« Frank Vandenbroucke veut casser la pratique libérale des médecins » (Dr Mark Coel)

« Le ministre Vandenbroucke ne laisse pas passer une occasion de mettre à mal la médecine libérale et de clamer haut et fort sa préférence pour une médecine d’État », estime le Dr Marc Coel. Il est clair que pour lui, la médecine spécialisée privée " extra muros" doit disparaître et les praticiens ne devraient plus exercer qu’à l’hôpital.

« Si Frank Vandenbroucke met ses projets à exécution (et le risque qu’il le fasse est bien réel), nous nous dirigeons droit vers une médecine d’État synonyme de médecins moins chers, certes, mais aussi de médecins qui travaillent de 9 à 17h avec deux heures de pause à midi et qui ne voient pas le moindre patient supplémentaire. Avec à la clé, inévitablement, des listes d’attente de deux ans comme aux Pays-Bas et au Royaume-Uni. »

« Un tel système génèrerait-il des économies pour le gouvernement ? Cela ne fait aucun doute : avec des listes d’attente de deux ans, les patients seront aussi beaucoup plus nombreux à décéder sans soins. C’est vraiment un plan machiavélique. C’est révoltant. »

« Plus le temps passe, plus je pense à arrêter, à jeter l’éponge, même si je n’ai encore que 54 ans. Et hop, un dermatologue en moins. Et des listes d’attente d’autant plus longues. Mes collègues aussi sont nombreux à y penser, car ce sont toujours les spécialistes extra-hospitaliers qui écopent. »

« On nous oblige à acheter des logiciels, à les entretenir et à payer chaque année pour le privilège de les utiliser ; je songe par exemple ici aux logiciels de prescription électronique. Les attestations numériques aussi, c’est pour bientôt. Et nous sommes priés de nous recycler régulièrement – à nos frais, cela va sans dire. »

« Malheureusement, nous n’avons pas le salaire mirobolant d’un ministre de la Santé publique. L’obligation de tenir à jour nos connaissances ne pose évidemment aucun problème… n’était que ces dernières années, c’est surtout dans le domaine de l’informatique ou du respect des directives que nous nous devons nous recycler, ce qui ne nous laisser guère le temps de suivre des formations continues dans le domaine qui compte vraiment, celui de la médecine. »

« Bien, Vandenbroucke, très bien. Vous êtes presque aussi inefficace que Maggie, à qui nous devons d’ailleurs les grandes lignes de ce master plan… »

« Et à propos, je me permets de placer cette contribution en mode public, car je pense que tout le monde a le droit de savoir ce que j’écris ici.
(oui, je suis en colère – l’aviez-vous remarqué ?) 

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Derniers commentaires

  • Paul BALTUS

    08 novembre 2022

    Si je peux accepter la pratique libérale en neurologie ou dermatologie comme étant une plus valus pour le patient, il n'en est pas de même pour la gynécologie obstétrique.
    Depuis 9/2021 par manque de praticiens on à dû fermer ma maternité que gérait jusque 500 accouchements par an. Loin d'être en manque de Gynécologues dans les environs (5 femmes et trois hommes) elles ou ils préfèrent de traveiller dans ce beau métier à temps parfois trés partiel en renvoyant trés cyniquement leurs patientes en cas d'urgences via leurs pages web ou répondeur téléphonique au 112!? En effet depuis la fermeture de la maternité le service des urgences normalement sollicité n'existe plus en gynéco&obstétrique.
    Aprés 40 ans en médecine hospitalière (entre 7 et 15 gardes /mois) je suis trés déçu par ce développement.
    Ce genre de gynécologie et obstétrique "libérale" est pour moi inutile et parasitaire, ne contribuant pas au développement d'une expérience professionelle absolument nécesaire, surtout pour l'excercice de l' obstétrique

