L’Union belge des prestataires de soins (UBPS) interpelle publiquement les syndicats médicaux et les associations professionnelles de défense. Dans un communiqué diffusé vendredi, l’organisation estime que les structures représentatives ont progressivement perdu leur rôle de défense des professionnels de santé et les appelle à réagir face à ce qu’elle considère comme une évolution préoccupante du système de soins.
L’UBPS interpelle directement les organisations représentatives. « Écoutez-vous encore réellement vos membres ? », demande-t-elle. Selon elle, de nombreux syndicats et associations se sont institutionnalisés au fil des années et ont progressivement abandonné leur mission première, à savoir la défense de l’indépendance des professionnels de santé et des valeurs des professions libérales.
L’organisation juge que les compromis successifs ont contribué à cette évolution. « À force de compromis permanents, elles semblent avoir progressivement perdu leur rôle premier : défendre avec fermeté l’indépendance des professionnels de santé et les valeurs fondatrices des professions libérales », écrit-elle.
L’UBPS estime également que certaines structures se limitent désormais davantage à des activités de formation, de gestion administrative ou d’accompagnement institutionnel qu’à la représentation des praticiens. Elle considère que les mécanismes de financement et les subsides liés au conventionnement ont modifié les priorités de certaines organisations.
L’UBPS se montre particulièrement inquiète quant aux conséquences des réformes en cours. « La future loi-cadre constitue un tournant majeur. Si aucune réaction forte et coordonnée n’émerge, elle sonnera le glas des syndicats et associations traditionnels tels que nous les avons connus. Nous nous dirigeons vers une étatisation croissante du système de soins, et il devient désormais difficile de le nier », estime-t-elle.
L’association appelle les représentants du secteur à adopter des positions plus affirmées et à faire preuve d’une plus grande indépendance. « Les professionnels de terrain attendent des positions claires, du courage et une véritable indépendance. À défaut, beaucoup finiront par se demander si d’autres intérêts — institutionnels ou personnels — ne prennent pas aujourd’hui le pas sur la défense des membres », affirme l’UBPS.
L’UBPS lance dès lors un appel à une mobilisation rapide des organisations concernées. « Les années qui viennent seront décisives. D’ici 2028, les risques sont majeurs. Si aucune réaction forte n’intervient maintenant, il sera trop tard », prévient-elle.
L’organisation conclut en appelant « l’ensemble des acteurs de terrain à reprendre pleinement leur rôle de défense, avant qu’il ne soit définitivement vidé de sa substance », estimant qu’à défaut, les structures traditionnelles de représentation risquent de perdre progressivement leur influence au sein du système de soin
Lire aussi: La loi-cadre sera la pierre tombale des organisations médicales et des mutualités (Pr S.Politis)









Derniers commentaires
Bruno LULLING
01 juin 2026Comment les syndicats acceptent-ils l’informatisation obligatoire indiscriminée au 1/1/2029 ?? On pourrait au moins laisser ceux qui seront pensionnés ( qui seront nombreux, de fait, cfr l’article supra) tranquilles. En psychiatrie extra hospitalière le dossier informatisé n’est pas nécessaire et sera dispendieux et chronophage, et bien sûr comme toujours non financé. Un gâche-métier de plus, mais c’est dogmatiquement planifié.
Le même psychiatre désabusé ????