Koh Kut, l’île thaïlandaise où le silence devient un luxe

Située dans l’archipel de Trat, à l’extrême est du golfe de Thaïlande, Koh Kut – que l’on écrit aussi Koh Kood – fait partie de ces îles encore relativement préservées du tourisme de masse. Plages bordées de cocotiers, jungle dense, villages de pêcheurs et mer turquoise composent un décor presque intact, où l’on vient chercher avant tout le calme et la nature.

Le voyage depuis Koh Chang se fait rapidement. Une vedette rapide relie les deux îles en un peu plus d’une demi-heure. Le speed boat fend les eaux du golfe de Thaïlande avant d’approcher les côtes verdoyantes de Koh Kut. À l’arrivée, sur le petit ponton, un taxi partagé attend les voyageurs pour les conduire vers leurs hôtels, dispersés le long des baies de l’île.

J’avais choisi de séjourner au Koh Kood Club. Installé sur la petite plage d’Ao Jark, une baie discrète du sud-ouest de Koh Kut, bordée de cocotiers et ouverte sur une mer particulièrement calme, l’établissement propose une formule simple et agréable : de petits bungalows sur pilotis au style tropical ou des modules plus modernes disséminés dans un jardin luxuriant en bord de mer. L’ensemble reste à taille humaine et privilégie une atmosphère conviviale, ce qui contraste avec certains hôtels plus luxueux de l’île que l’on peut apercevoir au fil des promenades, parfois superbes mais aussi plus impersonnels.

La vie sur Koh Kut s’organise naturellement autour de la mer. Les plages y sont parmi les plus belles de Thaïlande : larges rubans de sable clair bordés de cocotiers, eau translucide et peu de constructions visibles depuis le rivage. En janvier, la mer oscille entre 28 et 30 degrés, offrant une baignade presque permanente. L’air lui-même reste très doux, dépassant rarement les 30 degrés à cette période.

Koh Kut est la cinquième plus grande île de Thaïlande, mais elle donne souvent l’impression d’être beaucoup plus sauvage que ses voisines. La jungle couvre encore une grande partie de son territoire et les routes restent peu nombreuses. On ne trouve ni grandes villes ni véritable vie nocturne : ici, le rythme est dicté par la mer et par la lumière du jour.

Pour découvrir l’île, le scooter reste le moyen de transport le plus pratique. En quelques kilomètres seulement, on passe d’une baie à une autre. Parmi les plages les plus connues figure Klong Chao Beach, longue étendue de sable bordée de palmiers où l’eau est particulièrement calme. Ao Tapao Beach offre un décor similaire, avec une mer d’un turquoise étonnant qui semble se confondre avec le ciel.

Les amateurs de nature peuvent aussi partir à la découverte de la cascade de Klong Chao, l’une des excursions les plus populaires de l’île. Une courte marche à travers la forêt tropicale mène à un bassin naturel où l’on peut se baigner à l’ombre des arbres. L’endroit attire aussi bien les voyageurs que les habitants, qui viennent y chercher un peu de fraîcheur pendant les heures les plus chaudes.

Autre détour intéressant : le village de pêcheurs d’Ao Salat, au nord de l’île. Les maisons de bois y sont construites sur pilotis au-dessus de l’eau, reliées par de petites passerelles. La vie y suit encore un rythme traditionnel, entre pêche, élevage de crevettes et petits commerces locaux.

Les excursions en mer font également partie des plaisirs de Koh Kut. Plusieurs bateaux partent vers les petites îles voisines pour des journées de snorkeling. Les eaux du parc marin abritent encore de nombreux récifs coralliens et une faune tropicale colorée, facilement observable avec un simple masque et un tuba.

Mais l’un des charmes les plus durables de Koh Kut reste sans doute son atmosphère. Le soir, lorsque le soleil disparaît derrière les palmiers, l’île retrouve un calme presque absolu. Les restaurants de bord de mer allument leurs lanternes et servent poissons grillés, currys parfumés et fruits tropicaux face à la mer.

Sur Koh Kut, les journées passent sans véritable programme : une baignade le matin, une promenade en scooter vers une nouvelle plage, une excursion dans la jungle ou un déjeuner dans un village de pêcheurs. Puis le retour au bord de l’eau au moment où la lumière devient plus douce.

Après six jours passés sur l’île, le voyage se termine par un retour vers Bangkok. Mais Koh Kut laisse un souvenir particulier : celui d’une île encore intacte, où le luxe ne tient pas à l’ostentation mais à la simplicité d’une plage, d’une mer chaude et du silence qui accompagne la fin de la journée.

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