"On doit travailler à un basculement des pratiques" (Christie Morreale)

Les résultats du questionnaire Proxisanté mettent en avant trois obstacles à la coordination basée sur des zones géographiques : le manque de prestataires, le manque de clarté sur les rôles et responsabilités de chacun et l’augmentation de la charge administrative. Christie Morreale nous dévoile en exclusivité les premiers éléments du questionnaire.

« Les généralistes ont été ceux qui ont répondu le plus ». La ministre de la santé, Christie Morreale nous dévoile en exclusivité les premiers éléments du questionnaire Proxisanté pour lequel 1700 professionnels ont répondu : « Nous avons fait aujourd'hui/ mercredi notre première réunion de travail avec les professionnels de la première ligne où l’on va présenter les résultats des questionnaires. Ceux qui ont répondu le plus sont les généralistes (22%), puis les infirmières (17%) et les kinés (14%). Les médecins les plus nombreux à avoir répondu se trouvent dans le Brabant wallon, le Hainaut et Liège et un peu moins au Luxembourg. »
La cohérence
Pour rappel, selon la Déclaration de Politique Régionale 2019-2024 du Gouvernement de Wallonie, une organisation territoriale de l’offre d’aide et de soins sera définie avec les acteurs de la santé à partir des zones de soins de première ligne réparties sur l’ensemble du territoire wallon. Une cohérence entre la première ligne et les soins spécialisés, dont les futurs réseaux hospitaliers et les soins de santé mentale, sera recherchée. 
Penser la structure de l'offre
Dans le cadre de cette démarche participative « Proxisanté », le premier atelier a été lancé ce mercredi 8 juin 2022 et aborde la thématique du maillage territorial. « C’est penser à la définition de territoires et à leurs articulations afin d’assurer la cohérence de l’offre entre les services et les prestataires, ainsi que du besoin avec les demandes des populations, tel qu’il a été défini dans le cadre de la préparation des Assises de la première ligne de soins, tout en garantissant la libre circulation du patient. » précise la ministre.

La ministre qui ajoute qu’ « un travail de cartographie de différents services a été réalisé. Il peut être consultable par le biais de ce lien : WALLONIE AVIQ : Cadastre de l'offre socio sanitaire. (arcgis.com) »  

La pratique en solo
Au travers des résultats du questionnaire, Christie Morreale  souligne que « ce sont les infirmier.e.s qui sont perçus comme la profession la plus disponible pour se rendre à domicile suivie de près par les kinésithérapeutes et les médecins généralistes. » 
Les résultats montrent que  «les généralistes travaillent fortement en solo. Nous devons trouver des solutions notamment par le  travail multidisciplinaire.  Des généralistes pourraient travailler ensemble ou avec une infirmière. 

On doit travailler à un basculement des pratiques qui permettra aux médecins de mieux concilier vie professionnelle et vie privée. Le bien-être du professionnel de la santé est aussi en jeu. »
Les obstacles
Le questionnaire dévoile trois obstacles à la coordination basée sur des zones géographiques les plus cités par les répondants sont le manque de prestataires, le manque de clarté sur les rôles et responsabilités de chacun et l’augmentation de la charge administrative. 
L’obstacle le plus fréquemment cité est le manque de prestataire. Cependant, selon les kinésithérapeutes et les médecins généralistes , c’est la charge administrative qui est la plus lourde.  « Pour la charge administrative, nous allons sensibiliser les autres niveaux de pouvoir en conférence interministérielle santé. Il faut des solutions »  ajoute-t-elle. 
La sécurité des données
Pour la Ministre « ce questionnaire va aussi permettre de mettre en place une meilleure liaison entre la première ligne et la seconde ligne entre les généralistes et les spécialistes notamment au travers de l’ambulatoire. Cela va nous donner aussi des perspectives dans le domaine de l’e-santé et du partage d’informations sur le patient. Il faut éviter que le patient soit perdu tout en gardant la sécurité de la donnée. Le continuum de soins est important dans ma volonté. » 

A ce niveau, le travail est en route selon la ministre: « Nous allons travailler sur la digitalisation et la sécurisation, avec Axel Legay qui nous avait aidé à mettre en place notre système coronalert et qui va coordonner toute la politique de sécurisation du réseau. Je tiens à ce que nous soyons vigilants à la sécurisation des informations de santé pour qu’elles restent dans les mains adéquates. Nous avons d’ailleurs un groupe de travail dédié à l’e-santé. C’est le fondement de la confiance entre tous les acteurs des soins. »
Pour rappel, les 6 axes définis dans le questionnaire “Proxisanté” sont les suivants : gouvernance, financement, maillage territorial, offres de service, communication et articulation entre les secteurs et e-santé. 
> Les grandes lignes du projet et le lien vers le questionnaire figurent sur le site www.proxisante.be

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Derniers commentaires

  • Nicole WERA

    12 juin 2022

    Je suis médecin généraliste de bientôt 65 ans.
    J'ai toujours pratiqué en solo. Je suis femme et ma vie privée n'en n'a pas souffert.
    Au vu de la gestion covid de madame Morreale dans les maisons de repos on peut s'attendre au pire. Arrêtez de vouloir tout changer !

  • Philippe TASSART

    11 juin 2022

    Il parait que les médecins qui pratiquent en solo ne sont pas heureux et qu'il faut les obliger à pratiquer différemment. Je suis très ému de cette préoccupation existentielle de notre ministre qui veut faire notre bonheur selon ses critères. Pourquoi ne pas laisser chaque médecin mener sa vie comme il l'entend ? Si j'estime que ma pratique solo me convient parfaitement et que j'aurais des difficultés à travailler en équipe, pourquoi m'y obliger ? Oblige-t-on les autres professions à travailler dans un carcan établi par les autorités qui les gouvernent ? Arrivé à 65 ans, après une pratique en solo heureuse de 40 années, j'ai décidé de m'associer avec mon assistante. Je l'ai fait au moment que j'ai choisi, parce que ce partage s'imposait et pas avant. Beaucoup de jeunes s'installent actuellement en association et c'est très bien. Mais cette manière de fonctionner ne doit pas être imposée et doit rester un choix.