60% de financement forfaitaire des soins de santé n’est pas compatible avec le concept de médecine libérale (Dr Luc De Clercq)

Souvent, les médias grand public font passer à l’arrière-plan l’existence des élections médicales. Or, il ne faut pas sous-estimer leur importance.

Des choix très divers seront soumis à l’ensemble du corps médical dans le courant du mois de juin prochain.

Nos soins de santé comportent de plus en plus de soins pour les patients chroniques, qui souffrent souvent d’affections complexes et multiples, pour lesquelles ils ont aussi souvent besoin d’une prise en charge multidisciplinaire. L’intégration de l’e-Santé constitue bien sûr également un défi de taille.

L'Absym-Bvas, de longue date le plus grand syndicat représentatif des médecins, continue à croire que la médecine à l’acte pourra aussi continuer à apporter les bonnes réponses à ce nouveau contexte de soins, bien sûr à condition que des efforts soient consentis en permanence pour moderniser et adapter la nomenclature.

La base : une médecine à l’acte

Quasi inévitablement, il faut opter pour certaines situations spécifiques pour des « honoraires forfaitaires », ce qui est déjà le cas aujourd’hui. Mais l’essentiel du financement qui doit assurer des initiatives, de l’innovation, du dynamisme, une concurrence saine, de l’envie de travailler et bien plus encore, doit se retrouver largement dans une médecine à l’acte. Toutefois, là où c’est nécessaire, on ne peut bien sûr pas fermer les yeux sur certaines situations où la médecine à l’acte pourrait conduire à une surconsommation et il faut remédier à ces situations rapidement.

Le médecin comme figure centrale

Bvas-Absym continue aussi à s’impliquer fortement pour que le médecin soit la figure centrale dans le système de soins, en tant que point de contact empathique et professionnel direct pour le patient. C’est au médecin qu’il revient d’établir le diagnostic et le plan de traitement, en optant ici au maximum pour une approche multidisciplinaire.

National Health Service

Cette vision est en contraste criant avec la vision d’AADM, qui plaide de manière conséquente et répétée pour un financement forfaitaire global de 60% + 30% de financement à l’acte + 10% pour la qualité. De plus, il propose de devoir plutôt viser un financement de structures et de pratiques. Une telle forme de financement menace les soins de santé d’une réelle ‘erreur systémique’ et de nous diriger totalement vers un système comme le 'National Health Service'. Chez les initiés, les conséquences en sont bien connues…

Luc De Clercq, vice-président de l’ABSyM-BVAS

 

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