Qui sont les généralistes actifs en Wallonie ? Tous les chiffres du nouveau cadastre de l'AVIQ

Le nombre de médecins généralistes actifs en Wallonie a progressé de 10% depuis 2016, selon le nouveau cadastre publié par l’AVIQ. Rajeunissement marqué, féminisation accrue, participation stable à la garde, installations concentrées hors des zones en pénurie : le document dresse un portrait détaillé des 3 813 généralistes aujourd’hui en activité et met en lumière les défis de remplacement à court terme.

Au 31 décembre 2024, 3 813 médecins généralistes étaient actifs en Wallonie, soit 346 de plus qu’en 2016 (+10%). En équivalents temps plein (ETP), la progression est plus modérée : +175 ETP sur la période (+6%). Un ETP correspond à dix demi-journées de pratique hebdomadaire.

Le Brabant wallon enregistre la plus forte croissance (+24% de médecins), tandis que la province de Luxembourg est la seule à connaître un recul, avec 18 médecins de moins qu’en 2016 et une baisse de 21% des ETP. Sa densité médicale chute à 84,4 médecins pour 100 000 habitants en 2024, passant sous le seuil de 90 médecins, contre 95,2 en 2016.

132 communes toujours en pénurie

Le nombre total de communes en pénurie est passé de 151 en 2016 à 132 en 2024. En revanche, le nombre de communes en pénurie sévère reste stable à 53 sur la période.

Sur les 252 communes wallonnes, 196 ont été reconnues en pénurie au moins une fois depuis 2016. Seules 56 communes (22%) n’ont jamais connu de pénurie. À l’inverse, 105 communes (42%) étaient déjà en pénurie en 2016 et le sont toujours en 2024.

La situation s’est améliorée en Brabant wallon (de 59% à 33% de communes en pénurie) et dans le Hainaut (de 58% à 48%). Elle s’est en revanche détériorée en province de Luxembourg, où 91% des communes sont aujourd’hui en pénurie, contre 86% en 2016.

Un rajeunissement réel, mais 730 médecins de 65 ans et plus

L’âge moyen des médecins généralistes est passé de 52,9 ans en 2016 à 47,4 ans en 2024. Le ratio des moins de 35 ans par rapport aux 55 ans et plus a fortement progressé, atteignant 88,4 en 2024 contre 22 en 2016.

Ce rajeunissement doit toutefois être relativisé. Au 31 décembre 2024, 730 médecins ont 65 ans ou plus, soit 19,2% des effectifs. Dans le Hainaut et en province de Liège, la proportion dépasse 19%.

L’âge moyen de départ à la retraite est de 69 ans. Selon les estimations de l’AVIQ, il faudra remplacer 633 médecins de plus de 65 ans au cours des cinq prochaines années, dont 326 déjà âgés de 70 ans et plus.

Des installations insuffisantes dans les zones en pénurie

Entre 2016 et 2024, 1 636 nouvelles installations ont été enregistrées, dont 1 102 médecins de moins de 30 ans (67%). Les femmes représentent 68% des nouveaux installés.

Mais ces installations ne compensent pas partout les cessations d’activité (1 473 sur la période). Dans les communes nouvellement entrées en pénurie, le taux de remplacement des départs n’est que de 52%. À l’inverse, dans les communes jamais en pénurie, le niveau de remplacement atteint 105%.

Parmi les jeunes médecins de moins de 30 ans, la proportion de ceux qui s’installent dans une commune en pénurie est passée de 37,8% en 2017 à 16% en 2024. Pour les communes en pénurie sévère, cette proportion oscille entre 2,3% et 8,7% selon les années.

Un besoin estimé à 795 médecins

Pour atteindre une densité minimale de 90 médecins généralistes pour 100 000 habitants dans chaque commune, il faudrait 162 médecins supplémentaires. En ajoutant les besoins de remplacement liés aux départs attendus, le total des besoins est estimé à 795 médecins pour les cinq prochaines années.

Les besoins les plus importants concernent le Hainaut (322 médecins) et la province de Liège (234), mais la province de Luxembourg cumule déficit structurel et poids élevé de médecins âgés.

Dans sa conclusion, l’AVIQ souligne que le nombre de communes en pénurie a globalement diminué depuis 2016, mais que ce n’est malheureusement pas le cas en province de Luxembourg où la situation reste critique dans la majorité des communes. Elle rappelle également que, malgré l’augmentation du nombre de médecins actifs, les nouvelles installations ne permettent pas encore de combler à la fois les déficits dans les communes en pénurie et les besoins de remplacement des médecins qui cessent leur activité.

Le cadastre, mis à jour annuellement sur base des données transmises par les cercles de médecins généralistes, constitue désormais un outil central pour l’octroi des primes Impulséo, fixées à 20 000 euros en zone en pénurie et 25 000 euros en pénurie sévère.

> Découvrez l'intégralité du cadastre 

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Derniers commentaires

  • Patrick Sauveur

    23 février 2026

    L'étude est biaisée par le fait que l'aviq compte 1 medecin pour un équivalent temps plein alors que la situation est bien différente avec des participations horaires à donner des cours, à prester de la médecine carcérale, de la médecine scolaire (à presque temps plein pour certains), à travailler en centre d'aide aux sans logis, aux toxicomanes, à l'ONE, en médecine esthétique,... Toutes ces heures n'existent pas selon l'étude de l'aviq !!!!
    La pénurie est donc bien réelle et la relève n'est pas pour autant 10/10 en médecine générale !

  • Etienne PONCELET

    23 février 2026

    Le nombre de médecins est une chose , mais le nombre d'heures de consultation est la seule donnée a analyser car la jeune génération ( a juste titre) ne travaille plus 80 heures semaine