Mobilisation Parapluie : rassemblement réussi de soignants à Bruxelles

Près de 500 professionnels du soin ont participé dimanche à une marche organisée par le mouvement Mobilisation Parapluie, lancé par l’Union belge des prestataires de soins. Ils ont rejoint la rue de la Loi pour alerter le ministre Frank Vandenbroucke sur la dégradation des conditions de travail, la perte d’autonomie professionnelle et les risques de départs de médecins vers l’étranger. Plusieurs représentants des syndicats du secteur ont averti que, sans réaction du gouvernement, une grève pourrait suivre.

Médecins, généralistes, spécialistes, infirmières, sages-femmes, aides-soignantes, dentistes… ils étaient nombreux . Dès la gare Centrale, ils se sont mobilisés. Venant de Bruxelles, Mons, Liège, Namur, de Flandre, ils ont pris la direction du boulevard du Régent et de la rue de la Loi pour remettre une lettre au bureau du ministre Vandenbroucke, rue de la Loi. À l’initiative de cette marche « Mobilisation Parapluie » , l’Union belge des prestataires de soins (UBPS). « Le parapluie est un symbole fort parce que nous souhaitons protéger les patientes et les patients mais aussi notre système de santé », expliquent le Dr Françoise Guiot, dermatologue porte-parole du mouvement, et le Dr Florence Bonkain, porte-parole de l’UBPS flamand, le BUG. (photo)

« Les soins de santé sont l’objet de tractations entre les partis »

« Nous craignons l’exode des médecins », explique le président de l’ABSyM, le Pr Emonts présent à la marche avec d'autres représentants du syndicat. « Les gens qui prennent des décisions ne sont pas des gens de terrain. Il n’y a plus de concertations constructives avec le ministre. Le drame pour nous ? Les soins de santé font partie des tractations entre les partis. Nous ne faisons pas une marche pour avoir plus de revenus mais pour la qualité des soins pour les patients et pour les soignants. Il faut redonner du temps au médecin pour soigner les patients. Cela permet aussi d’éviter de donner trop de médicaments. »

Une prochaine grève ?

Il insiste : « Il s’agit d’une marche, pas d’une manifestation. S’il le faut, nous referons une grève. » Avant la fin de l’année ? « Nous attendons des actes du gouvernement, si rien ne bouge, nous nous mobiliserons et ce sera fort. On le fera pour les patients. »

Pour sa part, le Dr Gilbert Bejjani, président de l’ABSyM Bruxelles, parle aussi du bien-être des soignants, qui doit être une urgence de santé publique. « Le système de la sécurité sociale permet des soins de santé de qualité à l’ensemble de la population, mais il faut le protéger. Le gouvernement doit se rendre compte. Le ministre doit réagir et mettre en place les réformes nécessaires. Il doit vraiment penser au bien-être des soignants. Il doit se demander si les soignants sont encore heureux de travailler et la réponse est non actuellement. »

Le ministre restreint la liberté des soignants

Pour le Dr Michel De Volder, médecin généraliste, ex-président de la Fédération des associations des médecins généralistes de Bruxelles (FAMGB), cette action est fondamentale pour les acteurs de soins. « Il faut protéger le patient dans son choix, son traitement et protéger les soignants. Aujourd’hui, nous sommes devant un ministre qui restreint les libertés des soignants. »

De son côté, le Dr Luc Herry, médecin généraliste de l’ABSyM, le martèle : « Il faut agir rapidement. Les médecins quittent le pays. Je rappelle que cela n’est pas une question de pénurie. La Belgique est le second pays en termes de formation de médecins, mais ils ne sont plus respectés pour leur travail et la qualité de leurs soins. Le gouvernement doit se rendre compte que l’on ne se mobilise pas pour des questions financières. »

Des revendications fortes et des reconversions pas exclues

Au fil de la marche, le Dr Françoise Guiot, dermatologue et porte-parole du mouvement, est très inquiète et explique son quotidien : « C’est incompréhensible ce qui se passe actuellement. L’étatisation de la médecine n’est même plus dissimulée. Je pense à ma reconversion professionnelle depuis 15 jours. Ils déshumanisent la médecine ! L’impact sur les patients va être terrible. »

Le Dr Françoise Guiot et le Dr Florence Bonkain, porte-parole de l’UBPS flamand, le BUG, ont rappelé que les revendications étaient très claires : « l’ouverture d’une véritable concertation avec les professionnels de terrain ; une politique de prévention ambitieuse centrée sur la santé publique et le bien-être ; la protection de la liberté de pratique et des honoraires, présentées comme garantes d’une offre diversifiée et de délais courts ; une réduction de la bureaucratie afin de redonner du temps au soin ; une lutte accrue contre les conflits d’intérêts et davantage de transparence vis-à-vis des patients ; un soutien financier aux hôpitaux et l’accès continu aux médicaments essentiels ; ainsi que la réouverture du numerus clausus pour assurer la relève et la pérennité des professions de santé. »

> Découvrir l'intégralité du discours 

> Lire la lettre au Ministre

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