De plus en plus de médecins, au nord et à présent au sud du pays, parlent de la COFEM/FEDAC. Plus d’une centaine de médecins et, parmi elles et eux, le Dr Michel Creemers, le Dr Stijn Geysenbergh, le Dr Jos Vanhoof, la Dre Elodie Brunel et le Dr Kevin Pirotte y ont déjà adhéré. Mais en quoi cela consiste-t-il ? Que veulent-ils représenter ?
Les statuts de cette coopérative ont été déposés le 6 décembre dernier chez le notaire. Le Dr Jos Vanhoof insiste sur le fait que ce mouvement concerne les francophones et les néerlandophones : « Aujourd’hui, notre profession et le statut d’indépendant du médecin sont soumis à une forte pression. Nous entendons donc nous mobiliser. Nous avons déjà 115 médecins généralistes qui ont acheté une action. Une action coûte 250 euros. Nous ne voulons pas créer un nouveau syndicat. Nous considérons un syndicat comme un tampon entre les intérêts du gouvernement et les intérêts des médecins. Nous laissons à nos médecins le libre choix de leur syndicat. Nous pensons toutefois que BVAS-ABSYM et ASGB Cartel GBO sont les plus proches de notre vision, de nos intérêts et de nos objectifs. Bien entendu, nous sommes également très désireux d’inciter nos collègues de l’AADM à soutenir notre projet. Cependant, nous pensons que le fossé entre les intérêts d’une association scientifique et ceux d’un syndicat est trop grand. »
Un objectif est très clair : « Nous souhaitons une masse critique de 200 médecins généralistes, soit 200 000 patients. »
De son côté, le message du Dr Kevin Pirotte lors de cette annonce sur LinkedIn est clair : « Je suis fier d’être membre fondateur de la COFEM/FEDAC (Coopérative fédérale des médecins généralistes). Depuis plusieurs années, certaines visions de la médecine générale occupent fortement l’espace public. Elles ont leur légitimité. Mais notre profession est riche de plusieurs modèles et cet équilibre doit être défendu. Aujourd’hui, les médecins généralistes à l’acte doivent eux aussi être représentés avec force, clarté et responsabilité. La coopérative se veut un contre-pouvoir face à la Fédération des maisons médicales. Pas dans une logique de confrontation, mais parce qu’un système de santé solide repose sur la pluralité des voix. »
Un double objectif
Ce mouvement va donc apporter une dynamique nouvelle, selon le Dr Jos Vanhoof : « Avec un certain nombre de médecins, nous avons développé l’idée de créer une coopérative dans le but commun de soutenir notre profession de manière optimale et de la protéger contre l’érosion de nos fonctions essentielles, avec le principe du Quintuple Aim comme valeur commune. Nous avons étudié des initiatives et des modèles similaires à l’étranger (Hoivatilät en Finlande et Gesundes Kinzigtal en Allemagne). La coopérative possède un double but : premièrement, disposer d’une masse critique non seulement capable de peser sur les directives du gouvernement, mais aussi d’essayer de conclure des contrats avec des partenaires privilégiés afin de rechercher des moyens pour soutenir les pratiques en première ligne… et deuxièmement, mettre en place des mesures afin que les pharmaciens et les autres acteurs de soins ne prennent plus les tâches prioritaires du généraliste (vaccination, gestion des maladies chroniques…). En tant que médecins, nous sommes trop souvent présentés par le gouvernement et les mutuelles comme les parasites des soins de santé, contrairement aux autres prestataires de soins de santé. »
Se prendre en main
Les choix sont assumés : « Le retard dans la prise de décision (91,5 % des généralistes sont conventionnés), le manque de combativité (25 % des généralistes sont syndiqués) donnent la perception que les généralistes possèdent peu ou pas d’impact sur la politique. Nous ne voulons pas être un acteur d’un match entre les mutuelles de santé et le gouvernement, avec le ministre comme arbitre. Nous sommes confrontés à un tsunami de réunions Zoom, de réunions d’équipe et de réunions physiques, la plupart du temps pendant les heures où nous prodiguons des soins aux patients. Cependant, nous disposons d’un atout : la relation de confiance que nous entretenons avec nos patients et la satisfaction de ces derniers quant à la qualité des soins que nous leur prodiguons. »
Des kiosques de santé dans le futur
Que défendent-ils ? La liberté de pratique, l’autonomie professionnelle, des cabinets médicalement exigeants et économiquement viables, une médecine de proximité accessible et le respect du choix des patients et des médecins.
« À terme, nous souhaitons réaliser des kiosques de soins. Les médecins généralistes pourront renvoyer leurs patients vers ce kiosque afin de mieux gérer les maladies chroniques, le management de la population, ainsi que l’hospitalisation à domicile, le diagnostic… Ce kiosque sera composé d’une équipe interdisciplinaire composée d’infirmières, de psychologues, de diététiciens, de kinés… »
> Plus d’infos sur https://fed-ac.com
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