Les médecins généralistes bénéficieront en 2026 d’un doublement des points d’accréditation pour une séance de GLEM consacrée aux antibiotiques et, nouveauté, pour une séance dédiée aux inhibiteurs de la pompe à protons (IPP), a annoncé l’INAMI en début de semaine. Une seule réunion par thème pourra être valorisée à taux doublé.
La mesure prolonge un incitant déjà appliqué pour les antibiotiques. La résistance antimicrobienne reste un enjeu majeur de santé publique et la qualité de la prescription constitue un levier central. Des indicateurs élaborés par le Conseil national de la promotion de la qualité permettent aux généralistes d’analyser leur volume de prescriptions, le choix des molécules et l’adhésion aux recommandations. Les GLEM sont appelés à discuter ces données et à formuler des engagements concrets au sein des groupes locaux.
L’extension aux IPP est nouvelle. Leur utilisation a fortement augmenté ces dernières années, tandis que les autorités soulignent des traitements prolongés sans indication claire, des dosages élevés et l’absence de réévaluation régulière. Des indicateurs spécifiques ont également été développés afin de rendre visibles les profils de prescription et d’encourager une analyse critique des traitements chroniques, avec réduction lorsque cela est possible.
Jusqu’à huit points supplémentaires
Une séance de deux heures, normalement valorisée à deux points d’accréditation, pourra ainsi en rapporter quatre en 2026 pour chacun des deux thèmes. Un généraliste pourra donc obtenir jusqu’à huit points supplémentaires au total.
La décision s’inscrit dans la politique d’« appropriate care », centrée sur la qualité et la pertinence des soins. L’accord médico-mutualiste 2026-2027 confirme cette orientation en misant sur les indicateurs de qualité et les outils d’aide à la décision pour soutenir la prescription rationnelle.
Elle s’inscrit aussi dans le cadre des objectifs budgétaires fixés par le ministre fédéral de la Santé, Frank Vandenbroucke. Dans sa lettre de mission adressée l’an dernier au Comité de l’assurance, les antibiotiques et les IPP sont explicitement associés à des économies attendues.
Pour les antibiotiques, une réforme de la délivrance par durée de traitement devait entrer en vigueur en janvier 2026 afin que les patients reçoivent uniquement le nombre exact de comprimés nécessaires, plutôt qu’une boîte complète. L’objectif affiché est de limiter le gaspillage et l’usage inapproprié, avec une économie estimée à 8 millions d’euros sur un total de 12 millions attendus dans les officines ouvertes au public. La mise en œuvre dépend toutefois encore d’arrêtés royaux et d’adaptations pratiques dans les pharmacies.
Concernant les IPP, la lettre de mission évoque un « (sur)usage important » représentant un coût annuel de 130 millions d’euros pour l’assurance maladie. Depuis le 1er janvier 2026, ces médicaments ont été transférés de la catégorie de remboursement B vers la catégorie Cx, à l’exception des indications sévères maintenues en catégorie A. L’économie attendue est de 53,9 millions d’euros.








