Vers moins de pharmacies de garde la nuit?

Les réorganisations de pharmacies de garde que les MG peuvent observer ça et là ne sont portées par aucun mot d’ordre général de l’APB, rassure son président, Alain Chaspierre. Il est persuadé qu’il n’y a et n’y aura pas de problème majeur d’accessibilité.

Le «cadre pluriannuel» qui continue de se négocier entre pharmaciens et autorités inclut une révision (presqu’achevée) de la «loi de répartition des officines», contextualise-t-il. Sont notamment prévues des facilités pour la fusion (volontaire) de pharmacies et l’ouverture à des endroits propices. Une façon de diluer les surconcentrations. Et d’engendrer des entités «de taille suffisante pour être économiquement stables et prester les services dans lesquels on s’engage aujourd’hui: pharmacien de référence, entretiens d’accompagnement au bon usage des médicaments etc.» Y a-t-il aussi des incitants pour s’implanter en zones moins denses? 
«Non, car Maggie De Block considère toujours qu’il y a un excédent de pharmacies.»

Ce qui précède n’est au départ pas pensé en fonction des gardes, précise le président de l’APB. Pour lui, les rationalisations locales entre secteurs pour éviter des fréquences de garde trop élevées ne font pas exploser les déplacements. «Ce qui est calculé - aujourd’hui par les CMP et les inspecteurs de la pharmacie et demain, en vertu du projet de loi qualité, par le SPF Santé publique - c’est le temps d’accès à l’officine de garde: les patients doivent pouvoir en trouver une en 20 minutes maximum.» Outre cette contrainte top-down, «nos rôles de garde s’organisent dans un principe d’autocontrôle et il y a en fait peu de problèmes d’accessibilité».

Maggie De Block n’a-t-elle jamais tenté de persuader sa profession de prévoir ou déplacer une pharmacie dans les parages des postes de garde, voire pas loin de ce «duo» fonctionnel qu’elle pousse dans le dos: poste+urgences? «Non, ce n’est pas encore le cas.» Si l’APB n’est pas opposée à une réorganisation qui tiendrait compte du remodelage du paysage des postes, ce qu’elle constate au quotidien la rend circonspecte.

Un honoraire de nuit pour maintenir une garde
«En fait, les 2/3 des gens ne viennent pas à la pharmacie de garde en sortant d’un poste médical. Ils arrivent avec des ordonnances antérieures, étant tombé en panne de médicament chronique, par exemple. Ou ils viennent quand le patient sort de l’hôpital, ou encore pour des médicaments non soumis à prescription...»

En revanche, poursuit Alain Chaspierre, «dans le cadre pluriannuel, nous avons plaidé le financement, par réaffectation de moyens, d’un honoraire de disponibilité de nuit profonde (après 22h), de sorte à maintenir une pharmacie proche de l’habitat, dans les communes, et donc un accès facile pour la population». Honoraire qui entrera en vigueur en 2019 et «qui n’existait pas comme tel jusqu’ici, le pharmacien touchant un honoraire de garde par ordonnance comprenant un médicament remboursé».

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Derniers commentaires

  • claude LE GARROIS

    27 décembre 2018

    "Ou encore pour des médicaments non soumis à prescriptions"
    Bientôt ces patients ne viendront plus à la pharmacie car ils se feront pousser chez eux le plant qu'ils se récolteront ,se sécheront et feront des tisanes et ils seront très nombreux....