Standing ovation pour le Dr Ri De Ridder

Après avoir passé douze ans à la tête du Service Soins de Santé de l’Inami, et pour fêter son départ à la retraite, l’Inami lui avait concocté un symposium d’au revoir vendredi dernier, auquel étaient conviés ses collaborateurs les plus proches, mais aussi de nombreuses personnes qu’il a pu côtoyer pendant sa carrière, comme les grandes figures des syndicats médicaux, des mutuelles, des fédérations hospitalières ou encore d’anciens cabinettards.

Accueillis personnellement par messieurs Jo De Cock et Bert Winnen, les invités étaient nombreux à se serrer pour entrer dans une salle bien remplie. Après un retour sur une carrière bien remplie par Jo De Cock et Mggie De Bock, ce sont alors des orateurs de renom qui se sont succédé pour évoquer l’avenir des soins de santé : Christian Leonard, directeur du KCE Edgard Eeckman, manager de la communication de l’UZ Brussel, le Pr Yvonne Denier, sociologue à la KU Leuven, le Pr Michel Goldman de l’ULB, et enfin, le ministre d’Etat Frank Vandenbroucke, mentor de Ri De Ridder, ou vice-versa, selon leurs propres dires.

Ce beau symposium s’est clôturé par le discours de Ri De Ridder, lui-même, médecin généraliste dans l'âme, fervent défenseur des maisons médicales, qui a introduit le concept de forfait dans les soins au début de sa carrière et qui la termine également avec l'esquisse de nouveaux forfaits pour les soins hospitaliers de demain. Lui qui a écrit tant de discours, tant de pages du Moniteur belge et tant de pages de l’histoire des soins de santé de notre pays.

« Il nous est difficile d’adapter le système des soins de santé à un certain nombre de défis. Et apparemment, développer une vision d’avenir pour l’assurance-maladie qui soutient ces adaptations est une question extrêmement difficile », relevait le jeune pensionné.

« Notre assurance-maladie et nos soins de santé sont un exemple d’un système très complexe, avec de nombreuses interactions. En fait, nous savons très bien que le système actuel doit changer et quelles doivent en être les grandes lignes ».

Aujourd’hui, libéré de sa casquette, il a pu s’exprimer librement par rapport à son sentiment sur la situation actuelle, toujours tourné vers demain : « J'ai l'impression que malgré les pas incrémentaux  - autant indispensables, comme par exemple l’e-santé -  que nous franchissons, nous restons de plus en plus à la traîne par rapport à d’autres pays et même que, paradoxalement, le système a tendance à plutôt bétonner un statuquo. Un regard critique à ce propos me semble nécessaire avant  d’entamer l’exercice sur une vision d'avenir ».

Et de lancer des pistes pour une vision d’avenir, basées sur ses convictions sociales les plus profondes : « Les changements ne se produisent pas uniquement sur prescription ou grâce à des idées académiques. Ils doivent être fondés sur une vision cohérente et sur un engagement politique et social et être ancrés dans de nouvelles pratiques. Pour ce faire, il faut créer de la marge d’expérimentation et de changement. Cela exige un leadership visionnaire, par exemple  inspiré du rapport  « Fair Society, Healthy Lives », de Sir Michael Marmot, et de notre propre Livre blanc, que nous avions rédigé avec Médecins du Monde, pour placer bien plus haut dans l'agenda politique l'élimination des inégalités persistantes en matière de santé ».

Et voici le message qu’il a souhaité laisser à son successeur : « Faites toujours en sorte de pouvoir regarder les citoyens, les assurés, dans les yeux, même si vous n'avez pas de réponse à leurs questions. Restez ouverte ou ouvert à leurs préoccupations. Aussi pour les Viktors et Maithilis et leur parents ».

« Restez à l'affût des évolutions qui méritent votre indignation - comme le récent avis écrit noir sur blanc d'un médecin dans un hôpital public bruxellois : ‘Vous ne serez pas reçu si vous dépendez d'un CPAS/d'une maison médicale’ ».

« Voyez l'avenir comme un défi.  N'ayez crainte de penser à d'autres systèmes. Laissez la possibilité à votre équipe de développer des idées complètement nouvelles. Vos collaborateurs en ont plein. Laissez-vous défier par l'inconnu, explorez-le et retenez-en ce qui a de la valeur. Optez inconditionnellement pour la collaboration, comme Christiaan De Coster l'a si fortement recommandé lors de son départ à la retraite. Le redesign offre de grandes opportunités », a conclu l’ancien patron du Service Soins de Santé de l’Inami.

Au terme de ce symposium, le Dr De Ridder a pu compter sur une standing ovation et des marques de reconnaissance unanimes de ses qualités mises au profit de la construction des soins de santé de notre pays, tant de ses partisans, que de ceux qui n’étaient pas du même camp politique, ou qui n’ont pas toujours été d’accord avec ses décisions ou ses opinions.

Vous souhaitez commenter cet article ?

L'accès à la totalité des fonctionnalités est réservé aux professionnels de la santé.

Si vous êtes un professionnel de la santé vous devez vous connecter ou vous inscrire gratuitement sur notre site pour accéder à la totalité de notre contenu.
Si vous êtes un patient interessé par des informations médicales validées, consultez notre site grand public www.vivasante.be.
Si vous êtes journaliste ou si vous souhaitez nous informer écrivez-nous à redaction@rmnet.be.