Pénurie médicale: Impulseo ne suffit plus pour attirer les médecins

L’évaluation récente du système Impulseo montre une hausse du nombre de bénéficiaires. Toutefois, depuis que la Région wallonne est pleinement compétente pour le dispositif, le nombre de zones en pénurie reste significatif, malgré les succès grandissants de la mesure.

Plusieurs facteurs explicatifs, repris dans le cadastre des médecins généralistes réalisé par l’AViQ, sont à mettre en évidence. On y retrouve notamment l’âge moyen des médecins généralistes en Wallonie, qui était très élevé à l’époque, ce qui a généré nombre de cessations d’activité, voire de décès. La nouvelle approche professionnelle des jeunes médecins entre également en ligne de compte, comme l’explique le ministre wallon de la Santé Yves Coppieters : « En effet, les jeunes médecins privilégient un autre équilibre entre vie professionnelle et vie privée, de manière plus systématique que le faisaient leurs anciens collègues. Il y a aussi la réorientation de certains médecins généralistes vers d’autres rôles de la médecine générale – je rappelle que l’on a besoin de médecins-conseils, on a besoin de médecins, de mutuelles, d’ONG… Fatalement, une série de médecins diversifient leurs pratiques – ou encore des médecins qui changent radicalement de profession. »

Augmentation des crédits

Actuellement, un groupe de travail est en cours avec les représentants de la médecine générale et les différents syndicats. Nous avons finalisé une première proposition d’avant-projet de décret relatif à l’organisation de la médecine générale, permettant ainsi d’inscrire la médecine générale dans le CWASS, ce qui n’est toujours pas le cas à l’heure actuelle, où l’on fait encore référence à une réglementation fédérale. Les travaux se poursuivent pour définir les leviers les plus pertinents à mettre en œuvre pour continuer à renforcer l’attractivité dans les zones où l’installation de médecins généralistes est prioritaire. « 15,928 millions d’euros sont inscrits en crédits d’engagement dans le budget de l’AViQ, ce qui correspond à une progression de l’ordre de 13 %. Entre 2023 et 2024, l’augmentation a été de 12,73 %. »

Une dynamique locale indispensable

Le ministre wallon est confiant pour l’avenir : « Je suis persuadé que le processus Impulseo est efficace. Le problème, c’est que Impulseo seul ne fonctionne plus. Il faut d’autres incitants pour les médecins pour s’installer. Les incitants sont locaux, fiscaux, en termes de qualité de vie ou d’environnement de vie. C’est là-dessus qu’il faut travailler. Dans la réforme de la première ligne, on va faire le lien entre Impulseo et cette volonté de réimplanter des médecins dans les zones rurales, mais avec la réforme de la première ligne qui favorise beaucoup plus le travail collaboratif entre les prestataires de première ligne. On est en effet persuadé que ce sera aussi un facteur motivationnel pour les professionnels pour s’installer. Il faut imaginer des dispositifs en complément, que ce soit un assistant médical ou un assistant administratif, etc. Tous ces dispositifs peuvent favoriser le renforcement de la stratégie », conclut le ministre wallon de la Santé.

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