Les CT-scans de la colonne vertébrale prescrits par des médecins généralistes ne seront plus remboursés, une décision approuvée sans discussion ce lundi 26 janvier 2026 lors de la médico-mut, regrette le Groupement belge des omnipraticiens (GBO) dans sa Flash-Info de ce mardi. Le syndicat dit avoir été « le seul et unique syndicat à avoir fait part de son opposition formelle à cette mesure ».
On s'en spouvient, la proposition qui a fait un tollé à l'époque où Medi-Sphère et Le Spécialiste l'avait annoncé, visait à « réserver à certains spécialistes » la possibilité de prescrire des CT-scans de la colonne remboursés et était présentée comme « potentiellement génératrice de 40 millions d’économies ». Faute de débat en séance lundi, « elle a donc été approuvée, au grand dam du GBO », écrit le syndicat.
Le GBO rappelle avoir, en amont, transmis aux membres de la médico-mut la réponse commune élaborée par les organisations membres du Collège de médecine générale (CMG) à l’interdiction faite aux médecins généralistes de prescrire des CT-scans lombaires remboursés. Il dit s’être « retrouvé bien seul à défendre son opposition à cette mesure », une mesure qui « décrédibilise notre profession », « aura un effet délétère sur la qualité des soins (retard de prise en charge) et la santé des patients » et « ne génèrera, à terme, on peut le penser, pas les économies escomptées ».
Selon le syndicat, cette opposition n’était partagée ni « par le côté néerlandophone » ni « francophone », ce que le GBO juge « beaucoup plus étonnant », en rappelant qu’il n’est « pas le seul syndicat au sein du CMG ». Il précise que la réponse des organisations membres du CMG à l’interdiction des prescriptions de CT-scan lombaire est « portée par toutes les organisations membres du CMG, à l’exception du représentant de UNamur ».
Le syndicat rattache la mesure au cadre budgétaire fixé par le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke, qui a demandé aux organismes assureurs et aux syndicats de « réaliser 150 millions d’économies ». Le « CT-scan lombaire », pour un « coût d’environ 40 millions », est décrit comme « surprescrit par les MG dans les lombalgies communes » et était dès lors « le candidat parfait pour faire partie des restrictions budgétaires ».
Plutôt que de « limiter le remboursement de ce type d’examen aux indications définies par les recommandations de bonnes pratiques proposées par la Société Belge de Radiologie », comme le proposait le CMG, « il a donc été opté pour la suppression de la possibilité pour les MG de prescrire des CT-scans remboursés », une « solution de facilité, rapide à mettre en œuvre puisqu’elle ne nécessite pas de contrôles de comportement de prescription », écrit le GBO.
Lors de la médico-mut, le syndicat dit avoir averti que, sans « mesures structurelles », « il y a de fortes chances que les patients trouvent d’autres filières pour se faire prescrire des scanners » et que « l’économie escomptée ne sera de surcroît pas réalisée ».
L’interdiction pour les médecins généralistes de prescrire des CT-scans de la colonne remboursés doit prendre effet « dès la publication au Moniteur de l’Arrêté Royal relatif à cette mesure », ce qui « ne saurait tarder ». Le GBO annonce vouloir s’appuyer sur le projet de prescriptions radiologiques par voie électronique (PSSr) pour « restaurer la possibilité pour les généralistes (et tout autre prescripteur) de prescrire les CT-scans de la colonne vertébrale, pour autant qu’ils suivent les recommandations de bonnes pratiques ». Il se dit « particulièrement vigilant » quant à l’engagement repris dans la note CNMM 2026-008, qui prévoit d’« évaluer si la limitation de la prescription d’un examen CT de la colonne vertébrale peut être ajustée » après des projets pilotes débutant en 2026.
La mesure approuvée réserve la prescription de CT-scans de la colonne remboursés à plusieurs spécialités, dont la neurochirurgie, la neurologie, la médecine physique et de réadaptation, la chirurgie orthopédique, la médecine d’urgence, la médecine aiguë, la rhumatologie, l’anesthésiologie-réanimation, l’oncologie médicale, la radiothérapie-oncologie, la gériatrie, la médecine interne et l’hématologie clinique.
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