HAD: «Plutôt qu’externaliser les techniques hospitalières, éviter ou raccourcir les hospitalisations»

Le Fag a adressé une lettre ouverte à Maggie De Block à propos du processus de mise en place de projets d’hospitalisation à domicile (HAD).

Les cercles revendiquent d’y être associés. A leurs yeux, il serait fructueux d’interroger les MG sur le soutien dont ils auraient besoin pour éviter une hospitalisation, une ré-hospitalisation ou pour mieux organiser une sortie plus précoce.

 

Nous vous renvoyons, pour bien cerner les tenants et aboutissants de ce dossier, au focus publié récemment (Medi-Sphere n°487) sur l’hospitalisation à domicile. Pour faire bref, dans le cadre de la réforme des hôpitaux, il est question d’examiner des modèles d’organisation des soins innovants, avec une dimension transmurale, donc amenant à des synergies entre acteurs hospitaliers et ambulatoires. Un appel à sujets de projets-pilotes d’abord, puis à projets proprement dits ensuite, est en cours. L’hospitalisation à domicile (HAD) fait partie (potentiellement à ce stade) des modèles à explorer. Le Fag et le Kringloket (la section cercles de Domus Medica) ont exprimé leurs craintes de ne pas être associés à la réflexion et à la construction de l’HAD. Ils redoutent que les projets soient lancés exclusivement au départ des hôpitaux sans réelle concertation avec les acteurs de 1ère ligne.

La missive expédiée dernièrement à la ministre – et à ses collègues ministres des autres niveaux de pouvoirs – tape sur le même clou. «En tant que représentant des cercles de médecine générale, nous ne pouvons que nous réjouir de la mise en place de projets qui pourraient revaloriser les liens entre la première et la deuxième ligne. Ceci peut être prometteur pour une meilleure adéquation des soins au patient, une diminution d’actes techniques inutiles et un rôle accru pour les intervenants de première ligne (médecins généralistes et infirmières, entre autres)», entame Guy Delrée. Mais, car il y a un gros mais… Le président du Fag embraie avec un rappel du rôle confié à l’ «instance cercle» telle que reconnue par la loi de 2002: le cercle est l’interlocuteur légal pour toute initiative impliquant les généralistes d’un territoire. Par conséquent, «toute initiative prise par une autorité ou un intervenant public (hôpital, CPAS, commune, région) qui implique la médecine générale ne peut s’en revendiquer que si [les initiateurs] se sont concertés avec les cercles», martèle le Fag, selon lequel ce modus operandi s’est avéré jusqu’ici fructueux, dégageant de «belles avancées dans les projets de la première ligne de soins».

 

Interroger les MG sur les besoins

Que propose le Fag au niveau de l’HAD? «Dans ce contexte précis, il serait probablement fort utile de consulter les médecins généralistes sur le soutien dont ils auraient besoin pour éviter une hospitalisation, une ré-hospitalisation précoce ou pour mieux structurer une sortie plus précoce. Nous sommes persuadés que bon nombre d'hospitalisations pourraient être évitées ou raccourcies si des structures de soutien performantes renforçaient mieux la première ligne de soins. Plutôt que d'externaliser des pratiques et techniques hospitalières, il nous semble plus efficient d'éviter ou de raccourcir les hospitalisations.»

«Les projets pour l’hospitalisation à domicile dans les situations aigües doivent être rentrés bientôt, d’autres projets d’HAD dans les situations chroniques (plus de 6 mois) et les urgences vont voir le jour», affirme encore le Fag. «Il y a un risque important d’échecs de projets aussi ambitieux si une concertation respectueuse de chacun n’est pas mise en place», insiste-t-il, en réclamant tant aux autorités fédérales que fédérées l’intégration des cercles de médecine dans la dynamique.

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