Récemment, une analyse du groupe RH Acerta, réalisée à partir des données du SPF Santé publique, a mis en lumière une tendance préoccupante. De nombreux jeunes diplômés des professions de soins choisissent de se réorienter plutôt que de porter la blouse blanche.
Au Parlement wallon, la députée Geneviève Lazaron (Les Engagés) a interpellé le ministre de la Santé, Yves Coppieters, sur cette question. Il n’est pas resté « les bras croisés » ces dernières semaines : « J’ai chargé un groupe de travail composé de l’AViQ, de l’IWEPS, du FOREM et du Haut Conseil stratégique d’établir un diagnostic de la situation des forces de travail. Sept métiers en Wallonie, dans le secteur de l’aide à domicile et des soins, sont à ce stade concernés par ce diagnostic : médecins généralistes, dentistes, infirmiers, aides-soignants, aides familiales, aides-ménagères sociales et gardes à domicile. »
L’analyse statistique confirme et objective les pénuries, avec un écart significatif entre le nombre de diplômés et le nombre de professionnels réellement actifs, particulièrement marqué chez les infirmiers, les infirmières et les aides-soignants, traduisant des réorientations précoces et des problèmes de rétention principalement liés aux conditions de travail. « Sur l’ensemble des personnes diplômées, infirmiers et aides-soignants, seulement trois sur cinq sont actives et exercent dans les soins de santé. Les métiers du soin se distinguent par une forte féminisation, un vieillissement notable avec une chute marquée des effectifs après 60 ans et, pour les professions médicales, une tendance à la féminisation accompagnée d’une évolution des pratiques, entre autres le travail de groupe chez les médecins généralistes. »
Densité trop faible en province du Luxembourg
Les disparités territoriales demeurent importantes, avec une densité plus faible dans le Luxembourg et des inégalités locales parfois marquées, notamment pour les médecins généralistes et les dentistes. « Bientôt, je présenterai une stratégie d’attractivité et de rétention transversale et intégrée au Gouvernement wallon et au Gouvernement de la Communauté française. Celui-ci mettra en œuvre les actions suivantes : l’amélioration des conditions de travail et d’emploi ainsi que l’amélioration de l’équilibre entre la vie professionnelle et la vie privée, avec une reconnaissance et l’autonomie des travailleurs, mais surtout avec un accent sur le bien-être au travail. Je voudrais aussi travailler sur l’accueil et l’accompagnement des jeunes professionnels, qu’ils soient stagiaires, assistants, nouvelles recrues via du tutorat et du mentorat. Je voudrais aussi continuer à soutenir l’installation des jeunes médecins généralistes dans les zones rurales via les dispositifs d’aide à l’installation, qui doivent juste être un tout petit peu revus. »
Des podcasts ciblés
Enfin, le ministre prévoit le lancement de 10 podcasts qui vont s’intituler « En quête de dignité » de la RTBF, financés par la Région wallonne, et qui visent à redonner une visibilité positive à ces professions.








