Xavier Muschart aux médecins: « Qu’ils se syndiquent à l’ABSyM ou ailleurs, mais qu’ils agissent »

Depuis un mois, le Dr Xavier Muschart est le nouveau président de l’ABSyM Wallonie. Cardiologue et urgentiste de formation, issu d'une famille de médecins, il exerce actuellement dans la région de Namur. Il donne au Spécialiste et à Medi-Sphère sa première interview.

« L’ABSyM est le seul vrai syndicat qui se bat pour une médecine libérale en intégrant tant les généralistes que les spécialistes. Pour rappel, la médecine libérale est une profession intellectuelle exercée de manière indépendante et centrée sur la qualité des soins aux citoyens. »

Avec un agenda chargé, où un médecin trouve-t-il le temps de s’investir dans une telle fonction ? « Nous devons prendre nos responsabilités comme citoyens, comme médecins qui veulent faire partie prenante de la cogestion ou de la concertation au niveau de l'État. Si nous voulons changer le système, nous devons prendre notre destin en main et amener une nouvelle génération à la tête des syndicats. J'appelle les médecins à se poser la question : que représente le syndicalisme médical ? Je vais être très provocant : qu’ils se syndiquent à l’ABSyM (c’est mieux) ou ailleurs, mais qu’ils posent un acte pour défendre leur profession, préserver les acquis ou essayer de faire évoluer leur profession. »

Aujourd'hui, les médecins ne connaissent pas toujours bien le mode de fonctionnement de notre système de santé. « On ne peut pas leur reprocher, ce sont avant tout des cliniciens. Leur objectif est de soigner au mieux les patients. En outre, ils ne l’apprennent pas pendant leurs études... »

Une équipe de spécialistes et de généralistes

Les enjeux sont importants : la réforme de la gouvernance des hôpitaux, la question des honoraires, le paysage hospitalier, la pratique hors des murs de l’hôpital… « Aujourd’hui, il est essentiel pour un président de travailler en équipe avec des experts dans chaque domaine. Nous avons de tels talents tant chez les spécialistes que chez les généralistes : Elodie Brunel, Patrick Emonts, président fédéral, notre ancien président Luc Herry et tous les autres. »

La réforme du ministre Frank Vandenbroucke réclame toute son attention : « Il est en train de réinventer un système pour plusieurs dizaines d'années… il faut donc éviter les erreurs et une médecine d'État. Par exemple, une consultation intra-hospitalière n'équivaut pas à une consultation extra-hospitalière. Le ministre a encore des difficultés à l'entendre et à le comprendre. Focaliser uniquement sur les hôpitaux est une erreur stratégique. La réflexion doit être globale aussi au niveau des postes de garde de médecine générale et des réformes de l'aide médicale urgente. »

Les discussions avec les hôpitaux seront importantes : « Nous pourrons compter notamment sur le Dr Philippe Devos, directeur général de l'UNESSA. Je connais aussi très bien le monde des hôpitaux. »

Les honoraires : « Ne pas faire un accord par appartement »

Il entend aussi être très concerné par la réflexion sur le déconventionnement et les honoraires. « La "deadline" fixée par le ministre peut être respectée si le projet est correct et que l'on ne se retrouve pas avec une situation catastrophique tant pour les patients, les médecins, les hôpitaux, les polycliniques que les OA. Il faut être extrêmement attentif à l'opérationnalisation. La priorité sera de trouver un consensus au niveau du monde médical. Les règles du jeu doivent être clarifiées et mises par écrit. Il ne faudrait pas que l'on fasse un accord pour un appartement. Il faut avoir une vue globale. »

Il n’oubliera pas la première ligne : « À propos de la réforme actuelle avec le ministre Coppieters et l'AVIQ, nos représentants, avec une grande expertise, restent vigilants au niveau des postes de garde de médecine générale, de la question du 1733, mais aussi de la question des BIM. Pour les faux BIM, l'administration doit mener un travail afin d'aboutir à des solutions concrètes. »

Un numéro spécifique en cardiologie de prévention ?

Le domaine de la prévention est par ailleurs central dans sa démarche : « La prévention doit figurer en haut de nos priorités, y compris pour les spécialistes. Les médecins doivent se l'approprier ou se la réapproprier s'ils l'ont oubliée. » Même si cette médecine préventive rapporte peu à l’hôpital ? « Nous pourrions très bien faire une consultation de cardiologie uniquement centrée sur la prévention cardiovasculaire avec un numéro INAMI différent. Tout l'enjeu de la réforme de la nomenclature se trouve aussi à ce niveau. Il conviendra évidemment de tenir compte de cet impact sur les hôpitaux. »

Il compare cette approche à celle des urgences et du tri : « Si la première ligne est renforcée, les hôpitaux auront moins d’entrées via les urgences et cela aura un impact sur leur budget. Tous les acteurs et les autorités doivent être coresponsables. »

Enfin, il n’entend pas être un président hypermédiatisé : « Je préfère faire avancer les dossiers sur le fond.

Vous souhaitez commenter cet article ?

L'accès à la totalité des fonctionnalités est réservé aux professionnels de la santé.

Si vous êtes un professionnel de la santé vous devez vous connecter ou vous inscrire gratuitement sur notre site pour accéder à la totalité de notre contenu.
Si vous êtes journaliste ou si vous souhaitez nous informer écrivez-nous à redaction@rmnet.be.

Derniers commentaires

  • Louis De Cannière

    14 avril 2026

    quelle est la position de l'Absym vis à vis de la volonté du ministre Van Den Broeck de supprimer les conseils médicaux? LDC

  • Robin GUEBEN

    13 avril 2026

    Tant que le shunt assurantiel est toujours là et que la majorité est pour un contrôle de l'État quasi total du fait que c'est toujours celui qui détient la ressource qui décide tout, le pouvoir du syndicalisme restera limité. Si on ne remet pas le système libéral sur les rails paiement direct (tarifs en fonction économie) -> remboursement ... (en fonction des cotisations), ça ne servira à rien d'aller parler avec des enfants qui croient encore au communisme.