Pourquoi les médecins généralistes en activité et en particulier les femmes ne participent plus aux réunions (Dr D. Simon)

Organiser une réunion en présentiel pendant la journée au centre de Bruxelles implique deux heures passées dans les embouteillages qui viennent s’ajouter aux deux heures que dure en moyenne une réunion.  Ceci prive une quinzaine de patients du gestionnaire de leur DMG.  De quoi décourager les médecins généralistes en activité, en particulier les femmes écrit le Dr Simon dans une lettre ouverte à l'ancien directeur général de l'Inami.

Lettre ouverte à Monsieur Brieuc Van Damme

Monsieur,
Il a un an vous étiez directeur général de l’INAMI et vous avez brisé un tabou : « … citez-moi un seul syndicaliste qui est encore en activité, qui siège dans les plus hauts organes de l’INAMI et qui n’est pas un homme ... »  Dans un premier temps, vous le savez, ces propos m’ont profondément choqué.  Mais depuis que je participe aux réunions de la commission nationale médico-mutualiste, je constate cette évidence en ce qui concerne les médecins généralistes.
La commission nationale médico-mutualiste se réunit le lundi à dix-neuf heures. Le lundi est un jour infernal pour les généralistes.  Ils ont rarement fini leurs consultations avant vingt-et-une heures.  Pour y participer, ils doivent interrompre leurs activités deux heures plus tôt et donc donner leur dernier rendez vous à dix-huit heures en raison du retard qui s’accumule résultant des problèmes de santé qui méritent une écoute plus longue.  Ceci leur impose de refuser un rendez-vous à une douzaine de patients au moment où ceux ci en ont le plus besoin.  Les jeunes parents, souvent de jeunes femmes, sont les plus pénalisés car, refusant de sacrifier leur vie privée à leur profession, ils consacrent précisément ces heures à s’occuper de leurs enfants jusqu’à ce qu’ils s’endorment.
La virtualisation des réunions a permis aux médecins généralistes en activité d'y participer lorsqu’elles sont organisées pendant la journée. Leur absence ne dépasse pas les deux heures qu'elles durent en moyenne.  Des vocations sont nées.  Des personnalités ont émergé. Une indisponibilité de deux heures ne pose qu’un problème limité qui peut même être résolu en faisant l’impasse sur une heure de pause le midi et en prolongeant d’une heure le planning des consultation. Il devient possible d’y participer depuis le domicile ou le cabinet sans pénaliser les patients.  On peut même s’en absenter ponctuellement, si, par exemple un enfant réclament de l'attention. Les réunions virtuelles sont souvent égayées de voix d’enfants.
Mais toutes les bonnes choses ont une fin.  On commence à retourner au présentiel. 

Organiser une réunion en présentiel pendant la journée au centre de Bruxelles implique deux heures passées dans les embouteillages qui viennent s’ajouter aux deux heures que dure en moyenne une réunion.  Ceci prive une quinzaine de patients du gestionnaire de leur DMG.  De quoi décourager les médecins généralistes en activité, en particulier les femmes.
Monsieur Van Damme, si vous souhaitez remédier aujourd’hui à la situation que vous avez judicieusement dénoncée l’an passé, auriez-vous la gentillesse d'inviter vos anciens collègues de prendre en considération ce que je viens de vous expliquer ?

D’avance je vous en remercie

Cordialement

Docteur David SIMON, médecin de Famille à Colfontaine

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Derniers commentaires

  • Danielle De Becker

    16 novembre 2022

    MERCI aux organisateurs et orateurs de WEBINAIRES !