Si chaque 12 mai, date de naissance de Florence Nightingale au 19ème siècle, l’OMS et l’ONU demandent au monde entier de célébrer l’impact majeur de la profession infirmière sur la santé des populations, en Belgique, 2026 sera une année particulière.
A partir du 30 juin, les premiers assistants en soins infirmiers arrivent dans les hôpitaux, les maisons de repos et les soins à domicile. Une importante évolution législative avec la création de cette nouvelle fonction qui va avoir un impact sur le travail des médecins et des structures de soins qui ne s’en rendent pas encore vraiment compte. En effet, en Flandre à partir de fin juin, des assistants en soins infirmiers vont sortir des écoles. Elles et ils pourront travailler en Flandre, à Bruxelles et en Wallonie. (Pour rappel, du côté francophone, ils vont commencer la formation à l'année académique 2026-2027. Les premiers sortiront dans 3 ans.) Une arrivée dans un contexte de pénurie de personnel du côté francophone notamment.
Qui fait quoi ?
Pour rappel, un(e) assistant(e) en soins infirmiers en Belgique — dit aussi AESI — est un praticien de l'art infirmier qui peut agir de manière autonome dans des situations moins complexes. Dans des situations plus complexes, il travaille au sein d'une équipe de soins structurée en étroite collaboration avec l'infirmier responsable des soins généraux ou avec le médecin lorsqu'il n'y a pas d'infirmier responsable des soins généraux qui fait partie de l'équipe de soins. L'assistant en soins infirmiers agit dans le cadre de la prévention, du maintien et de la promotion de la santé en relation avec la qualité de vie. ( Qui fait quoi ? )
L'assistant en soins infirmiers est donc une fonction, entre l'aide-soignant et l'infirmier qui provient de la suppression du brevet en soins infirmiers. Malgré la suppression du brevet, la volonté des autorités était de maintenir une accessibilité à des professions soignantes pour des gens qui ne disposent pas de CESS.
Urgence d’informer les médecins
Aujourd’hui, sur le terrain, les médecins ne sont pas toujours au courant de cette révolution même s’ils n’auront pas le choix et devront de travailler avec eux. Surtout que ces assistants peuvent œuvrer de manière autonome à domicile.
Pour quels actes ? Tous les actes C ne peuvent pas être délégués parce qu’ils sont délégués des médecins aux infirmiers et pas des infirmiers à d'autres métiers. Toutefois, actuellement, il faut reconnaître que pour certains actes, la législation n’est pas claire sur ce que : l'assistant infirmier pourra faire ou pas. Un exemple : pourra-t-il mettre une perfusion pour autant qu'elle ne coule pas plus vite qu'un millilitre heure alors qu’il n'existe aucune perfusion qui coule à cette vitesse-là. Sur le terrain, suivant les services, l’intégration sera plus ou moins naturelle. Par exemple, en gériatrie, en revalidation, le travail pluridisciplinaire est institué. Par contre, pour les soins à domicile ou les services hautement techniques comme des soins intensifs des urgences ou de la chirurgie lourde, il faudra voir la confiance que les médecins voudront aussi leur donner… la confiance devra se construire entre les différents acteurs de terrain, sans oublier les besoins de communication et de réorganisation des pratiques.
Pour répondre à cette réalité, une évaluation avec une échelle précise de la définition de la complexité des soins va déterminer l'autonomie de ces assistants sur le terrain surtout dans le cadre des soins à domicile où il ou elle pourrait se retrouver seul(e ).
Cette échelle des soins complexes arrivera dans un an et demi pour aider les professionnels de la santé à la délégation des soins. L'Union Générale des Infirmiers de Belgique a accepté de financer cette étude. Pour rappel, à ce jour, il n’y a pas de définition des soins complexes, juste un avis du Conseil fédéral de l'art infirmier.
Indispensables pour lutter contre la pénurie : la qualité du travail
Sur le terrain, ces assistants sont indispensables pour lutter contre la pénurie. Du côté francophone, elle est majeure : jusqu’à 15 % en moins de densité d'infirmiers par rapport à la Flandre. Nous n’avons pas d'augmentation du nombre d’infirmiers restant en activité en Belgique alors qu’il existe une augmentation de l'espérance de vie, des comorbidités des patients. Dans le sud du pays, la situation va être catastrophique.
La seule manière de réduire cette progression de la pénurie est d’avoir aussi une sensibilisation des acteurs aux conditions de travail des infirmiers: les sociétés de soins à domicile, les hôpitaux, les médecins généralistes doivent être conscients qu’il faut améliorer les conditions de travail des infirmiers pour qu’ils restent en activité. Avoir une vraie collaboration et ne plus travailler avec un système pyramidal. En outre, il est très important que les hôpitaux ne soient pas tentés de remplacer les infirmiers par les assistants en soins infirmiers. Les études montrent bien que la qualité et la durée de la formation ont un impact sur la mortalité des patients.
Une bonne évolution
A terme, dans l’ensemble, cette évolution est positive pour l’ensemble du secteur. Avoir différents niveaux de de métier autour de l'infirmier représente une bonne avancée si le rôle de chacun est bien compris et déterminé. Cela permet d'aider vraiment l'infirmier, de maintenir un ascenseur social et intellectuel.








