La vague de chaleur qui a frappé la Belgique du 18 juin au 1er juillet a entraîné une surmortalité de 47,8 %, soit 1.747 décès supplémentaires par rapport au nombre attendu, selon les chiffres publiés mercredi par Sciensano. Un niveau inédit qui met en évidence la nécessité d'une meilleure anticipation des épisodes caniculaires, tant au niveau des autorités que de la première ligne.
Le bilan est sans précédent. Selon le système Be-MOMO de Sciensano, la Belgique n'avait jamais enregistré une telle surmortalité au cours d'une vague de chaleur. Le pic de décès quotidiens observé durant cette période constitue même le plus important depuis la première vague de Covid-19.
La Wallonie apparaît comme la région la plus durement touchée, avec une surmortalité de 76 %. Les personnes âgées restent les principales victimes de ces épisodes, mais les données montrent également une surmortalité de 61,3 % chez les 15 à 64 ans. Be-MOMO assure une surveillance de la mortalité toutes causes confondues et ne permet pas d'établir la cause des décès. Sciensano précise qu'une analyse complémentaire sera nécessaire afin de comprendre ces résultats et les écarts observés entre les régions.
L'épisode de la fin juin se distinguait par son intensité exceptionnelle, avec dix journées consécutives dépassant les 30 °C et des températures nocturnes durablement élevées. Si cette situation était inhabituelle, la multiplication des vagues de chaleur liée au changement climatique laisse présager que de tels épisodes deviendront plus fréquents.
Cette canicule a également révélé les difficultés de la première ligne à absorber un afflux de demandes de soins. Les dysfonctionnements du tri au 1733 et les tensions observées dans l'organisation des gardes ont relancé le débat sur la préparation du système de soins face aux épisodes de chaleur extrême.
Pour la médecine générale, l'anticipation constitue le principal levier d'action. Pour le CMG, la plupart des mesures susceptibles de réduire les conséquences sanitaires d'une canicule doivent être mises en œuvre avant l'arrivée des fortes chaleurs. L'identification des patients les plus fragiles, l'organisation d'un suivi proactif, le rappel des mesures de prévention et, lorsque cela s'avère nécessaire, la réévaluation de certains traitements pouvant favoriser la déshydratation ou l'hypotension font partie des interventions prioritaires.
Dans cette optique, le Collège de médecine générale (CMG) a élaboré une fiche pratique récapitulative destinée à aider les médecins généralistes à anticiper les épisodes de fortes chaleurs et à mettre en œuvre les principales mesures de prévention auprès des patients à risque.
Pour le professeur Jean-Luc Belche ULg) , la fiche pratique du CMG « tombe à point nommé pour faire face à ce qui s'annonce ». Dans un commentaire publié sur LinkedIn, il souligne que les recommandations précisent « de manière tout à fait juste » ce qui est réalisable « à l'échelle d'une "pratique" de médecine générale, et non spécifiquement ou uniquement par le médecin généraliste », les tâches pouvant être partagées entre les différents professionnels du cabinet.
Il voit également dans ces recommandations une ouverture vers des « collaborations tierces » avec les pharmaciens, infirmiers à domicile et acteurs sociaux. « Ce niveau local est encore une fois indispensable pour une réponse coordonnée et qui fait sens sur un territoire donné », écrit-il. Le professeur Belche regrette enfin que « le focus des médias et de certaines administrations politiques reste sur le monde hospitalier ou sur le niveau individuel ("buvez de l'eau") », alors que la première ligne « pourrait être un levier d'action redoutable ».
> Découvrez la fiche pratique récapitulative.
> Lire l'intégralité des chiffres de Sciensano
Lire aussi:
> Canicule: l’Aviq recommande aux hôpitaux de se préparer à l’afflux de patients
> Chaleur : La CIM Santé propose des mesures supplémentaires pour mieux se préparer aux futures vagues
> Les chiffres de surmortalité publiés par Sciensano sont préoccupants (Coppieters)









Derniers commentaires
Françoise MINET
13 juillet 2026tout à fait d'accord:
1
Aux autorités à réitérer MASSIVEMENT les messages hydratation , réglage température du logement.
C'est loin d'être acquis pour nos patients et impossible pour nous de le faire autrement que ponctuellement
2
restaurer les téléconsultations ( au moins pour les canicules)pour pouvoir appliquer la fiche CMG de manière efficace et robuste
Robin GUEBEN
09 juillet 2026Les mesures préventives sont : se calfeutrer dans la maison aux étages les plus bas voire la cave, brancher un climatiseur qui déplace l'air chaud et le remplace par l'air froid, faire le moins d'effort possible ou à l'ombre, des gourdes graduées temporellement et interdiction de sortir sans protection d'ombrage corporel entre 14h et 16h... Vous n'assumez pas du tout votre rôle de prévention en santé publique, autorités.
Si je suis votre fiche, que je sonne à des patients précarisés qui vivent dans les combles en demandant de s'hydrater et qu'ils me disent "oui, oui", ils se déshydratent, tombent en syncope et meurent : vos fiches ne servent à rien franchement.
Bertrand Camus
09 juillet 2026La fiche est bien faite... Mais qui va avoir le temps de faire ça pour tous ses patients, en plus du reste ?
Et gratuitement en plus, vu que la consultation téléphonique n'existe plus...
Ou alors, il faut engager quelqu'un pour le faire à notre place ?