La question des discriminations dans la prise en charge médicale a été soulevée au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles lors d’une interpellation récente de la députée MR Françoise Schepmans. Elle a évoqué l’existence de pratiques différenciées dans les services de soins, parfois désignées sous le terme de « syndrome méditerranéen », et plus largement des situations relevant, selon elle, d’une forme de racisme médical.
La députée a rappelé que plusieurs études montrent que des patients issus de minorités sont moins bien écoutés ou pris en charge dans certains contextes de soins, en particulier aux urgences. Elle a interrogé le gouvernement sur la manière dont l’exigence d’égalité de traitement, rappelée dans le serment d’Hippocrate, est effectivement intégrée dans les politiques publiques relevant de la santé. Françoise Schepmans a également souligné que la Fédération Wallonie-Bruxelles affirme de longue date son attachement à une médecine humaniste, éthique et égalitaire, et qu’elle a inscrit des objectifs de sensibilisation dans son Plan de lutte contre le racisme 2023-2026.
Le ministre de la Santé, Yves Coppieters, a assuré prendre cette question « très au sérieux », en s’exprimant à la fois comme responsable politique et comme médecin. Il a réaffirmé l’attachement de la Fédération Wallonie-Bruxelles à « la pratique d’une médecine éthique, humaniste et non discriminatoire », rappelant que le serment d’Hippocrate impose de prodiguer les soins « dans une égalité absolue ». De tels faits, a-t-il estimé, heurtent non seulement les valeurs fondamentales de la médecine, mais aussi celles de la société.
Même lorsque certaines situations ne relèvent pas directement des compétences de la Fédération Wallonie-Bruxelles, ces événements rappellent, selon le ministre, la nécessité de combattre avec détermination les discriminations dans l’accès aux soins médicaux, des discriminations qui « restent malheureusement d’actualité ».
Yves Coppieters a insisté sur le rôle central de la formation initiale des professionnels de la santé. Les universités, a-t-il expliqué, veillent à intégrer pleinement les dimensions psychologique, culturelle et sociale du soin dans les cursus, en considérant chaque patient dans sa singularité. Fort de son expérience dans les facultés de médecine, il a assuré que les choses ont « fortement évolué ces dernières années », avec des enseignements abordant les dimensions sociétales de la santé et des pathologies présentées indépendamment de toute considération de race ou d’ethnie. Ces aspects sont, selon lui, particulièrement présents dans la formation en médecine générale.
Le ministre a également évoqué l’évolution de la prise en charge de la douleur, qui a connu ces dernières années une professionnalisation importante. L’ensemble des établissements hospitaliers disposent désormais de structures spécialisées, tandis que des référents douleur sont présents dans les unités de soins. La prise en compte de la douleur repose aujourd’hui sur une écoute plus systématique du ressenti des patients, notamment à l’aide d’échelles numériques ou visuelles analogiques, des outils désormais intégrés aux enseignements théoriques et pratiques des études de médecine.








