Le Dr Dominique Henrion, médecin généraliste et enseignant à l’UNamur, présente un nouvel indice de ruralité spécifique à la Wallonie, combinant densité de population, typologie urbaine et temps d’accès aux pôles d’activités. Cet outil interactif en open source vise à mieux planifier l’offre de soins dans les zones rurales et à guider les futurs généralistes dans leur choix d’installation.
La médecine générale en zone rurale fait face à des défis d’accessibilité et de pénurie de praticiens. Le Dr Dominique Henrion, médecin généraliste-enseignant et coordinateur du master de spécialisation en médecine générale à l’UNamur, revient sur sa réflexion et sa recherche en équipe au sein de l’université sur l’indice de ruralité pour mieux caractériser ces espaces en Wallonie : « Nous combinons trois indicateurs (la densité de population, la typologie urbaine et les temps de trajet jusqu’aux pôles d’activités). Cette méthodologie offre une vision fine des particularités locales influençant la pratique médicale. À présent, la combinaison de toutes les données nous permet de présenter un outil précieux pour la planification de la santé en zone rurale que les maîtres de stage, mais les futurs stagiaires aussi, peuvent tester en ligne »
L’indice de ruralité dynamique a donc vu le jour : « Il est en open source. Cet outil va permettre de poursuivre la sensibilisation de tous les acteurs à cette problématique et de favoriser, je l’espère, de nouvelles installations. »
Réponse aux besoins de santé
Il insiste sur un point important : « La définition même de ce qui constitue une zone rurale peut varier selon les méthodologies utilisées pour la cartographier, selon qu’on utilise l’artificialisation des sols ou la densité de population. Notre approche novatrice tenait à mettre sur pied un indice de ruralité spécifique à la Wallonie, combinant différents indicateurs pour mieux caractériser ces espaces et mieux répondre à leurs besoins en matière de santé. »
Avec une particularité, l’utilisation d’une échelle infra-communale pour une analyse fine des contrastes locaux. « Les résultats montrent une diversité importante au sein des espaces ruraux, mettant en évidence des différences significatives en termes de densité de population, de disponibilité des services et de temps d’accès aux pôles d’activités. »
Mieux choisir son lieu de stage
Pour lui, cet outil est indispensable pour « guider les assistants en formation dans leur choix d’installation, initier de futures réflexions. Par exemple, cette cartographie pourrait être superposée aux zones en pénurie et ne bénéficiant pas de médecin maître de stage à proximité. Ceci permettrait d’identifier des zones excessivement problématiques pour les médecins exerçant dans ces régions. En effet, ces zones cumulent différentes réalités : manque de médecin, absence de relève, ruralité intense et manque d’attractivité… Elles devraient faire l’objet d’une approche politique spécifique et orienter des budgets de soutien à certaines initiatives. »
Un exemple concret
Mais en quoi cet outil peut aider les maîtres de stage ? « Par exemple, je professe à Naninne, dans une petite partie du sud de la commune de Namur. Si je regarde le pixel dans lequel je me situe, j’observe que je suis dans un degré de ruralité bien plus important que la moyenne de ma commune. Cette carte nous permet d’avoir une approche beaucoup plus fine. »
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