Un médecin généraliste sur trois a plus de 65 ans

Un médecin généraliste belge sur trois en droit de prester a aujourd’hui 65 ans ou plus. Si l’arrivée de nouvelles générations contribue à faire baisser l’âge moyen de la profession, les données récentes de l’INAMI, du KCE et de l’AViQ montrent que le renouvellement des effectifs reste insuffisant dans plusieurs régions, en particulier dans les zones déjà confrontées à une pénurie de médecins.

En 2024, 6.077 médecins généralistes belges de 65 ans ou plus figuraient parmi les 18.749 en droit de prester, soit 32,4 %, l'équivalent d'un sur trois. À l'échelle de l'ensemble du corps médical, toutes spécialités confondues, la proportion atteint 26,4 % (14.794 médecins sur 56.001), en léger recul par rapport au pic de 29,4 % enregistré fin 2022 grâce à l'afflux soutenu de jeunes diplômés. Pour les seuls généralistes wallons, le cadastre de l'AViQ de février 2026 dresse la photographie la plus précise disponible : 19,2 % des 3.813 MG actifs ont 65 ans ou plus, soit 730 médecins. Parmi eux, 326 ont déjà 70 ans ou plus, et 633 devront être remplacés dans les cinq prochaines années.

À l'échelle nationale, la proportion de médecins actifs de 55 ans et plus était de 43,3 % en 2020, selon les données de l'OCDE reprises par le KCE. Pour les seuls généralistes, le KCE recense, en 2021, une proportion de 44,6 % de MG âgés de 55 ans et plus. Exprimée en équivalents temps plein (ETP), cette proportion est de 38,6 %, avec un écart régional persistant : 41,7 % en Communauté française contre 36,3 % en Communauté flamande.

La Belgique reste dans le mauvais peloton européen : avec 43,3 % de médecins de 55 ans et plus en 2020, elle dépasse la moyenne de l'UE-14 (35,1 %) et de l'UE-27 (37,4 %).

Le rapport INAMI 2024, publié en 2026, sur les médecins généralistes (Health Professionals Report) confirme la même tendance en ETP : 18 % de l'activité totale des MG est assurée par des praticiens de 65 ans et plus, contre 9 % en 2013, soit un doublement en dix ans. L'âge moyen des généralistes a, en revanche, significativement baissé : il est passé de 52,1 à 47,6 ans du côté francophone (en ETP) et de 50,8 à 47,9 ans du côté néerlandophone. Ce rajeunissement en ETP confirme que les jeunes médecins, même s'ils représentent une part croissante des effectifs, travaillent en moyenne moins d'heures que leurs aînés.

Ce relatif rajeunissement tient à l'afflux de nouvelles générations de médecins. La part des sortants de faculté choisissant la médecine générale est passée de 26,3 % en 2011 à 38,3 % en 2021, avec un effet plus marqué du côté francophone (40,7 %) que du côté néerlandophone (35,9 %). Mais une partie de ces jeunes médecins quittent les soins curatifs dans les dix ans suivant l'obtention de leur diplôme, et la nouvelle génération travaille en moyenne moins d'ETP que ses aînés. Si le nombre de MG en activité devrait progresser de 4,3 % entre 2021 et 2026, selon les projections de la Commission de planification, le nombre d'ETP actifs devrait, en revanche, baisser de 7,6 % sur la même période.

En Wallonie, l'âge moyen recule, mais le défi du remplacement s'accélère

Le cadastre wallon de l'AViQ offre la photographie la plus précise disponible à ce jour. Le nombre de MG actifs en Wallonie a progressé de 10 % depuis 2016, passant de 3.467 à 3.813, mais la progression en ETP est bien plus modeste : +6 % seulement. L'âge moyen des généralistes wallons est passé de 52,9 ans en 2016 à 47,4 ans en 2024. Ce rajeunissement réel est porté par une forte vague d'installations féminines (68 % des nouvelles installations entre 2016 et 2024).

Cela n'efface pas pour autant la pression sur les remplacements. L'âge moyen de départ à la retraite des généralistes wallons est de 69 ans, soit deux à quatre ans après l'âge légal. Parmi les 730 médecins de 65 ans et plus encore en activité, 326 ont déjà 70 ans ou plus. L'AViQ estime à 795 le nombre total de médecins nécessaires en Wallonie au cours des cinq prochaines années pour combler à la fois les déficits dans les communes en pénurie et les départs attendus.

Le problème est que les installations ne suivent pas là où elles sont le plus nécessaires. Dans les communes nouvellement entrées en pénurie, le taux de remplacement des départs n'est que de 52 %. Dans les communes qui n'ont jamais été en pénurie, il atteint 105 %. Parmi les jeunes médecins de moins de 30 ans, la proportion de ceux qui s'installent dans une commune en pénurie est passée de 37,8 % en 2017 à 16 % en 2024, et tombe à moins de 9 % dans les communes en pénurie sévère.

Lire aussi : Où trouve-t-on le plus de généralistes actifs après 65 ans? 

  • Source : AViQ, cadastre des MG actifs en Wallonie 2016-2024 (février 2026) ; Inami, tableaux 2
    des statistiques annuelles 2020-2024 ; Inami, Health Professionals Report 2024 - Médecins
    généralistes (www.belgiqueenbonnesante.be) ; KCE, rapport 2024 sur la performance du système
    de santé

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Derniers commentaires

  • Luc HERRY

    02 juin 2026

    Dr Herry
    Votre titre est trompeur, comme les journalistes de la presse quotidienne, car il n'y a pas 18.749 médecins en activité, le nombre de médecins actif est 13.000. Certains médecins pensionnés font encore ca et là un acte, et seulement 1.000 à 1.500 travaillent et soulagent les jeunes par des temps de travail réduits. Bien sûr, les jeunes travaillent moins d'heures dans le curatif que leurs aînés. A qui la faute, à la non revalorisation du métier de généraliste et aux décisions ministérielles, qui font fuir une bonne partie de nos jeunes confrères.

  • Raymond Moriaux

    01 juin 2026

    Il y a 40 ans, un généraliste sur 3 avait moins de 35 ans. Le Journal du Médecin titrait "ne dites pas à ma mère que je suis généraliste, elle croit que je travaille...".

  • Robin GUEBEN

    01 juin 2026

    Quel scoop dis donc. L'oligarchie syndicale de gauche met le système en souffrance par chantage de refinancement de la concierge médecine ambulatoire ; l'oligarchie syndicale de droite met le système en souffrance pour justifier une centralisation hospitalière et un refinancement de la médecine structurelle. Tous veulent un refinancement-refinancement-refinancement... Les bulles financières de rente d'État sont impossibles à pénétrer pour les jeunes, les bases tarifaires sont létales pour les professions médicales libres. On demande pas un refinancement, on demande d'appliquer nos prix justes et d'arrêter d'être taxés sur absolument tout.

    Je ne peux plus attendre de voir le massacre de 2030-2031 et l'État de dire à tous les petits nouveaux : "c'est de votre faute si vous ratez, vous n'appliquez pas le bon socialisme".