Deux hôpitaux reliés par un souterrain, mais dans deux réseaux différents : du surréalisme à la belge!

Dans une longue interview accordée au Spécialiste, la direction de l’Institut Jules Bordet s’est notamment exprimée sur son ressenti par rapport aux discussions relatives à la constitution des réseaux. Une réalité bruxelloise complexe qui donne lieu à des scénarios des plus rocambolesques, comme en témoignent Stéphane Rillaerts, directeur général, et le Dr Dominique de Valeriola, directrice médicale.

Pour Stéphane Rillaerts, cette réforme du paysage hospitalier est très perturbante pour l’Institut puisque tout a été conçu en dehors de leur contexte spécifique. « Elle vient créer un climat d’instabilité et d’incertitude avec notre partenaire naturel, Erasme, et avec nos partenaires historiques au sein d’Iris, les hôpitaux de la Ville de Bruxelles. Cela complique donc notre objectif principal : nous coordonner institutionnellement, médicalement et financièrement avec l’Hôpital Erasme ».

Par ailleurs, le directeur général de Bordet ne mâche pas ses mots et déclare que « la finalité de ce projet de réseaux peut être très sérieusement discutée ». « On est quand même un des pays d’Europe occidentale où le nombre d’infirmiers par patient est le plus bas, où le nombre d’hôpitaux a déjà été fortement réduit et où le budget consacré à la santé en pourcentage de PIB est parmi les plus bas. S’imaginer qu’après toutes les restructurations déjà effectuées, on va encore pouvoir gagner en efficience, en qualité des soins et faire des économies tout en minimisant l’impact négatif, nous semble largement illusoire », commente-t-il.

A-t-on pensé à la situation spécifique de Bordet ?

« Et quand on est à ce point spécialisé comme nous le sommes, on peut se demander où l’on se situe dans tout ce contexte et la façon dont nous sommes considérés. En effet, peu de choses ont été dites par rapport à une structure hospitalière comme la nôtre. Il serait logique que nous ne soyons pas uniquement un centre de référence pour un réseau locorégional. Nous avons évidemment des collaborations avec des tas d’autres hôpitaux », ajoute le Dr Dominique de Valeriola.

« Par ailleurs, si la vocation de l’Institut Bordet est de renforcer son rôle d’hôpital de référence, il faut qu’on ait la possibilité d’avoir des collaborations organiques avec des hôpitaux de proximité en francophonie, et peut-être même en Flandre demain », estime encore Stéphane Rillaerts.

De nombreux scénarios

Bruxelles est certainement la communauté pour laquelle il règne encore le plus grand flou. L’Institut Bordet, en pleine reconstruction, n’échappe pas à cette incertitude marquée. A Bruxelles, comme ailleurs, on ne compte plus le nombre de réunions qui se sont tenues pour tenter de constituer les réseaux.

Pour Bordet, de nombreux scénarios ont été évoqués. « Tous les hôpitaux Iris avec Erasme, et éventuellement avec le Chirec, mais dans ce cas, on dépasserait largement les 400.000 habitants couverts par le réseau. Donc, s’il faut couper cet ensemble en deux réseaux, il y a plusieurs manières de le faire et aucune n’est pleinement satisfaisante », rapporte Stéphane Rillaerts.

« On en est même arrivé à un moment à des projets où Erasme et Bordet n’étaient pas dans le même réseau ! Un non-sens complet par rapport au projet hospitalier et à la situation géographique des deux hôpitaux… », lance le directeur général de Bordet.

D'autant plus qu'une galerie souterainne reliant le nouveau Bordet à l'actuel Erasme va être construit pour le passage des patients et des équipes soignantes !

> Retrouvez l’interview de Stéphane Rillaerts et du Dr Dominique de Valeriola dans son intégralité dans l’édition du Spécialiste papier ou online

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