La prise de sang bientôt superflue dans les tests de conduite sous influence de drogue

Alors que la nouvelle enquête nationale "d'insécurité" annuelle de l'institut Vias dévoile des chiffres inquiétants quant à la part de jeunes conducteurs admettant avoir déjà pris le volant d'une voiture en étant sous l'influence de drogues, il semble que la police pourra dès ce début d'année, mais à une date inconnue, commencer à utiliser les nouveaux systèmes de prélèvement de salive qui devraient faciliter la détection et la répression de tels faits.

C'est en tout cas ce que l'on apprend du côté du ministre de la Justice Koen Geens, lundi. Ces tests qui devraient permettre de ne plus passer, comme c'est le cas actuellement, par un prélèvement sanguin qui alourdit la procédure, ont fait l'objet d'un appel d'offres. En juin dernier, le résultat a été publié au Moniteur: c'est le système de collecte de salive "Intercept i2", de la société américaine OraSure Technologies, qui a passé le marché avec la DG Organisation judiciaire du SPF Justice. Ce sont des kits pour la collecte d'échantillons de salive qui doivent être fournis, qui devraient pouvoir être utilisés par les agents de police lors de contrôles sur les routes. L'espoir est, du côté de Vias et du ministre de la Mobilité François Bellot, que le nouveau système permette des tests visant l'influence de la drogue au volant bien plus nombreux qu'actuellement.

A la suite d'un arrêté ministériel publié en juin, les laboratoires judiciaires qui souhaitent être agréés pour les analyses des échantillons de salive prélevés devaient encore se manifester et passer la procédure, pour que les structures agréées effectuent les analyses de manière uniforme et fiable.

Cela fait plusieurs années que des organisations de mobilité soulignent la lourdeur des tests sanguins et que l'on parle d'introduire des analyses salivaires qui suffiraient à prouver devant le tribunal de police un état de conduite sous l'influence de drogues. La situation actuelle veut que quand un conducteur contrôlé présente des signaux de probable usage de drogues, le policier qui lui fait face le soumet à un test salivaire rapide. "Par exemple si le policier sent une odeur de drogue dans l'habitacle, il va faire faire un test salivaire, qui indique si oui ou non le principal intéressé a consommé de la drogue. Si le test est positif, le policier doit, actuellement, poursuivre avec un prélévement sanguin, ce qui nécessite du personnel médical ou un déplacement jusqu'à un hôpital ou autre avec le conducteur suspecté", explique Benoit Godart, porte-parole de l'institut Vias.

La prise de sang doit confirmer la présence de drogues dans l'organisme du conducteur, en vue d'une sanction (par un tribunal). Le prélèvement sanguin rend la procédure assez lourde, ce qui limite dans les faits le nombre de contrôles, même si, selon les dires du porte-parole du ministre de la Justice Koen Geens, leur nombre a fortement augmenté ces dernières années. Ce dernier parle de 30.736 tests salivaires en 2018 pour 22.215 en 2014.

Selon les statistiques d'infractions routières, polices fédérale et locale ont constaté en 2017 un peu plus de 7.000 (7.071) infractions liées à la drogue sur les routes belges. Cela comprend la conduite sous l'influence de drogues ou le refus de se soumettre à un test, entre autres.

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