No-shows en médecine générale : pas de cadre fédéral en vue

Les patients qui ne se présentent pas à une consultation sans prévenir restent un problème structurel en médecine générale. Alors que la pression sur la première ligne s’accentue et que certains patients doivent attendre plusieurs semaines pour un rendez-vous, du temps de consultation précieux est perdu. Aucun cadre fédéral n’est toutefois prévu à ce stade : le ministre Frank Vandenbroucke laisse la gestion du phénomène aux cabinets.

Le ministre reconnaît l’ampleur du problème, déclarant à la Chambre, en réponse à une question de Irina De Knop (Anders), que « les no-shows chez les médecins généralistes constituent effectivement un problème réel ». Lorsque des patients ne se présentent pas sans avertir, du temps de consultation est perdu, alors que la pression sur la première ligne est déjà importante.

Les autorités fédérales ne disposent toutefois pas de chiffres. La gestion des rendez-vous relève du niveau des pratiques individuelles et il n’existe pas d’enregistrement uniforme. Le ministre entend éviter toute charge administrative supplémentaire, estimant que de nombreuses données sont déjà demandées. Dans ce contexte, il reste difficile de mesurer précisément l’ampleur du phénomène, bien qu’il soit clairement observé sur le terrain.

Une enquête des généralistes de la COFEM/FEDAC, relayée par Medi-Sphère en mars, montrait que 33 % des médecins généralistes facturent déjà une indemnité en cas d’absences répétées, tandis que 47 % envisagent de le faire. Un cinquième seulement rejette ce principe.

Les montants jugés acceptables se situent généralement entre 10 et 20 euros. L’objectif est avant tout de sensibiliser les patients plutôt que de générer des revenus, en soulignant l’impact des rendez-vous manqués sur les autres patients et sur l’organisation des soins. Ces données indiquent également un soutien croissant à des mesures, malgré une approche encore fragmentée.

Des obstacles pratiques persistants

La même enquête met en évidence plusieurs freins. De nombreux médecins ne souhaitent pas fixer seuls les règles ou les montants et plaident pour un cadre plus large. Des questions subsistent aussi quant à la légalité de ces pratiques et à leur mise en œuvre concrète, notamment en matière de recouvrement, souvent complexe et générateur de charge administrative.

Les pratiques adoptent par ailleurs des stratégies variées : rappels, avertissements ou limitation des prises de rendez-vous en ligne. Certains médecins refusent également la prise de rendez-vous par téléphone aux patients ayant manqué à plusieurs reprises leurs consultations.

Pas de lignes directrices fédérales

Aucun cadre fédéral n’est envisagé à court terme. Le ministre privilégie une approche flexible, indiquant que le soutien aux pratiques passe par la digitalisation et l’organisation, afin de permettre la mise en place de systèmes adaptés sans imposer de modèle unique.

Selon lui, une combinaison de mesures est nécessaire, incluant une organisation plus efficace, des outils numériques et une délégation accrue des tâches au sein des équipes de soins. Il souligne également la responsabilité des patients, appelés à annuler leurs rendez-vous en temps utile.

Pour Irina De Knop, cette réponse reste insuffisante et trop peu contraignante, estimant que la situation pose quotidiennement problème sur le terrain. Elle considère que les signaux émanant du secteur plaident pour davantage d’encadrement et rappelle que les no-shows constituent un phénomène structurel.

Elle insiste aussi sur leurs conséquences pour les patients, dans un contexte où certains doivent attendre plusieurs semaines pour obtenir un rendez-vous, rendant ces absences difficiles à justifier. Une utilisation plus efficace du temps de consultation apparaît dès lors essentielle pour améliorer l’accessibilité des soins.

La députée plaide pour une approche coordonnée, par exemple via un groupe de travail associant le secteur, afin de soutenir les pratiques et d’envoyer un signal clair aux patients quant à leurs responsabilités. Un tel cadre pourrait également contribuer à lever les incertitudes juridiques et pratiques.

Le ministre se dit ouvert à la concertation avec le secteur pour examiner d’éventuelles mesures complémentaires susceptibles de réduire les no-shows. À ce stade, aucune approche fédérale uniforme n’est toutefois à l’ordre du jour, laissant aux cabinets le soin de développer leurs propres solutions dans un contexte de pression persistante sur la première ligne.

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