Interpellé par l’Union belge des prestataires de soins (UBPS) sur la capacité des syndicats médicaux à représenter efficacement les professionnels de santé, le GBO et ses partenaires du Cartel (ASGB et MoDeS) défendent leur action et appellent les médecins à renforcer les organisations représentatives. Dans une Flash-info publiée jeudi, le syndicat estime que les défis auxquels est confrontée la profession ne pourront être relevés sans davantage d’engagement du terrain.
Dans sa lettre ouverte de mai 2026, l’UBPS questionnait la capacité des syndicats médicaux à défendre les intérêts des prestataires de soins. Une interrogation jugée « légitime » par le GBO/Cartel, qui rappelle toutefois que défendre les médecins ne consiste pas uniquement à préserver leur autonomie professionnelle.
« Cela implique également de garantir un système de soins accessible, efficace et durable, au bénéfice des patients comme des soignants », écrit le syndicat. Celui-ci revendique également sa présence dans les organes de concertation où se négocient les réformes du secteur. « C’est en garantissant notre présence à la table des discussions que nous pouvons influencer les décisions : là où il faut exercer à la fois l’art de la détermination et celui du compromis. »
Le GBO/Cartel insiste sur le fait qu’un syndicat ne peut se limiter à la contestation. « Un mouvement de contestation peut émerger rapidement, il peut disparaître tout aussi vite. Un syndicat, lui, assume ses responsabilités dans la durée : il participe aux négociations, défend ses positions, assume les compromis nécessaires et rend des comptes aux médecins lors des élections syndicales », souligne-t-il.
Le syndicat estime également que le recul de l’engagement syndical affaiblit directement la capacité de défense de la profession. « Vous souhaitez un syndicalisme plus combatif ? Nous aussi. Mais un syndicalisme fort nécessite des moyens humains et financiers », écrit-il, rappelant que la défense professionnelle repose essentiellement sur les cotisations des membres.
Pour illustrer l’utilité de l’action syndicale, le GBO/Cartel cite plusieurs acquis obtenus au fil des années pour la médecine générale, notamment le dossier médical global (DMG), le financement des cercles, les postes médicaux de garde (PMG) et les dispositifs Impulseo.
Le syndicat profite également de cette réponse pour rappeler les principaux dossiers qu’il entend continuer à défendre : la lutte contre la pénurie médicale, une meilleure reconnaissance de la médecine générale, la réduction de la charge administrative, une revalorisation de l’acte intellectuel et des honoraires de garde, un rééquilibrage des financements en faveur de la première ligne, ainsi que des conditions d’exercice plus attractives pour les jeunes médecins. Le GBO/Cartel plaide également pour un échelonnement des soins plus cohérent et pour une plus grande liberté diagnostique et thérapeutique.
Le GBO/Cartel affirme vouloir poursuivre une action syndicale « réfléchie et constructive, proche du terrain et loin de la démagogie ». « Les défis qui nous attendent ne seront pas relevés par la seule indignation. Ils nécessitent une mobilisation collective et une présence forte là où les décisions se prennent », conclut le Dr Anne Gillet, vice-présidente du GBO/Cartel, avant de lancer un dernier appel aux médecins et à l'UBPS : « Vous nous avez interpellés. Que nous proposez-vous ? ».
> Découvrir l'intégralité de la réponse du GBO/Cartel
Lire aussi : L’UBPS interpelle les syndicats: «Écoutez-vous encore réellement vos membres?»









Derniers commentaires
Robin GUEBEN
18 juin 2026Le bon sens ce n'est pas de la démagogie. La politique du compromis et du "en même temps" ça ne fonctionne pas. Je suis un sympathisant d'UBPS-BUG sans en faire partie puisque je n'ai pas envie de me battre pour un modèle que je sais voué à l'échec. L'Absym et le GBO essayent de trouver le point cardinal qui rassemble tous les soignants pour avoir des votes ; UBPS est pour le moment une communauté qui rassemble des soignants divers et variés qui prônent le même fonctionnement de base. En soi, l'Absym et le GBO sont pour une égalité stricte par l'État et les contraintes en compensation de privilèges concentrés sur certains ; l'UBPS est pour l'égalité des chances et au droit à la recherche du bonheur professionnel, ils laissent le choix à chacun.
À force de vous lier au tiers-payant et à la capitation, vous avez mis les soignants à la charge des dépenses de l'État, vous vous êtes mis en laisse. Voilà pourquoi le ministre affirme, à raison, que toute la médecine est subsidiée. Il vous a conditionné comme un dressage canin ; rendant désormais toute marge de manœuvre impossible sinon il enlève les récompenses et il resserre la laisse. Ce que je propose (en mon nom propre, pas de l'UBPS bien qu'on en a parlé longuement), c'est de couper la laisse. En aurez-vous le courage ? Je ne pense pas. Vous avez l'effroi d'un profil décalé, des pertes de rémunérations syndicales ou de vous faire radier (alors que l'Ordre et le pénal ne dépendent pas de l'exécutif). Comment pouvez-vous vous battre pour un soignant (quel qu'il soit) si vous devez demander l'autorisation à l'État pour manifester de la contestation ? C'est lunaire...