Le stress lié au travail occupe une place croissante dans les consultations de première ligne. Pour aider les médecins généralistes et les psychologues à mieux accompagner ces patients, l'Inami a expérimenté pendant huit mois plusieurs outils de formation et de collaboration dans trois régions pilotes. L'expérience doit désormais déboucher sur des mesures de suivi.
L'Institut national d'assurance maladie-invalidité (Inami) a dressé le bilan d'un projet pilote destiné à mieux accompagner les patients souffrant de problèmes psychiques liés au travail. Menée de septembre 2025 à avril 2026 dans trois régions pilotes, l'initiative a permis de tester, dans le cadre de la convention des soins de psychologie de première ligne (PPL), plusieurs outils visant à soutenir les médecins généralistes et les psychologues de première ligne et à renforcer leur collaboration autour de cette problématique. Le projet s'inscrit dans le plan fédéral stratégique et d'action « Bien-être mental au travail » (BEMAT).
L'Inami rappelle que le travail constitue un facteur important de bien-être et de qualité de vie, mais peut également être à l'origine de stress, d'épuisement professionnel et d'autres troubles psychiques. Les médecins généralistes et les psychologues de première ligne sont souvent les premiers professionnels consultés par les personnes confrontées à ces difficultés.
Le projet est né du constat que, dans le cadre de la convention des soins de psychologie de première ligne, la dimension du travail et des difficultés qui y sont liées reste encore relativement peu développée. Les participants ont dès lors été invités à réfléchir à des pistes permettant d'intégrer plus structurellement cette thématique dans les pratiques de première ligne, notamment par le partage d'expériences et l'identification de bonnes pratiques.
L'initiative intervient dans un contexte marqué par une progression continue des incapacités de travail liées à des troubles psychiques. En 2025, 38,28 % des personnes en incapacité de travail de longue durée l'étaient pour un problème psychique. Parmi elles, 70,39 % souffraient d'une dépression ou d'un burn-out. Entre 2021 et 2025, le nombre de personnes en invalidité pour des troubles psychiques ou comportementaux a augmenté de 24,8 %, tandis que les invalidités liées à la dépression ou au burn-out ont progressé de 32 %.
Trois outils testés
Le projet pilote reposait sur trois dispositifs complémentaires.
Une cellule de référence « Stress et Travail » a été créée dans chacune des trois régions pilotes. Constituée d'un médecin généraliste et d'un psychologue de première ligne, elle avait pour mission d'apporter une expertise et des conseils aux prestataires confrontés à des patients souffrant de stress lié au travail.
L'Inami a également développé un module d'information consacré au stress, au travail et à la réintégration professionnelle. Présenté sous la forme d'un webinaire enregistré, ce support rassemble des informations sur les possibilités d'accompagnement, de soutien et d'orientation des patients.
Enfin, des séances d'intervision multidisciplinaires ont réuni médecins généralistes, psychologues de première ligne, médecins du travail, médecins-conseils, conseillers en prévention aspects psychosociaux (CPAP), coordinateurs Retour au travail (REAT) et coachs de carrière. Ces rencontres avaient pour objectif de favoriser les échanges de connaissances, de renforcer la collaboration entre les différents intervenants et de traduire dans la pratique les enseignements du module d'information.
Trois régions pilotes
Le projet a été déployé dans le Brabant flamand Est, à Bruxelles et dans la région de Liège entre septembre 2025 et avril 2026.
Au total, 69 professionnels de première ligne ont participé à l'initiative, dont 24 médecins généralistes et 45 psychologues de première ligne. Le webinaire a rassemblé 58 participants (16 médecins généralistes et 42 psychologues). Plus de vingt séances d'intervision ont ensuite été organisées, réunissant en moyenne dix à quinze participants par session.
Selon l'Inami, la combinaison d'un apport théorique via le webinaire et d'échanges pratiques lors des intervisions multidisciplinaires s'est révélée particulièrement utile. Les médecins généralistes, psychologues de première ligne et autres intervenants impliqués dans le parcours de retour au travail ont progressivement développé une meilleure connaissance de leurs rôles respectifs, ce qui a contribué à réduire certaines barrières à la collaboration et à renforcer la prise en charge des problèmes psychiques liés au travail.
L'Inami indique sur son site que des mesures de suivi sont prévues afin de prolonger l'expérience, mais que leur contenu doit encore être précisé avant d'être communiqué.
Les professionnels de santé peuvent d'ores et déjà consulter les outils développés dans le cadre du projet pilote, à savoir le module d'information (PPT), l'enregistrement du webinaire et une fiche de consultation consacrée à l'accompagnement des personnes souffrant de problèmes psychiques liés au travail.









Derniers commentaires
Charles KARIGER
14 aout 2026« Burn out », kekseksa ? Cette ENTITÉ ADMINISTRATIVE, cette étiquette financière N’EST PAS UNE ENTITÉ NOSOLOGIQUE PSYCHOPATHOLOGIQUE.
Il est absent du DSM-5 : Le manuel de référence de l'Association nord-américaine de psychiatrie ne répertorie pas « le burn-out » (ou LES burn out ?) comme une(s) entité(s) diagnostique(s) ou un trouble mental distinct.
Il n'est pas non plus classé comme une maladie dans la Classification internationale des maladies CIM-11 sinon comme « phénomène lié au travail » ce qui n’est pas du ressort de la médecine et ne mène à aucun traitement.
Implicitement, l’INAMI le reconnait d’ailleurs en ayant évité de recruter des psychiatres ou des psychanalystes pour guider les formations.
Bref, du n’importe quoi et peut-être même de la manipulation pour refiler des situations familiales, sociales, financières ou professionnelles pénibles, désagréables, odieuses ou que sais-je aux dispensateurs de soins.