À environ 300 kilomètres à l’est de Bangkok, Koh Chang déroule un autre visage de la Thaïlande : une île montagneuse largement couverte de forêt tropicale, où les plages s’ouvrent entre les cocotiers et où la mer, en janvier, reste presque aussi chaude qu’un bain. Plus tranquille que les grandes stations balnéaires du pays, elle se prête aussi bien au repos qu’aux excursions en bateau, aux balades en scooter et aux échappées dans la jungle.
Après quelques jours passés à Bangkok, le départ vers Koh Chang s’organise sans difficulté. Depuis le lobby de l’Ibis Riverside, une agence touristique permet de réserver un transfert porte à porte jusqu’au Mercure Koh Chang Hideaway, autre adresse du groupe Accor. Le trajet prend environ cinq à six heures depuis Bangkok jusqu’à l’île, selon la circulation et le temps d’attente au débarcadère. La traversée en ferry dure ensuite un peu plus d’une demi-heure, avant de poursuivre dans le même véhicule jusqu’à l’hôtel.
Ce voyage progressif a son charme. La route quitte peu à peu les échangeurs de la capitale pour gagner une Thaïlande plus horizontale, plus rurale, ponctuée de villages, de palmiers, de petites échoppes et de stations-service isolées. Puis vient le ferry, avec cette sensation familière des traversées vers les îles : l’horizon se rapproche, les reliefs se dessinent, la jungle apparaît avant même que l’on distingue les routes.
Le Mercure Koh Chang Hideaway, installé dans le secteur de Bai Lan Bay, revendique sa situation en bord de mer, sa plage privée et son atmosphère de resort tourné vers le repos. C’est bien ainsi qu’il se présente : un hôtel quatre étoiles à l’écart des zones les plus animées, bordé d’une végétation dense, avec piscine, accès direct à la plage et chambres ouvertes sur un décor plus végétal qu’urbain.
On vient ici, d’abord, pour ralentir. La plage privée n’a rien du front de mer tapageur. Elle est plus intime, ourlée de verdure, propice à ces journées où l’on passe sans effort du transat à la baignade. L’un des plaisirs de Koh Chang tient justement à cette mer exceptionnellement douce : en janvier, l’eau tourne autour de 28 degrés en moyenne, parfois davantage selon les jours. Durant ce séjour, elle donnait même parfois l’impression d’être plus chaude que l’air ambiant, qui ne dépassait guère les 30 degrés.
L’île mérite toutefois mieux qu’un simple tête-à-tête avec la plage. Koh Chang appartient au parc national marin de Mu Ko Chang, un ensemble d’îles et d’eaux protégées où la forêt tropicale couvre encore l’essentiel des reliefs. Près de 70 % de l’île restent couverts de forêt. C’est ce qui donne à Koh Chang son caractère : une île touristique, certes, mais qui conserve quelque chose de massif, de vert et de presque sauvage.
Parmi les excursions les plus accessibles figure la cascade de Klong Plu, la plus connue de l’île. On y accède après une courte marche sous les arbres, avec à l’arrivée un bassin naturel où l’on peut se baigner. C’est une sortie facile, presque évidente, pour qui veut troquer la plage contre une heure de jungle humide et d’ombre épaisse.
Autre détour conseillé : Bang Bao, au sud-ouest de l’île. Cet ancien village de pêcheurs construit sur pilotis garde un charme photogénique, avec sa longue jetée, ses maisons sur l’eau, ses petits restaurants de fruits de mer et ses départs d’excursions maritimes. C’est souvent de là que l’on embarque pour une journée de snorkeling vers les îlots voisins.
Car Koh Chang est aussi une base pour aller voir ailleurs. Autour d’elle s’éparpillent de nombreuses îles plus petites, et les sorties en bateau vers Koh Wai, Koh Mak ou les sites de plongée du parc marin comptent parmi les activités les plus prisées. Les eaux claires de la région permettent d’observer coraux, poissons tropicaux et une vie marine encore bien préservée.
Pour explorer l’île elle-même, le scooter reste le roi. Sur place, une petite agence installée à l’extérieur de l’hôtel, sur le parking, en loue et organise aussi les transferts. C’est elle qui peut préparer la suite du voyage vers Koh Kut ainsi que le retour final vers Bangkok. Sur les îles thaïlandaises, le scooter n’est pas un accessoire de vacances mais presque un langage commun : le moyen le plus simple pour rejoindre une plage plus calme, un point de vue, un restaurant isolé ou une cascade en fin d’après-midi.
Encore faut-il conduire avec prudence. Les routes de Koh Chang sont réputées pour leurs montées raides, leurs virages serrés et leurs portions parfois glissantes après la pluie. Mieux vaut y voir une liberté surveillée qu’une promenade anodine. L’île se découvre volontiers au rythme lent, sans chercher à tout voir en une journée.
C’est peut-être ce qui la distingue le plus. Koh Chang n’a ni la frénésie de Phuket ni la réputation mondaine d’autres destinations thaïlandaises. Elle offre autre chose : une transition. On y arrive pour se poser, pour retrouver un horizon, pour laisser le voyage s’élargir. La jungle tombe vers la mer, les soirées se rafraîchissent légèrement, les bateaux partent au matin, les scooters reviennent à la tombée du jour. Et l’on comprend, au bout de quelques jours, qu’une île peut encore donner l’impression rare de desserrer le temps.
La suite du voyage mène vers Koh Kut, plus au sud, plus discrète encore. Mais Koh Chang suffit déjà à installer le séjour dans une autre tonalité : celle d’une Thaïlande insulaire, chaude sans être écrasante, confortable sans être tapageuse, et assez généreuse pour mêler le repos, la route et la mer dans le même mouvement.
Lire aussi ;








