Pharmacien «de référence»: 76% des patients inscrits se montrent positifs

En octobre, une nouvelle fonction faisait son entrée dans le paysage belge des soins: le pharmacien «de référence». Soit un interlocuteur de confiance qui, comme un MG, connaît et suit les patients (chroniques) dans la durée. D’après l’APB, fin 2017, 400.000 Belges s’étaient inscrits, déjà, auprès d’un pharmacien attitré – et s’en trouvaient majoritairement satisfaits.

L’APB a plutôt le sourire. Dans les officines, la nouvelle fonction, émanation du ‘pacte pluriannuel’ signé au printemps 2017 avec la ministre De Block, fait mouche de chaque côté du comptoir. L’union professionnelle fera ses totaux et communiquera plus copieusement sur la question en avril, mais Alain Chaspierre, son porte-parole, parle de «véritable engouement». Il nous livre déjà quelques ordres de grandeur provisoires.

En trois petits mois, ce sont 400.000 patients qui ont désigné leur pharmacien de référence. Un score élevé, puisque de premières projections faisaient état de 2,7 millions de Belges concernés par la polymédication chronique (lire par ailleurs sur ce site) mais pas tous habilités pour autant à se lier à un pharmacien: seuls peuvent le faire les patients s’étant vu délivrer sur les 12 mois écoulés au moins 5 médicaments remboursés, dont 1 traitement chronique.

Le public semble apprécier la nouvelle mission de «suivi rapproché» du pharmacien (qui va gérer le schéma de médication, surveiller les interactions potentielles, s’assurer de la posologie et du bon usage…). D’après les coups de sonde de l’APB, 76% des clients la perçoivent de façon positive et 23% sont neutres. «Reste 1% de réactions négatives, et c’est souvent par peur que le médecin réagisse mal, en jugeant le pharmacien intrusif», détaille Alain Chaspierre.

Dans les rangs des pharmaciens eux-mêmes, qui pour mémoire touchent un forfait annuel de 31,8€ par patient enregistré, 9 sur 10 s’accordent à dire qu’il s’agit d’une «évolution majeure pour leur profession» (82% sont ‘tout à fait d’accord’ et 8% ‘d’accord’). «Mais ils nous font savoir également que cela prend plus de temps qu’ils ne le pensaient initialement.» Un pharmacien de référence doit être connecté au DPP (le dossier pharmaceutique partagé), remettre un folder explicatif au patient éligible, conclure avec lui une convention qui suppose le consentement eHealth (au partage électronique de données) et un autre, au suivi des soins pharmaceutiques…

L’action principale d’un pharmacien de référence tient à la gestion du schéma de médication. «Il accède à toute la médication du patient: les produits prescrits par les généralistes, spécialistes, dentistes, sages-femmes…, mais aussi toute l’automédication et les ‘non-médicaments’ de type ail, millepertuis, ginseng… dès lors qu’ils sont susceptibles d’interagir avec le reste. Il consigne le tout dans un ‘schéma de médication’, avec les bonnes posologies, les indications sur les bons moments de prise, etc. A ce jour, il établit ce schéma sur son ordinateur, puis l’imprime et le remet au patient. L’objectif est que ce dernier le soumette à son médecin de famille pour validation.»  

Lire également sur ce sujet: L’APB prône un schéma de médication informatisé

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