Un test sanguin pour réduire les CT-scans après traumatisme crânien (KCE)

Selon le Centre fédéral d’expertise des soins de santé (KCE), les hôpitaux belges recourent encore trop souvent au CT-scan chez les patients se présentant aux urgences avec un traumatisme crânien léger. Un test sanguin basé sur les biomarqueurs GFAP et UCH-L1 permet d’exclure de manière fiable une lésion cérébrale, mais uniquement en complément de l’évaluation clinique. Son intégration dans la pratique clinique en Belgique suppose l’adoption d’un algorithme clinique mais aussi un cadre de remboursement adapté.

Les chiffres montrent qu’environ 40.000 personnes sont victimes chaque année d’un traumatisme crânien en Belgique. Dans 70 à 90 % des cas, il ne s’agit pas d’une lésion cérébrale grave, mais, dans de rares situations, une atteinte sévère peut néanmoins être observée. Pour l’exclure, un CT-scan de la tête est généralement réalisé.

Ce scanner reste à ce stade la méthode la plus fiable pour exclure une lésion cérébrale, mais il engendre des coûts et augmente légèrement le risque de cancer en raison de l’exposition aux rayons X, souligne le KCE. C’est pourquoi l’examen n’est pas réalisé de manière systématique, la décision tenant compte notamment de l’âge ou de l’état de santé du patient ainsi que des circonstances de l’accident.

Des algorithmes cliniques permettent d’exclure 30 à 40 % des patients ne nécessitant pas de scanner, mais un groupe important subsiste. Afin de réduire ce groupe, le KCE recommande le recours à un test sanguin basé sur des biomarqueurs.

Une étude du KCE s’est penchée sur un nouveau produit reposant sur deux protéines, la GFAP et l’UCH-L1, qui présente notamment l’avantage de pouvoir être utilisé sur une période plus longue après l’accident. La littérature scientifique montre que le test manque très peu de lésions cérébrales, ce qui constitue son principal intérêt clinique. Les données indiquent qu’un résultat négatif est presque toujours correct. Sa spécificité reste en revanche limitée : un résultat positif peut être associé à une lésion intracrânienne mais aussi à d’autres situations, ce qui restreint sa capacité de confirmation diagnostique. Un CT-scan demeure dès lors nécessaire chez les patients présentant un test positif. Cette faible spécificité est particulièrement marquée dans certaines populations, notamment chez les patients âgés.

Au-delà des performances théoriques du test, l’étude met en évidence un décalage avec la pratique de terrain. Une enquête menée auprès des services d’urgence belges montre que les tests sanguins basés sur les biomarqueurs restent peu connus, suscitent une confiance limitée et sont peu utilisés en pratique. Ils ne sont actuellement pas remboursés par l’INAMI. La majorité des services d’urgence déclarent utiliser un ou plusieurs algorithmes cliniques pour guider l’indication d’un scanner, mais le recours à l’imagerie reste fréquent, avec des variations importantes entre hôpitaux, en particulier chez les patients adultes.

Plusieurs facteurs expliquent cette situation : la disponibilité rapide du scanner dans de nombreux services d’urgence, la sécurité diagnostique qu’il procure et son remboursement par l’assurance maladie, à la différence des tests de biomarqueurs.

Le KCE recommande dès lors, après une évaluation clinique adéquate, d’envisager la mesure de biomarqueurs sanguins (GFAP et UCH-L1, la protéine S100β constituant également une option) chez les adultes présentant un traumatisme crânien léger. Le centre d’expertise invite également le ministre de la Santé publique et les commissions concernées de l’INAMI à examiner la possibilité d’un remboursement de ces biomarqueurs.

Le KCE souligne enfin que l’impact du test dépendra de la prise en charge après un résultat négatif : « le patient est-il renvoyé à domicile, placé en observation ou un scanner est-il malgré tout réalisé par précaution ? », s’interroge le centre. Le KCE espère pouvoir évaluer à l’avenir la valeur ajoutée des tests sanguins dans la pratique.

> Découvrir la synthèse de l'étude

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Derniers commentaires

  • Jacques MAIRESSE

    30 janvier 2026

    Quel est le délai d'obtention du résultat du test? That's the question!