Les changements climatiques entrainent, à long terme, des modifications phénologiques chez les végétaux, notamment une pollinisation plus précoce de certaines espèces. Prallèlement, on constate une augmentation de l’incidence des allergies polliniques ainsi qu’une aggravation de la sévérité des symptômes. En Belgique, environ 20 % de la population souffre d’allergies, dont une part significative est due aux allergies respiratoires, en particulier au pollen. La saison pollinique s’étend habituellement du début du printemps à la fin de l’été.
L’ambroisie à feuilles d’armoise (Ambrosia artemisiifolia) est une plante exotique envahissante originaire d’Amérique du Nord. Introduite en Europe au XIXe siècle via des marchandises contaminées, elle s’est d’abord implantée dans les régions à étés chauds, telles que le sud de la France et les plaines d’Europe centrale. Adventice des cultures de printemps, elle affecte négativement les rendements agricoles, générant ainsi des pertes économiques importantes.
Toutefois, c'est surtout son pollen qui représente une véritable menace pour la santé publique. Aujourd’hui, l’espère progresse vers nos régions et y est de plus en plus fréquemment observée.
En Wallonie, l'ambroisie est encore considérée comme une espèce émergente. Afin de freiner sa propagation, l’Observatoire Wallon des Ambroisies intervient dès que de nouvelles populations sont signalées, en vue de les contrôler et de les surveiller. C’est aujourd’hui plus de 100 foyers d’invasions qui sont visités chaque année, et les individus retrouvés sont systématiquement arrachés. Ces efforts sont justifiés lorsque l’on sait qu’en France, le coût annuel moyen de la prise en charge des allergies liées au pollen d’ambroisie est estimé à environ 120 millions d’euros.
Les fleurs mâles sont disposées en épis à l’extrémité des tiges et des rameaux. La pollinisation atteint un pic en septembre et chaque plante peut libérer plusieurs centaines de millions de grains de pollen par saison. De petite taille (18 à 22 µm) et de faible densité, ces grains de pollen sont facilement dispersés par le vent sur de longues distances.
Un enjeu pour la pratique clinique
Moins médiatisé, l’impact du changement climatique sur l’introduction et l’installation de nouvelles espèces végétales contribue également à aggraver le problème. L’ambroisie en est un exemple emblématique : son pollen est à la fois hautement allergénique (provoquant des symptômes chez les individus déjà sensibilisés) et fortement sensibilisant (capable d’induire une allergie chez des individus auparavant non allergiques).
Les allergies à l’ambroisie surviennent plus tardivement dans la saison — généralement entre la mi-août et septembre — que celles causées par la plupart des autres pollens. Elles prolongent ainsi la période d’exposition allergénique.
Les manifestations cliniques vont de la gêne respiratoire à l’asthme, en passant par des rhinites et des conjonctivites. Les patients sensibilisés présentent typiquement des éternuements, une congestion nasale, des œdèmes palpébraux, ainsi que des rougeurs et des démangeaisons oculaires.
Le pollen d’ambroisie contient deux allergènes majeurs, Amb a 1 et Amb a 2, qui appartiennent à la famille des pectate lyases. Ces allergènes possèdent des propriétés immunogènes et sensibilisantes distinctes, responsables de la réponse immunitaire exacerbée observée chez les patients allergiques.

Lutte contre l’ambroisie
À l’heure actuelle, l’ambroisie est encore peu présente en Wallonie, mais elle peut localement poser des problèmes notamment dans les zones où les populations de plantes sont denses. Il est donc crucial de collecter des données de terrain afin de localiser et maitriser ces foyers. En cas d’observation, il est recommandé de les signaler à l’Observatoire Wallon des Ambroisies via l’adresse e-mail suivante : owa@uliege.be. Ces signalements sont essentiels pour assurer une lutte efficace contre cette espèce et limiter ses impacts sanitaires.








