L'euthanasie davantage pratiquée à domicile

Les euthanasies pratiquées à domicile tendent à augmenter tandis que celles effectuées dans les hôpitaux diminuent, a relevé mardi la Commission fédérale de contrôle et d'évaluation de l'euthanasie (CFCEE) dans son rapport remis à la Chambre portant sur les années 2016-2017. «Cela témoigne du souhait du patient de terminer sa vie chez lui», souligne-t-elle.

En 2017, 1.046 euthanasies ont été effectuées chez le patient (45,3% du total), contre 908 en 2016 (44,8%), ressort-il des statistiques de la CFCEE établies tous les deux ans. Celles pratiquées à l'hôpital tendent plutôt à diminuer, en termes de pourcentage: 821 en 2016 (40,5%) et 865 en 2017 (37,5%). 

Par ailleurs, le nombre d'euthanasies dans des maisons de repos et des maisons de repos et de soins augmente. Leur pourcentage a triplé par rapport à 2002-2003.

Au total, 4.337 documents d'enregistrement, par lequel un médecin déclare une euthanasie, sont parvenus à la Commission (2.028 en 2016 et 2.309 en 2017). La majorité était rédigée en néerlandais. Après une sorte de stagnation entre 2014 et 2016, une hausse des déclarations de 13% en 2017 est notée par rapport à 2016.

Les patients étaient surtout âgés de 60 à 89 ans. Trois mineurs ont été euthanasiés en 2016 et 2017. 

Les demandes émanaient majoritairement de patients souffrant de tumeurs. En termes de pourcentage, la proportion des patients oncologiques diminue toutefois (67,3% en 2016 et 61,4% en 2017). Les déclarations de patients souffrant de plusieurs pathologies augmentent, passant de 176 en 2014 à 442 en 2017. Le nombre d'euthanasies dues à des troubles mentaux et du comportement a lui diminué (40 en 2017, contre 61 en 2014).

La loi exige que la capacité mentale du patient soit intacte, qu'il émette une demande répétée, prolongée et posée librement ainsi que des souffrances insupportables causées par une maladie incurable et la Commission vérifie le respect de ces conditions. En 2016 et 2017, 76,3% des déclarations étaient correctement remplies, respectaient les conditions légales et ont été acceptées d'emblée. Dans 23,7% des cas, une demande d'informations complémentaires a été effectuée. 

La Commission recommande une meilleure information des citoyens et que les prestataires de soins soient tous formés aux soins en fin de vie lors de leur cursus en faculté ou haute école. Elle souhaite également un budget plus important pour traiter un nombre croissant de demandes et préconise une procédure électronique pour l'enregistrement des documents. Elle exhorte aussi à la réalisation d'une étude scientifique nationale sur l'ensemble des décisions médicales en fin de vie (euthanasie, sédation, arrêt de traitement...).

 

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Derniers commentaires

  • claude LE GARROIS

    18 juillet 2018

    il faudrait que cela vienne en France .
    la loi leonetti .........;)la pratique de létale hospitalière se pratique toujours +et le certificat médical pour le décès est à 100€ aprés 20h.
    Beaucoup redéclare en mairie où cela est gratuit.