderait de considérer que ces primes ne font pas partie du salaire pour diminuer les allocations de maladie. C'est du cynisme à l'état pur!», poursuit-elle.

Les Verts réclament des revenus décents pour tous, des conditions de travail plus soutenables et le respect pour les travailleurs malades. Selon La Libre, les syndicats sont également opposés à cette réforme.

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