Fin de spécialisation en MG : comment sortir du maquis administratif ?

La SSMG organise régulièrement des webinaires destinés aux assistants en médecine générale sur le point d’achever leur formation. Au programme : agrément, statut fiscal, assurances, pension et primes Impulseo. Un vade-mecum indispensable pour aborder sereinement la transition vers la pratique indépendante.

Terminer son assistanat, c’est entrer de plain-pied dans un maquis administratif. Mieux vaut s’entourer tôt d’un comptable spécialisé en médecine et d’un conseiller (courtier) de confiance.

Premier passage obligé : la demande d’agrément, à introduire en ligne dès la fin de la formation, avec une série de documents précis : attestation d’inscription à l’Ordre des médecins datant de moins de trois mois, attestation de réussite au master, dernier carnet de stage complété et signé, rapport de l’animateur du séminaire local/régional (SLR), attestations des 120 heures de garde et des 40 heures de séminaires, et rapport personnel.

Vient ensuite l’inscription à un GLEM, puis la demande d’accréditation, à introduire dans les trois mois suivant l’obtention de l’agrément. L’accréditation est d’abord provisoire pour un an, avant d’être renouvelée pour trois ans. Les jeunes médecins changeant de zone doivent également s’inscrire au cercle de garde local.

Personne physique ou société médicale ?

Lors du webinaire, un sondage a révélé que 36 % des répondants voulaient exercer en indépendant personne physique, 27 % en société médicale, 3 % comme salariés et 33 % n’avaient pas encore d’idée précise. La démonstration faite lors du webinaire a sans doute permis de lever les doutes : en tant qu’indépendant en personne physique, le taux marginal d’imposition atteint 50 % dès 51.070 euros de revenus et, cotisations sociales comprises, environ 60 % des revenus bruts s’envolent. Christophe Rinne, directeur général d’Amarris Santé, a illustré le propos : Alice, médecin générant 150.000 euros bruts annuels, se retrouve avec environ 5.030 euros nets par mois.

La société médicale offre une alternative plus avantageuse : l’impôt des sociétés est limité à 20 %, et les dividendes distribués supportent un précompte de 18 %, soit une taxation globale d’environ 35 % pour sortir l’argent. Pour reprendre l’exemple d’Alice qui gagne 150.000 euros bruts annuels, le passage en société permet d’atteindre 6.466 euros nets par mois, soit près de 1.440 euros de plus qu’en personne physique. L’achat d’un véhicule électrique via la société avant fin 2026 reste par ailleurs déductible à 100 % pendant toute sa durée de vie, alors qu’en personne physique, il faut justifier l’usage privé et professionnel. Christophe Rinne avance un seuil de bascule clair pour faire son choix : à partir de 90.000 euros d’honoraires bruts annuels, la question de la société mérite d’être sérieusement posée.

Se prémunir contre les coups durs

La transition vers l’indépendance expose à des risques souvent sous-estimés. En cas d’incapacité de travail, la sécurité sociale n’intervient qu’à partir du 7e jour et verse au mieux 1.700 euros bruts mensuels, contre 11.000 à 12.000 euros bruts pour un généraliste en activité. Benjamin Hermoulle, courtier spécialisé en santé chez Ardeos, recommande de souscrire sans tarder une assurance revenu garanti : à 27 ans, couvrir 3.000 euros bruts coûte environ 53 euros bruts par mois. Un tarif qui augmente avec l’âge.

La responsabilité civile professionnelle est, elle, obligatoire pour exercer. Les assistants en médecine générale bénéficient encore, via la CCFFMG, d’un package couvrant hospitalisation, RC professionnelle, assurance groupe et accident du travail, mais celui-ci ne se transfère pas automatiquement. Une analyse individuelle s’impose avant la fin de l’assistanat.

La pension : ne pas s’en remettre au seul État

Le régime légal de pension réserve peu de bonnes surprises aux médecins. L’âge de départ est fixé à 67 ans, et une pension complète exige 45 années de carrière. Or, six années d’études et trois ans d’assistanat (non pris en compte dans le calcul) rendent quasiment impossible d’atteindre ce seuil sans travailler au-delà de 70 ans. Le montant légal maximum est de plus modeste : 1.800 euros bruts par mois pour un isolé.

Les piliers complémentaires (pension liée à l’activité, épargne-pension et investissements personnels) deviennent dès lors incontournables. Le statut social INAMI – prime annuelle versée aux prestataires conventionnés, estimée à 6.450 euros en 2026 – constitue un premier apport. L’épargne-pension individuelle et les investissements patrimoniaux complètent le tableau, avec pour objectif de maintenir, au moment de la retraite, un niveau de vie comparable à celui de la vie active.

Les primes Impulseo : à ne pas laisser passer

Le webinaire s’est conclu sur les primes Impulseo. La prime Impulseo I est réservée aux médecins qui s’installent en zone de pénurie : 20.000 euros en pénurie légère, 25.000 euros en pénurie sévère, avec une demande possible jusqu’à cinq ans après l’obtention de l’agrément. Les dispositifs Impulseo II et III, eux, visent le secrétariat salarié et le télésecrétariat, en remboursant la moitié des frais réels, dans la limite de 8.200 euros par an pour le premier et 4.800 euros pour le second. En Wallonie, l’accès reste toutefois conditionné, notamment par le nombre de DMG gérés. La demande doit être introduite entre le 1er janvier et le 31 mai. À Bruxelles, il ne s’agit pas de primes mais de subventions sur frais déclarés, avec un maximum de dix médecins généralistes bénéficiaires par an.

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Derniers commentaires

  • Robin GUEBEN

    22 avril 2026

    Article fort incomplet et fort orienté aussi. Après je pense que c'est fort la question du moment : veut-on des généralistes notaires dociles ou des généralistes entrepreneurs capables de tenir tête ? En personne physique, après déductions des cotisations sociales si je calcule bien mon versement anticipé d'impôts VA1, je suis à 37% d'impôt total sur mon brut, tout en disposant ensuite de mon net directement pour investir en privé comme en professionnel. En société, vous ne touchez vos dividendes tous les 3 ans pour garder la taxation avantageuse (tout en espérant que l'État garde cette taxation avantageuse car les sociétés de management sont dans le collimateur de l'État). Il ne faut pas s'arrêter sur un chiffre fini de recettes brut mais aussi vos frais, votre cash-flow privé, votre résilience à la pression fiscale et aux baisses de recettes drastiques et surtout bien calculer de pas trop vous payer de salaire et être patient. Et il faut aussi savoir que votre comptable vous coûtera environ 8x plus cher en société.

    Pour le contrat INAMI des conventionnés, c'est une somme d'argent fixe qui ne sera disponible qu'à vos 67 ans. 6000€/an c'est environ 1€ supplémentaire par patient sur l'année en déconvention. C'est le choix de chacun mais moi je préfère disposer de mon argent de mon vivant. Tous les généralistes que je connais sont mort dans leur 70aine ou avant et n'ont donc jamais vraiment profité de cet argent et il est rentré dans le régime de l'héritage.

    Pour l'impulseo 1, ces sommes sont taxées, vous n'avez pas 20.000 mais 16.000€ et vous êtes contraint à toute une série d'obligations pendant 5 ans. Encore une fois : à bien réfléchir avant de prêter son âme et sa liberté pour 8€/jour pendant 5 ans.