« Ici Santé » remplace désormais Proxisanté. Présentée mercredi à Namur par le ministre Yves Coppieters, cette nouvelle plateforme doit devenir le visage de la réforme de la première ligne en Wallonie, avec pour ambition de mieux coordonner les acteurs de soins au plus près des besoins de la population.
« La réforme de la première ligne de soins est une priorité. Je ne veux pas créer une couche de soins supplémentaire, mais je veux changer de paradigme et mettre en place une meilleure collaboration entre les acteurs de soins et, surtout, rendre le système plus lisible. » Yves Coppieters, ministre wallon de la Santé, est clair.
À Namur, ce mercredi matin, il a dévoilé une évolution importante : Proxisanté devient Ici Santé, avec, en toile de fond, une idée très précise : « Il ne s'agit pas d'un modèle unique appliqué partout, mais d'une manière commune de construire des réponses adaptées à chaque territoire. » Concernant ce projet, il précise encore : « Cette évolution de la première ligne est importante, mais il ne faut pas oublier que les structures hospitalières doivent également se transformer. »
L'AVIQ au cœur du projet
Pour Brigitte Bouton, inspectrice générale du Département Santé de l'AVIQ (Agence pour une Vie de Qualité en Wallonie), le slogan d'Ici Santé porte une démarche mobilisatrice : « Agir ensemble pour mieux vivre. »
« Le nom combine "Ici" (proximité) et "Santé" (soins de première ligne). Il exprime l'idée d'un réseau de soins local, centré sur le patient et ancré dans sa zone géographique. Il traduit la réforme dans une logique de proximité et d'action locale. Il met en avant un bénéfice clé : trouver les bons professionnels près de chez soi et favoriser un suivi coordonné entre soignants, autour du patient. Il évoque le territoire, le bassin de vie, le niveau local et renforce l'idée d'un système accessible et coordonné. »
Les acteurs ensemble
Évidemment, les acteurs de terrain, les médecins et les pharmaciens n'ont pas attendu cette réforme. Le ministre en est conscient : « Nous voulons améliorer la capacité collective d'action : les notions de proximité et de réseaux d'acteurs, entre professionnels et citoyens dans leur diversité (handicap, santé physique, mentale et sociale), dans tous les territoires de Wallonie (urbains, semi-ruraux et ruraux), la prise en considération de l'ensemble des déterminants de la santé, dans une perspective de santé populationnelle, le quintuple ou sextuple aim (une boussole commune d'évaluation et de transformation), ainsi que les soins intégrés (cure et care). »
Pour lui, la notion de bassin de vie est essentielle : « Un système qui comprend les besoins de la population et crée, avec les acteurs des territoires, les conditions favorables à la santé et au bien-être. Une organisation territoriale de la santé et de l'accompagnement fondée sur la responsabilité populationnelle et la coopération entre acteurs. »
La volonté, selon le ministre, est de créer « un environnement favorable au développement des enfants et au bien-être des familles ».
Quand cette réforme sera-t-elle effective sur le terrain ? L'objectif est de disposer des OLS au début de l'année 2028, après toutes les phases de test sur le terrain. « Mais j'insiste : les futures OLS sont déjà en train de se construire au quotidien, sur le terrain, entre les médecins, les pharmaciens et tous les acteurs de première ligne. Chaque territoire aura ses spécificités et devra s'adapter à sa population : diabète, cancer... »
Les données de santé, indispensables pour mieux soigner
Pour y parvenir, il convient de mieux comprendre sa population. « Les données de santé seront fondamentales pour que cette nouvelle approche fonctionne, et nous y travaillons », précise encore Brigitte Bouton. « Les jeunes, les 1.000 premiers jours : nous sommes aussi en connexion avec les programmes du fédéral. Nous voulons briser les silos afin que la population bénéficie d'une meilleure prise en charge grâce aux soins intégrés. Il s'agit d'une priorité absolue pour apporter des soins de qualité à chaque personne en Wallonie. »
Faire adhérer les médecins
Pour Paul De Munck (GBO), le vrai défi sera de mieux faire adhérer les médecins et de financer leur collaboration. Il se montre sceptique.
« Un groupe de travail a été mis en place pour améliorer l'implication des acteurs. Ces derniers ne doivent pas hésiter à s'investir au niveau local », a ajouté Brigitte Bouton. En revanche, la question du financement n'est pas encore pleinement résolue.
L'invitation est lancée aux médecins et à l'ensemble des acteurs de la santé. « Dans ce changement de paradigme, nous mettons en avant les pratiques collectives des médecins. Cela ne veut pas dire que je privilégie un mode de pratique plutôt qu'un autre, mais j'invite les médecins et les autres acteurs de soins à mieux collaborer. Aujourd'hui encore, trop d'acteurs de soins ne se connaissent pas suffisamment entre eux », conclut le ministre wallon.

> La nouvelle page du site de l'AVIQ consacrée à Ici Santé sera mise à jour et alimentée au fur et à mesure de l'avancement des projets : https://www.aviq.be/fr/iciSante.









Derniers commentaires
Alain Pierson
16 juillet 2026Beaucoup de bricolage.
Tout n'est pas repris et certaines données importantes sont mêmes ignorées.
Il fallait garder le Réseau Santé Wallon !
Robin GUEBEN
15 juillet 2026Bien rien de nouveau sous le soleil, c'était déjà les objectifs du Proxisanté de Morreale, à la seule différence qu'elle avait soufflé l'organigramme hiérarchique qui sous-entendait une destruction des SIS et des PMG dans une méga structure à 10 intervenants soignants égaux (chacun une voix égale) dirigés par deux administrateurs placés par les politiques. Et nous les médecins on était pas très d'accord avec cette vision du soin en ambulatoire...
Frustrée d'avoir perdu les élections, elle a supprimé le projet et laissé les nouveaux élus récréer tout de zéro.
Donc en 2 ans, vous avez remplacé un mot et changé le logo, c'est super !