Conventionnement : l’UBPS dénonce une stratégie « détournée » de Solidaris et du ministre de la Santé

L’Union belge des prestataires de soins (UBPS) réagit lundi à l’analyse publiée par Solidaris sur le conventionnement des médecins. L’organisation estime , dans un communiqué, que la stratégie soutenue par le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke, revient à imposer ce mécanisme de manière indirecte, sans répondre aux causes structurelles des difficultés d’accès aux soins. Elle juge que l’ajustement des honoraires reste indispensable pour refléter la réalité économique du terrain.

Selon l’UBPS, la focalisation sur le conventionnement occulte les enjeux majeurs liés à la démographie médicale. L’organisation relève que les autorités refusent d’augmenter les quotas de médecins et de dentistes pour des raisons budgétaires, tout en accueillant sans restriction des professionnels étrangers. Elle considère qu’il reviendrait alors au gouvernement d’imposer leur installation dans les zones sous-dotées afin d’assurer un maillage territorial cohérent.

L’UBPS met également en cause le rôle des mutualités et particulièrement celui de Solidaris, qui défend un conventionnement renforcé. Pour l’Union, l’argument d’accessibilité financière ne tient pas dans un contexte de pénurie persistante. Elle estime que l’objectif poursuivi est surtout de consolider un modèle économique basé sur les assurances complémentaires, rendues plus attractives lorsque les tarifs conventionnés restent bas.

L’organisation avertit par ailleurs contre une « illusion de solution simple » face à un problème structurel. Le conventionnement ne répond ni au manque de prestataires, ni aux disparités régionales, ni aux conditions de travail jugées peu attractives dans certaines zones. Les difficultés d’accès aux soins proviennent selon elle davantage de la complexité administrative, d’une méconnaissance des mécanismes de remboursement et de l’insuffisance de structures d’accompagnement.

L’UBPS rappelle enfin que l’extension récente du statut de bénéficiaire de l’intervention majorée concerne désormais entre deux et trois millions de citoyens, leur garantissant un remboursement quasi intégral des soins. Elle estime que, dans ce contexte, présenter l’accessibilité financière comme principal obstacle n’est plus fondé.

Pour l’Union, toute réforme du conventionnement doit s’inscrire dans une approche globale intégrant démographie médicale, attractivité des pratiques, prévention et répartition territoriale, plutôt que dans des mesures « symboliques ou institutionnellement motivées ».

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