Un nouveau fonds pour financer l'avenir de la médecine générale

La médecine générale francophone se donne les moyens de penser à demain. Réunie récemment, l'assemblée générale du Centre de coordination francophone pour la formation en médecine générale (CCFFMG) a acté la création d'un fonds annuel de 300.000 euros, baptisé « Fonds futur MG ». Sa vocation, telle que la formule le document adopté par le conseil d'administration le 12 mai : « soutenir des recherches, des activités, des documents de référence, des outils qui concernent le futur de la médecine générale ».

Porté avec le Collège de médecine générale (CMG) et ses organisations membres, le fonds vise deux thématiques. La première est « le parcours de formation initiale des futurs médecins généralistes » : développement d'outils informatiques de soutien, sessions de formation pour les maîtres de stage, recherches sur les compétences à acquérir ou les méthodes pédagogiques, expériences d'innovation. La seconde est « la place et l'évolution de la médecine générale dans des politiques de santé », qu'il s'agisse de travaux de recherche ou des productions d'un groupe de travail interorganisations.

Deux formats coexistent : le projet court, de moins d'un an, et le projet structurel de recherche, calé sur un temps plus long. Une règle demeure, quel que soit le format : « le financement concerne des réalisations et travaux à venir. Il n'y a pas de financement rétroactif ».

D'où vient l'argent

Les ressources du CCFFMG proviennent à 55 % de l'Inami et à 45 % de la contribution des maîtres de stage. Mais le subside public est verrouillé : « L'intégralité du subside annuel accordé par l'Inami est utilisée pour payer la rémunération des assistants MG en formation, ce qui correspond au prescrit légal. » Il ne peut donc pas alimenter le fonds.

Reste l'autre moitié. Les maîtres de stage, écrit le centre, « génèrent des revenus grâce aux honoraires perçus pour les activités de leur assistant », et leurs contributions constituent « des fonds propres qui n'ont pas à être justifiés auprès des pouvoirs publics ». C'est là que le Fonds futur MG puise ses 300.000 euros. Le CCFFMG juge la somme « raisonnable » : un fonds dédié, décidé en assemblée générale, « qui peut adapter sa décision d'année en année, de manière souveraine ». En d’autres mots, l'avenir de la médecine générale sera financé par les honoraires que génèrent, aujourd'hui, ceux qui la pratiquent.

Le fonds ne part d'ailleurs pas d'une page blanche. Sur ses fonds propres, le centre soutient déjà quantité d'initiatives tournées vers l'avenir de la discipline : le financement et la maintenance d'applications comme MGTFE ou MG Recommandation, un plan de lutte contre la pénurie via les projets MG Proxi menés avec les cercles et l'aval de l'Inami, ou encore des recherches sur la rétention en médecine générale, la pénurie et les gardes. Ces soutiens, précise le document, ont été « décidés de manière participative et consensuelle » par les parties prenantes du centre : départements universitaires, maîtres de stage, assistants et organisations syndicales. Le « Fonds futur MG » ne crée donc pas cette pratique, il la structure, la rend transparente et lui fixe des règles du jeu.

Qui peut en profiter, et comment

Le guichet n'est pas ouvert à tous. Pour émarger, il faut être une organisation membre du CMG, qui fédère les universités, les cercles, les syndicats (ABSyM, GBO) et le banc scientifique (SSMG), et porter « un projet qui concerne largement et prioritairement la médecine générale en Belgique francophone ». Les consortiums sont non seulement permis, mais « souhaitables ».

La procédure, trimestrielle, sépare soigneusement les rôles pour éviter tout mélange des genres. Le comité d'avis du CMG évalue les projets et recommande, un comité scientifique, la CASU, juge la qualité des recherches, et c'est le conseil d'administration du CCFFMG qui décide de l'attribution. Le tout sous le signe d'une « séparation des fonctions entre l'évaluation des projets, les recommandations et les décisions de financement », avec récusation de quiconque serait juge et partie. Reste à voir quels projets la profession fera émerger, et si 300.000 euros par an suffiront à dessiner l'avenir qu'elle appelle.

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