Obésité : Les Hôpitaux Iris Sud misent sur la dynamique de groupe

La chirurgie bariatrique est loin de se limiter à un acte chirurgical. Outre les critères personnels médicaux auxquels le patient doit répondre pour avoir droit au remboursement de l’acte lui-même, il existe aussi toute une série de conditions au niveau de l’accompagnement. Dès septembre, les Hôpitaux Iris Sud proposeront à leur patientèle, outre les rendez-vous médicaux et paramédicaux rendus obligatoires par la loi, également un accompagnement qui repose sur l’émulsion collective.

« Sur base de ma pratique d’intensivisite, j’avais vu revenir certains patients après l’échec d’une ou de plusieurs chirurgies bariatriques pour retenter le défi. En creusant les raisons des échecs de ces chirurgies, nous nous sommes aperçus que l’accompagnement était perfectible. D’où notre réflexion qui a conduit à ce nouveau projet », relate le Dr Hervé Deladrière, directeur médical des Hôpitaux Iris Sud.

Dès septembre, les hôpitaux Iris Sud proposeront une prise en charge multidisciplinaire de cette chirurgie dès la période pré-opératoire, et qui  s’étendra sur du long terme (une année minimum). « Nous avons largement ouvert les portes de la prise en charge aux milieux médical et paramédical, afin de nous donner le maximum de garanties d’une réussite complète sur le long terme. Nous avons également pour intention d’intégrer des acteurs non hospitaliers pour nous  coller au mieux à la vie quotidienne du patient, notamment en terme de restauration ».

Kiné et psycho-diététique

Outre les rendez-vous traditionnels liés à un tel acte chirurgical, dont certains sont rendus obligatoires par la loi, les Hôpitaux Iris Sud proposeront à leurs patients d’une part, des séances de kinésithérapie en groupe, destinées à aider le patient à se refaire une image de son corps, et d’autre part, des ateliers de psycho-diététique permettant d’échanger avec d’autres patients à propos de ce qu’est la vie après ce genre d’interventions et d’y trouver le réconfort nécessaire face à leur défi.

« En effet, il a bien été montré que toute la prise en charge pré-opératoire facilitait le succès en post-opératoire », ajoute Hervé Deladrière. « Le but de cet accompagnement en pré-opératoire est à la fois de préparer les patients à l’intervention, mais aussi de les conscientiser aux conséquences d’une telle intervention et de leur préparer des balises pour leur nouvelle vie. Et si après ces séances pré-opératoires, certains patients décident de ne pas se faire opérer, quelque-part, c’est une réussite aussi ! »

Pour ce qui est du post-opératoire, les équipes de l’institution proposeront un suivi organisé au niveau médical, avec une coordinatrice qui va rappeler les patients en leur disant qu’il est temps de reprendre rendez-vous avec tel ou tel médecin. Mais en outre, ils auront le loisir « souhaité activement » de poursuivre leur participation aux groupes de psycho-diététique et d’activité physique déjà rencontrés.

Une autre nouveauté sera la création d’un passeport santé qui suivra le patient durant tout son trajet de soins. « Nous allons vivement proposer au patient de s’inscrire dans cette dynamique globale où l’acte chirurgical ne représente finalement qu’une petite partie par rapport à ce qui l’attend après, et ce, afin de maximaliser les chances de réussite de la chirurgie », commente le Dr Deladrière.

Mixer les patients chirurgicaux et non-chirurgicaux

Par ailleurs, dès janvier 2019, les Hôpitaux Iris Sud mettront également sur pied un accompagnement similaire pour les patients qui ne souhaitent pas se faire opérer ou qui ne rentrent pas dans les critères d’éligibilité à la chirurgie. « L’idée est de mixer les deux types de patients afin de faire émerger des échanges sur cette problématique de surpoids qui concerne finalement beaucoup de monde », observe le directeur médical des Hôpitaux Iris Sud.

« Dans les hôpitaux, nous sommes bien conscients qu’il faut dépasser ce clivage chirurgical et l’approche unidisciplinaire de cette pathologie aussi complexe qu’est l’obésité. Notre projet inclut ainsi les acteurs médicaux, mais aussi les kinés car l’activité physique fait partie intégrante du traitement de la pathologie, ainsi que des psychologues et des diététiciens car c’est toute la vie du patient qui change au lendemain d’une chirurgie bariatrique. Et surtout, il faut que les patients sachent que nous serons là aussi pour eux après l’intervention lorsqu’ils seront confrontés à des problèmes. »

Problème du remboursement

Enfin, le Dr Deladrière épingle ici également le problème du remboursement des séances de kinésithérapie et de psycho-diététique. « On nous demande de prendre en charge des patients atteints de pathologies lourdes, mais qui n’ont pas droit à des remboursements lourds. Les séances de kiné et de psycho-diététique sont des séances de groupe où les patients devront malheureusement intervenir parce qu’il n’est pas prévu de remboursement spécifique pour ce genre de choses ni par l’Inami, ni par les mutuelles. »

Faute de remboursement, c’est donc aux institutions elles-mêmes à faire preuve de créativité dans les montages financiers. « Nous allons bien sûr faire tout pour que le coût de ces prises en charge reste abordable pour le patient puisque nous entendons bien rester une institution publique. Nous nous organisons de façon à pouvoir répondre à un besoin de santé publique en donnant aux patients les meilleures garanties d’une réussite de la prise en charge de l’obésité. Toutefois, nous devons être créatifs à la fois pour que cela ne coûte pas trop cher aux patients et pour que les praticiens puissent gagner leur vie de manière décente », conclut Hervé Deladrière.

 

 

 

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Derniers commentaires

  • Pierre MINNER

    25 Mai 2018

    Cela se fait au CHU Brugmann mais il est parfois difficile de motiver les patients qui ont bénéficié de la gastroplastie à poursuivre la prise en charge de groupe CITO après l'intervention.
    souvent, il y a un problème de structure et d'organisation chez ces patients qui risquent le plus un échec de l'abord chirurgical
    Dr Minner