L’Union Belge des Prestataires de Soins (UBPS) soutient la proposition du MR visant à revoir l’octroi automatique du statut BIM et plaide pour une révision du tiers payant généralisé. Dans un communiqué diffusé jeudi, l’organisation appelle à mieux cibler les patients précarisés et à limiter le recours au tiers payant pour les consultations de première ligne.
L’UBPS estime que le système actuel ne correspond plus au fonctionnement du secteur, dans un contexte où les attestations de soins sont majoritairement électroniques et où les remboursements sont traités rapidement. Elle considère dès lors que le tiers payant systématique pour les consultations doit être réexaminé.
Si la généralisation de la vérification de l’identité via la carte eID constitue, selon elle, « une avancée en matière de sécurisation du système », l’organisation souligne que cette mesure ne permettra pas à elle seule de contenir les abus. Elle relève que le dispositif ne permet ni de garantir la réalité des prestations effectuées, ni d’empêcher certaines dérives, comme la multiplication de consultations non justifiées ou le « shopping médical ».
Au-delà des aspects techniques, l’UBPS met en cause le fonctionnement même du système, estimant que « la fraude et les dérives relèvent également d’incitants systémiques que seule une réforme plus globale peut corriger ».
Dans ce contexte, l’organisation plaide pour la suppression du tiers payant systématique pour les consultations, tout en maintenant ce mécanisme pour les actes plus lourds ainsi que pour les patients réellement précarisés. Elle défend un modèle reposant sur le paiement direct par le patient, suivi d’un remboursement rapide.
Selon l’UBPS, la faible participation financière du patient modifie le rapport à la consultation: « lorsque le patient ne débourse que quelques euros, voire rien du tout, la consultation médicale perd en perception de valeur ». Cette situation favoriserait des comportements non indispensables et contribuerait à accentuer la pression sur les agendas des prestataires.
L’organisation insiste toutefois sur la nécessité de préserver l’accessibilité des soins pour les publics vulnérables, ce qui suppose une réforme des critères d’octroi du BIM afin qu’il bénéficie « prioritairement à ceux qui en ont réellement besoin ».
Une telle évolution permettrait également, selon elle, de réduire la charge administrative pesant sur les praticiens, de limiter certains abus et d’améliorer la transparence des flux financiers.
Enfin, l’UBPS relève que certains prestataires restent confrontés à des retards de paiement de la part de certaines mutualités, « pouvant atteindre plusieurs mois », une situation qui fragilise l’équilibre financier des cabinets.
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