Alors que se tient aujourd’hui le concours d’entrée en médecine du côté francophone et que la ministre de l’Enseignement annonce une enquête après le scandale de fraudes à l’ IA survenu lors de l’examen d'ntrée organisé en Flandre, le président du Cartel, Thomas Gevaert, appelle à la suppression pure et simple de cette épreuve. Selon lui, elle ne sélectionne pas les meilleurs futurs médecins mais uniquement ceux qui excellent dans les matières exactes, et elle devient de plus en plus vulnérable à la fraude.
« Pour moi, cet examen peut être aboli », déclare Gevaert. « C’est une sélection sur la base des sciences exactes, pas sur la capacité à devenir un bon médecin. » Ancien candidat de la toute première édition de l’examen, il se souvient : « Pour nous, c’était une version sophistiquée d’un test de QI. Je n’ai jamais compris pourquoi l’accent était si fort mis sur les mathématiques et les sciences, comme si c’étaient les seules compétences utiles pour exercer la médecine. »
Il estime que le principe même de l’examen de l’examen est erronée. « La médecine requiert une diversité de compétences, qui varient selon les disciplines. La cardiologie ne demande pas les mêmes aptitudes que la médecine générale, la psychiatrie ou la gériatrie. Mais l’examen reste enfermé dans une approche étroite. »
Pour le président du Cartel, l’idée que ce système produirait de « meilleurs » médecins est un mythe.
Il pointe aussi un effet pervers en termes d’équité sociale. « Les familles aisées envoient leurs enfants à des cours de préparation coûteux. Cela crée un système à deux vitesses : d’un côté, ceux qui se préparent pendant des mois avec des coachs privés ; de l’autre, ceux qui tentent leur chance sans aide. Beaucoup de jeunes sacrifient leur dernière année de secondaire à des cours particuliers. »
La polémique récente sur l’usage de ChatGPT en Flandre par certains candidats a renforcé ses inquiétudes. « Avec la montée de l’IA, cet examen devient de plus en plus vulnérable à la fraude », alerte-t-il. ( ndlr : en Flandre les examens sont décentralisés et se passent sur un ordinateur)
Au-delà du concours, il évoque la réalité sur le terrain : les listes d’attente, la barrière linguistique de certains médecins, les jeunes praticiens qui réduisent leur temps de travail ou quittent la profession. « On appelle à des solutions, mais dans le même temps on empêche une partie de nos jeunes d’accéder aux études », observe-t-il.
Pour lui, il est temps de laisser le marché réguler l’offre. « Laissons jouer la loi de l’offre et de la demande. Pourquoi rester prisonniers d’usines à gaz bureaucratiques comme l’examen d’entrée et les commissions de planification ? »
Il reconnaît toutefois que la question du coût pour la sécurité sociale demeure. « C’est le seul argument que je comprends un peu. Mais même celui-ci est fragilisé. Avec la libre circulation au sein de l’Union européenne, des médecins étrangers arrivent déjà. Si on veut vraiment maîtriser les dépenses, il faut agir sur les modalités de remboursement et surveiller les coûts pour les ajuster. »
En conclusion, Thomas Gevaert plaide pour un équilibre différent : « Je ne crois pas en un État qui régule tout dans le détail. Je crois en un mélange sain entre intervention publique et dynamique du marché. L’examen d’entrée perturbe cet équilibre. »
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Derniers commentaires
Jean-Pol BEAUTHIER
30 aout 2025Absolument d’accord ! D’autant plus qu’il n’y a aucune statistique valable depuis des années du nombre de médecins réellement praticiens sur le terrain ! Donc cadenasser les futurs étudiants au départ est une absurdité supplémentaire
Francois Planchon
29 aout 2025Très bien exprimé ! J'ajoute que, m'étant testé sur l'examen 2024, je suis scandalisé : il est anormal que des questions soient posées sur des connaissances qui ne font PAS partie des matières enseignées en humanités... et qui vont au-delà du contenu des cours. Ce n'est pas admissible...
Catherine LEENS
28 aout 2025Tout à fait d'accord!