Au Sart Tilman, le Congrès national d’automne de chirurgie maxillo-faciale a accueilli, ce 21 novembre, une conférence-débat avec le président du MR, Georges-Louis Bouchez, sur sa vision et celle du MR sur l’avenir des soins de santé en Belgique. Devant un public composé principalement de médecins spécialistes en chirurgie maxillo-faciale et de membres du GBS, le Pr Dr Yves Gilon, président de l'Association belge de chirurgie orale et maxillo-faciale, tête et cou, et le Dr Stan Politis ont lancé le débat animé par Vincent Liévin.
Tout au long de son intervention, Georges-Louis Bouchez a livré une analyse sévère du système de santé belge, mêlant considérations structurelles, critiques institutionnelles et réflexions sur la gouvernance politique, tout en insistant sur la nécessité de réformes profondes.
Une prévention structurellement défaillante
« Notre système de santé fonctionne très bien en termes curatifs, mais il est catastrophique sur le plan de la prévention. En Belgique, nous n'avons pas de politique de santé publique qui prend soin de la naissance jusqu'à la mort. Nous sommes trop dans un système on/off. »
Pour le président du MR, la lecture territoriale des enjeux doit dépasser la fracture communautaire : « On ne parle pas des différences entre la Wallonie et la Flandre, mais entre le Limbourg et la province de Namur et entre le Hainaut et la Flandre-Occidentale. » Il s’oppose dès lors fermement à toute régionalisation : « C'est pour cela que je suis totalement opposé à la régionalisation de la santé. C'est absurde. »
Mutuelles, financement et réformes
Georges-Louis Bouchez plaide pour une révision en profondeur du modèle actuel : « En Belgique, les mutuelles n'ont jamais donné un mois d'espérance de vie en plus à quelqu'un. Si vous les centralisez au niveau de l'État, vous allez faire des économies importantes. »
Il estime par ailleurs que la santé ne peut être réduite à une simple variable budgétaire : « Quand on parle de la santé, il y a toujours ce sentiment que, si on met du fric, tout va se régler. Cela n’a pas de sens. On pourrait même peut-être avoir une année sans norme de croissance si cela permettait de pouvoir faire des vraies réformes. »
Médecine à l’acte et dérives
Abordant la pratique médicale, il pointe un décalage croissant : « La nomenclature des actes prend beaucoup trop de temps à être réformée par rapport à une évolution du secteur médical très rapide. » Tout en affirmant que « on ne peut dévaloriser l’expertise », il appelle à une fermeté accrue : « Il faut lutter contre les abus et mettre en place des sanctions beaucoup plus strictes envers les médecins qui délivrent de faux certificats. »
Organisation hospitalière et urgences
Le président du MR dénonce certaines incohérences structurelles : « À La Louvière, vous avez deux hôpitaux l’un à côté de l’autre. C’est complètement absurde. [...] Un hôpital public est un outil électoral. »
Face à l’engorgement des services d’urgence, il se montre tout aussi critique : « On ne peut plus accepter tout le monde aux urgences. [...] Dans chaque hôpital, il faut une première ligne pour faire le tri. »
Innovation et conditions de travail
Pour améliorer l’attractivité du métier, il mise sur la technologie : « L'intégration de l'intelligence artificielle, de robots autonomes pourrait être la révolution dont on a besoin dans le secteur de santé pour décharger le personnel médical de tâches un peu ingrates. »
Vandenbroucke et la concertation
Interrogé sur le maintien de Frank Vandenbroucke, Georges-Louis Bouchez explique : « S'il n’était pas ministre de la Santé, il n’y avait pas de gouvernement. » Il critique toutefois sa méthode : « Il reçoit les acteurs. Il les écoute, ça dure 15 minutes, puis il leur explique : vous n’avez rien compris. [...] Par contre, il a peu de conversation. »
Médecins sous tension
Alors que la profession fait face à une crise d’attractivité, il confie : « Nous devons garder nos médecins » et encourage ces derniers à interpeller l’opinion : « Les médecins spécialistes devraient sensibiliser le grand public à leurs vrais problèmes. [...] Les responsables politiques ne sont sensibles qu’à l’opinion publique. »
> Lire l'intégralité de l'interview dans Le Spécialiste n° 245









Derniers commentaires
Sammie SOETAERT
01 décembre 2025Yapaka... Et quand est-il des lacunes dans le système éducatif ? La Ministre Glatigny étant du même parti, n'ont-ils pas songé à ce que l'on pourrait améliorer au niveau de l'éducation de la population générale ainsi qu'au niveau de la formation des médecins. Pas un mot sur le sujet...
Jacques MAIRESSE
01 décembre 2025GLB n'y connaît rien... il va comme le vent le porte pour se faire élire! C'est un ultracrépidarianiste
Gilbert BEJJANI
01 décembre 2025Certes, il n'est pas du domaine et essaie de lire entre les lignes, ce qui est tout à son honneur, pour savoir ce qui va ou ne va pas. Mais cela n'est pas évident parce que le système est complexe. GLB pourrait aussi etre conseillé un peu plus par des experts que par des personnes avec des avis et des opinions.
Alexandre Sarafidis
01 décembre 2025L’analyse de Monsieur Bouchez est lucide et soulève de vrai problème en proposant de vrais pistes à discuter avec les médecins .
Alain Bachy
01 décembre 2025GL Bouchez ne me semble pas au fait des choses de la santé.
Marie-Louise ALLEN
01 décembre 2025"Notre système de santé fonctionne très bien en termes curatif": sans doute, en tant que politicien, n'a-t-il pas l'occasion de se heurter à des reports insensés de soins élémentaires...
Quid du Numerus Clausus et de l'organisation systématique de la pénurie médicale?
Je suis d'un "âge certain" et peur vous décrire comment les hôpitaux ont attiré dans les services d'urgence la patientèle des généralistes... et cela renforcé par a pénurie actuelle des généralistes.
Quant aux "tâches ingrates" des médecins, du moins des généralistes dont je fais partie, le plus gros volume reste administratif...
Quant au récidiviste V d B, ????
bref, = Propos d'un "gentil politique" qui , et c'est normal, ne connaît pas de l'intérieur la profession...