Dépistage cancer du sein : mais à quel jeu joue-t-on ?

L’arrêté royal destiné à suspendre l’arrêté publié fin février qui avait suscité le tollé a été publié ce mercredi 28 mars au Moniteur belge. Juste à temps donc, puisque l’arrêté polémique devait entrer en vigueur le 1er avril.

La ministre De Block se souviendra encore longtemps de ce dossier… Après plus de dix ans de discussions, elle a osé prendre des décisions et publier de nouvelles règles pour le dépistage du cancer du sein. Vu les querelles interminables à ce sujet, elle savait d’avance qu’elle ne s’attirerait pas que des amis en prenant un tel arrêté.

Et en effet, elle est parvenue en moins de temps qu’il ne faut pour le dire à s’attiser la colère des sénologues, des gynécologues, de l’opposition, et même de certains de ses membres de coalition.

Si Maggie De Block a pris l’habitude ces derniers mois de voir les critiques fuser concernant ses décisions dans pas mal de dossiers, dans celui-ci, elle n'aura pas résisté longtemps à la pression. Rappelons-nous : un week-end et un lundi où la colère a monté à un point tel qu’elle a déclaré le soir même qu’elle « suspendait son arrêté ».

Comme le faisait remarquer Jacques de Toeuf sur notre site la semaine dernière, « suspendre un arrêté ne veut rien dire ». En effet, pour suspendre réellement un arrêté, il faut en publier un second visant à suspendre le premier.

C’est donc ce qu’a fait la ministre De Block juste à temps en publiant ce nouvel arrêté ce mercredi. Mais…  ce nouvel arrêté est à peine publié qu’il suscite déjà à nouveau du mécontentement. Ainsi, la députée cdH Catherine Fonck qui s’était positionnée clairement contre l’arrêté de la ministre qui supprimait le remboursement du dépistage pour les femmes entre 40 et 45 ans, ne voit pas ce nouvel arrêté comme une démarche allant dans le bon sens.

« Le gouvernement ne fait pas marche arrière pour les femmes de moins de 45 ans. Au contraire, il valide l’AR mais en renvoyant simplement à plus tard l’entrée en vigueur », twittait Catherine Fonck après avoir découvert la publication du nouvel arrêté hier.

Mais à quel jeu joue-t-on ?, pourrait se demander plus d’un observateur… Suspendre un arrêté le temps que la colère retombe ? A moins que des règles interprétatives ne soient prises pour édulcorer certaines décisions… En attendant, on peut se demander à quoi rime toute cette agitation qui ressemble plus à une pièce de théâtre qu’à une vraie politique de santé publique !

 

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