  • Erik FRANCOIS

    07 novembre 2022

    Il est rarement fait référence à la préférence du patient. Quand on s'installe en privé, la patientèle n'arrive pas sans efforts. C'est à force de présence et de réputation que les médecins libéraux se font cette patientèle, qui peut partir à tout moment. Ces patients choisissent leur médecin, lui font confiance, et sont prêts à payer pour ce service. Chasser le médecin libéral c'est dire que l'on veut retirer ce choix au patient. Il n'aura plus la possibilité que d'aller en maison médicale pour un généraliste ou à l'hôpital pour un spécialiste. Or l'histoire humaine montre qu'une dose de concurrence et de choix est génératrice de progrès et de meilleur service. Si demain, comme cela semble être le cas, le patient n'a d'autre option que de se rendre au méga-hôpital qui lui est attribué, ce méga-hôpital bureaucratique et monopolistique n'aura aucun incitant à répondre à ses attentes. De même pour la maison médicale qui lui sera obligatoire. Je préfère de loin la situation que nous avons tout juste encore, où dans une même ville plusieurs hôpitaux aux philosophies différentes offrent des options différentes aux patients, et où l'on peut aussi aller consulter en privé. C'est cette diversité (pourtant un terme bien à la mode) que le ministre veut à tout prix casser. Et soyons clair, sa motivation n'est pas que financière. En effet bien des mesures prises ne font rien pour diminuer les coûts (notamment les divers alourdissements administratifs). Il s'agit bien d'une croisade idéologique anti-médecin libéral. Mais peut-être même anti-médecin tout court, car il est clair que ceux qui restent salariés à l'hôpital ne seront pas spécialement choyés.

  • Marc Etienne

    07 novembre 2022

    Les media mainstream devraient republier les articles de l’époque où VDB et ses comparses socialistes brûlaient l’argent public… Ce type est une insulte au corps politique. Et De Croo ne s’est pas grandi en le récupérant dans la poubelle des hasbeen marxistes…

  • Pierre-Etienne VAN ASSCHE

    07 novembre 2022

    Pierre-Etienne van ASSCHE

    Le ministre Vandenbroucke exécute point par point le programme élaboré par le défunt ministre Leburton dans les années soixante, mais à cette époque, le corps médical avait suffisamment de tonus et de solidarité pour faire la grève au niveau national et renvoyer le politique à ses chères études ! Ici, la forfaiture ne sera pas sanctionnée, mais les économies nécessaires ne seront faites que sur le dos des soignants...et des patients ! Les mutuelles, grassement subsidiées par le politique et l'administration pléthorique et budgétivore tireront leur épingle du jeu ! Étudier pendant parfois douze ans pour ne gagner que le vingtième d'un politicard amènera à la lassitude et à la déconsidération du corpos médical, mais ce seront les patients - c'est-à-dire tout un chacun, qui payeront cette gabegie !

  • Robert Müler

    07 novembre 2022

    L'article est lamentablement faux. Je ne suis pas contre la médecine libérale, mais sa raison d'être est loin d'être si altruiste et son but n'est pas celui de libérer les hôpitaux! C'est bien le contraire, les hôpitaux risquent de devenir des déserts médicaux, car les médecins préfèrent travailler uniquement en privé et ne plus être harcelés par des cas sérieux et des gardes obligatoires. C'est une voie qui mène aussi à une de professionnalisation, à la longue, mauvaise pour le système en général. J'aimerais savoir où on va envoyer les cas sérieux, au risque vital, quand des services fermeront par manque de spécialistes.

  • Anne DE TEMMERMAN

    07 novembre 2022

    Révoltant pour les futurs patients et pour les bons médecins désireux de travailler , d aider , d accompagner et soulager au mieux et donc au plus vite leurs patients. Bravo de soulever cette attitude de politicien inhumain et égoïste. Merci pour tous les médecins , les seuls motivés par de nobles sentiments. Les manipulateurs n ont pas de places dans une bonne médecine. Pauvres futurs patients!

  • Jean-Emile VANDERHEYDEN

    07 novembre 2022

    OUI clairement j'ai aussi publié en juin mon MORITURI VOS SALUTANT pour me plaindre des affres de travailler comme neurologue purement extra-muros ! Alors que les patients sont très demandeurs de notre type de médecine. A quand une révolution de grande ampleur médiée par les syndicats médicaux contre les idées de ce ministre totalement à l'ouest sur ce point ? Bien à vous Jean-Emile Vanderheyden, Fleurus

  • Fredy DENIS

    07 novembre 2022

    Il est évident, depuis plusieurs années, qu'il y a une volonté politique de "tuer" la médecine spécialisée extrahospitalière, en faisant fi des préférences de bon nombre de patients, qui, pour diverses raisons, préfèrent la consultation privée à l'anonymat relatif de l'hôpital. Le problème, entre autres, est que ce n'est pas le fait d'une seule mouvance politique, apparemment... Remarquons quand même que, lorsqu'il s'agit de soigner un de leurs proches, ces "hommes de pouvoir" font très volontiers appel à la médecine libérale, ou à des conditions de consultation privée au sein d'un hôpital de leur obédience - nul ne renonce à ses privilèges!

  • Catherine LE CLEMENT DE SAINT-MARCQ

    07 novembre 2022

    Cher collègue, je ne suis que médecin généraliste et je suis d'accord avec vous, on voit comment cette médecine d'état fonctionne à l'étranger, Angleterre...