Pas question de rogner les dépenses sociales pour acheter des armes, avertit Magnette

Le PS rejette catégoriquement l'idée de retirer de l'argent des politiques sociales pour financer des achats militaires, a averti lundi son président, Paul Magnette, à la suite de propos tenus dimanche par le Premier ministre Alexander De Croo.

"La Belgique a toujours tenu ses engagements pour garantir la paix. Durant cette législature, avec la ministre de la Défense socialiste Ludivine Dedonder, des moyens considérables ont été investis pour garantir notre sécurité face aux menaces. Et ceci, tout en refinançant la sécurité sociale. Pour le PS, il est définitivement hors de question de retirer un centime du financement de la Sécurité sociale - médecin, m&eacu te;dicament, pension, ?- pour acheter des armes. Tant que le PS sera au gouvernement, cela n'arrivera pas. La sécurité sera garantie. La sécurité sociale aussi", a affirmé M. Magnette sur le réseau X.

Alexander De Croo (Open Vld) a plaidé en faveur d'un accroissement des dépenses militaires afin d'atteindre les 2% du PIB consacrés à la Défense en 2029 au lieu de 2035. Selon lui, il faudra donc rogner d'autres dépenses. Il a notamment insisté sur la nécessité de remettre plus de gens à l'emploi et rappelé la proposition libérale d'une limitation des allocations de chômage dans le temps. Il vise aussi un "contrôle" de la croissance des dépenses en soins de santé.

Cette sortie n'a pas davantage plu au CD&V. Son président, Sammy Mahdi l'a qualifiée d'"incompréhensible". 

"Selon nous, notre système de soins de santé a tout simplement besoin de plus de ressources. Le vieillissement de la population ne cesse de croître, ce qui entraîne une hausse de la demande de soins. Le nombre de malades chroniques et de besoins de soins chroniques augmente. Et nous avons besoin de plus de ressources pour les soins de santé mentale si nous voulons que le bien-être mental des gens prenne autant d'importance que leur bien-être physique", a-t-il fait remarquer.

Les chrétiens-démocrates reconnaissent l'importance du défi budgétaire pour la Belgique, mais n'apprécient pas que certains dès lors se tournent vers les soins de santé. Ils rappellent qu'un projet de réforme fiscale n'a pu aboutir en raison du blocage libéral, en particulier du MR. 

"Il est très cynique de ne pas mettre en œuvre la réforme fiscale qui aurait donné aux gens un gain net et qui aurait eu un effet stimulant, mais de commencer ensuite à parler d'économies dans les soins de santé. Que faisons-nous ? Les excès dans les soins de santé doivent être éliminés, il suffit de penser aux suppléments d'honoraires et autres, mais le Flamand lambda ne devrait jamais en pâtir", a souligné M. Mahdi.

"Accélérer la trajectoire de croissance budgétaire de la Défense? Cela peut certainement être discuté, mais pas aux dépens de la sécurité sociale ou d'autres départements qui ont subi des économies", affirme ainsi la ministre de la Défense, Ludivine Dedonder (PS), en réaction aux propos tenus par le Premier ministre.

"Les besoins sont énormes pour lutter contre les trafiquants de drogue, assurer la sécurité de notre population mais aussi protéger le pouvoir d'achat de nos concitoyens. Je refuse d'opposer la sécurité à la sécurité sociale. Nous devons juste admettre que nos services publics n'ont pas suffisamment de moyens", poursuit Ludivine Dedonder. 

"Avec les socialistes, nous refusons l'austérité. Des moyens, il y en a ! Il faut prélever les plus-values financières, taxer les plus gros patrimoines et les mettre à contribution pour protéger notre modèle social", ajoute-t-elle.

Des propos qui font écho à ceux de la FGTB, opposée elle aussi aux déclarations du Premier ministre. "Une semaine après le Vlaams Belang et la N-VA, le Premier ministre Open-Vld fait, à son tour, le lien entre désinvestir plus rapidement dans les allocations de chômage et investir davantage dans les dépenses militaires ! Cynisme ou déclaration populiste ?", s'interroge le syndicat socialiste.

Lire aussi: De Croo suggère de limiter le chômage à 2 ans et d'abaisser le niveau de croissance des soins de santé

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